jeudi 31 juillet 2014

Les déclarations d'intérêts des parlementaires du NPDC (4)


Sénateurs du 62 (suite)

- Daniel Percheron, sénateur-président du conseil régional a la pudeur de ne pas indiquer le montant de ses indemnités sénatoriales, nous renvoyant à nos propres recherches ! Soit... Il se fait plaisir en ajoutant qu'au conseil régional, il perçoit une indemnité plafonnée (en fait écrêtée et l'on aimerait savoir à qui va le surplus...). On se doutait bien que sa présidence d'Euralens n'était pas rétribuée...
Pas très explicite les 25/150 indiquée pour 3 collaborateurs et 72/100 pour un autre... C'est peut-être une proportion de la somme allouée au sénateur pour rétribuer ses assistants (via l'AGAS, l'organisme au Sénat qui gère les assistants...). On retrouve le Daniel Percheron réservé, sur ses gardes et discret que l'on connait par ailleurs. On n'en saura pas plus sur les activités des assistants... La Haute Autorité posera-t-elle des questions ?
Une des assistantes est (je suppose que c'est toujours le cas), sa compagne, la Boulonnaise Régine Spinglart, conseillère régionale et, à ce titre, présidente du comité régional du tourisme, et également adjointe au maire de Boulogne sur mer... Elle fait partie de ces membres de la famille que les parlementaires aiment avoir comme assistant...
Daniel Percheron a même omis d'indiquer qu'il avait une compagne, dans la rubrique ad hoc du document qu'il a rempli. Pauvre Régine !

- On mettra sur le dos de son arrivée récente au Sénat (1/3/2013, en remplacement d'Odette Duriez, démissionnaire), le peu d'activités et de présences de Hervé Poher. L'ancien maire de Guines n'a conservé comme mandat rémunéré que celui de vice-président du Conseil général (2265 euros, parce qu'écrêté). Nombreuses sont ses présidences, à titre gracieux : Agence de l'Eau, Eden 62... Heureusement qu'il a cessé ses activités de médecin pour se consacrer à la politique !
Il indique avoir l'aide de 2 assistantes : soit, elles sont très, très bien payées, soit HP a omis le ou les autres... Toujours le même flou sur le sujet...

- L'ex-maire UDI d'Arras, Jean-Marie Vanlerenberghe, a répondu néant à toutes les rubriques, sauf pour rappeler qu'il fut maire et président de la communauté urbaine d'Arras. Dont acte...
Il indique quand même les noms de ses 3 assistants, mais sur leurs activités : rien ! On notera que l'un d'entre eux, aujourd'hui professeur d'université, était bien connu à Hénin quand il enseignait l'histoire-géographie au lycée Pasteur.
Déclaration d'intérêt à l'image du sénateur : sérieux et austère. D'ailleurs, il fait partie des sénateurs les mieux notés sur le site nossenateurs.fr... Ah si tous nos parlementaires pouvaient avoir le profil de JMV !

- Dominique Watrin est vice-président du conseil général, en dehors de son mandat de sénateur. Rappelons qu'à partir de 2017, il ne sera plus possible de cumuler ces 2 mandats...
Présent et actif au Sénat, ce parlementaire communiste emploie 3 assistants (sans mention d'activité) dont Bertrand Péricaud, président de la commission "développement économique" au conseil régional, et également secrétaire fédéral du PCF. Certes, ce dernier est un bosseur, mais on peut se poser la question de la réalité de son travail pour le sénateur... (je pense qu'il n'exerce plus le métier d'enseignant...).

A suivre


mercredi 30 juillet 2014

Les déclarations d'intérêts des parlementaires du NPDC (3)


Députés du 62 (suite) :

- Michel Lefait a rempli une déclaration très laconique: figure uniquement sa fonction de vice-président du Conseil général avec omission de sa rémunération... Député depuis 1997, l'ancien maire d'Arques s'est également dispensé de décrire l'activité de ses collaborateurs comme on le lui demandait. Ah, si j'oubliais : il a déclaré qu'il était président de l'Hôpital de Saint-Omer. J'ai comme l'impression que M. Lefait n'a pas aimé l'exercice imposé... Pour un enseignant (à la retraite, certes), c'est peu respectueux des citoyens !

- La députée-conseillère régionale, Jacqueline Maquet (8200 euros bruts par mois pour ses 2 fonctions, en sus de sa retraite) déclare qu'elle est, à titre gracieux, administratrice de Pas-de-Calais Habitat. Comme pour la plupart de ses collègues, ses collaborateurs sont en circonscription, sauf une, à temps partiel, à Paris... Et j'en suis toujours fort étonné... En effet, le travail législatif se fait au contact des autres attachés de groupe sur Paris, ou lors de la participation aux réunions en accompagnant le député, ou bien encore lors de la réception des "lobbyistes" concernés par un projet de loi... J'ajoute que la proximité des services de l'Assemblée est un atout pour travailler...

- A mon avis, Stéphane Saint-André a dû remplir sa déclaration un peu trop vite. Son indemnité de député est soit erronée, soit mal écrite (3590,98, le 3 est peut-être un 5, non ?). En janvier 2014, il était encore maire de Béthune et il indique que 2 collaborateurs étaient employés par la mairie de Béthune... dont l'un était alors son directeur de cabinet... (il est vrai que, fin des années 90, SSA était directeur de cabinet du maire, Bernard Seux, tout en étant son attaché parlementaire !). Confusion... D'autant plus qu' il me semble y avoir une autre erreur dans cette déclaration (sans importance, d'ailleurs) : le député béthunois indique que, lors des 5 dernières années, il fut collaborateur du maire de Douvrin. Or cette collaboration cessa en avril 2008 quand SSA devint maire (alors que le maire de Douvrin fut battu...) Sinon, il déclare bien qu'en janvier 2014, il était vice-président du Sivom du Béthunois et de l'Agglo (ce qui n'est plus le cas aujourd'hui).

Sénateurs du 62

- Natacha Bouchart, la sénatrice, réélue maire en 2014, n'a pas aimé l'exercice de la déclaration. Si elle n'a pas daigné faire état de ses indemnités (elle a seulement indiqué un rageur "plafonnement"), par contre elle a pris plaisir, semble-t-il, à inscrire un 0€ bien ciselé face à ses fonctions annexes. Elle a "oublié" d'indiquer sa vice-présidence de l'intercommunalité du Calaisis... Elle s'est également sentie déliée de ses obligations en n'inscrivant pas les noms des employeurs de ses collaborateurs, ni la description de leurs activités...
Non vraiment, Natacha Bouchart n'a pas aimé cette contrainte-là...

- Catherine Génisson exerce la profession de médecin-anesthésiste-réanimateur à temps partiel (environ 15 000 euros par an, c'est ce qu'elle annonce sur sa déclaration, avec détails en annexes, lesquelles ne figurent pas sur le site). Si je me souviens d'une de ses confidences, elle fait des gardes le week-end, ce qui est tout à son honneur. A ses indemnités de sénatrice, elle ajoute celles de vice-présidente du Conseil régional. Espérons que, dans l'avenir, les déclarations ne se feront plus manuscrites, car celle de Catherine G est digne de celle d'un médecin, à savoir quasi illisible. De ce fait, je ne peux rien vous dire de ses collaborateurs car je n'ai pu déchiffrer leurs activités. Mais je suis étonné que la sénatrice d'Arras n'emploie que 2,5 assistants (3 à mi-temps), alors que ses collègues en emploient 3 ou 4 (certes, les parlementaires socialistes en mettent un à disposition de leur groupe). Je ne sais si la pratique, dans le 62, que j'avais déjà signalée, se perpétue:  à savoir, prêter un assistant (à temps partiel, souvent) à leur Fédération comme permanent... En lisant le "blog-notes" de la sénatrice, on apprend que l'assistant à Paris est à mi-temps, et qu'un autre mi-temps s'occupe "des relations avec la Fédération PS du 62" (sic...).
Madame Génisson a également indiqué à la rubrique :  "conjoint, partenaire (PACS) ou concubin" : néant... Il me semblait pourtant... mais les situations familiales évoluent parfois, n'est-ce pas ?

- Félicitons le discret sénateur Jean-Claude Leroy, retraité de la fonction publique, également vice-président du Conseil général, d'avoir, en juillet de cette année, actualisé sa déclaration, en indiquant qu'au 11 juillet, il avait été désigné (élu ?) président de Pas-de-Calais Habitat... (fonction gracieuse, je pense, avec remboursement des frais de déplacement, probablement). Pas de détails sur ses assistantes, sauf qu'il semble en partager une avec le député Delcourt (cf la pratique de la Fédé 62 rappelée ci-dessus ?).

A suivre

mardi 29 juillet 2014

Les déclarations d'intérêts des parlementaires du NPDC (2)


Députés du 62 (suite) :

- Daniel Fasquelle, député-maire du Touquet (UMP), a rendu une "copie" lisible, précise et exhaustive. Ce "professeur des Universités à l'Université du Littoral-Côte d'Opale" signale avoir perçu, à ce titre, 46 000 euros en 2013, 15 000 euros à titre de consultant et un malheureux 900 euros en droits d'auteur... Il est vrai qu'en tant que maire et président de la Communauté de communes Terre et Mer d'opale, il perçoit un peu plus de 33 000 euros (écrêtement compris). Notez que D. Fasquelle n'est pas un paresseux car il préside, à titre gracieux, vous vous en doutez, le syndicat mixte du Montreuillois et 2 associations auxquelles il tient beaucoup : "Vivre en Opale, Canche, Authie", ainsi que "Le Touquet de demain" (parti politique déclaré en vue des municipales de mars dernier, probablement). DF est également (déclaration de janvier 2014) vice-président du "syndicat mixte de la Canche et ses affluents".
A signaler que Madame Fasquelle est avocate au barreau de Boulogne et maître de conférence à l'université (mi-temps...), tout en étant "auteur dans des revues juridiques" dixit son époux, et on peut penser que les deux ne doivent pas se rencontrer souvent. D'autant plus que M. Fasquelle est connu pour être un homme politique actif dans sa ville et à l'Assemblée (on se souvient de ses multiples interventions fortement médiatisées contre la loi sur "le mariage pour tous").
Enfin je remarque que parmi les assistants mis à disposition par l'Assemblée pour aider un député à bien accomplir son travail de législateur, M. Fasquelle, selon sa déclaration, en emploie un, à temps partiel, sur Paris, les 4 autres sont dans la circonscription (3 à temps partiel). Je sais bien que l'on m'argumentera que, à l'Assemblée, le groupe UMP mutualise ses assistants, et que ceux en circonscription s'occupent de la proximité... On peut supposer que pour l'aider à gérer ses multiples casquettes, l'homme a autour de lui d'autres collaborateurs, non payés par l'Assemblée nationale...

- Serge Janquin, député depuis 1993, n'a indiqué aucun autre mandat électif alors qu'il est conseiller municipal de Bruay-Labuissière : probablement parce qu'il ne perçoit pas d'indemnité... Mais, bon...
Comme depuis 1983, il est président du centre de gestion de la fonction publique territoriale du 62, il n'a pas omis de déclarer ses revenus à ce titre-là : 1980 euros/mois.
Rappelons que Serge Janquin avait succédé à Daniel Percheron comme 1er secrétaire fédéral, jusqu'à ce qu'il soit remplacé par Catherine Génisson, en 2009. Il a notamment "géré" le cas Dalongeville (c'est à moi qu'il avait dit : "tant que je serai 1er secrétaire, GD ne sera pas réintégré au PS") On peut penser que si un jour il écrit ses mémoires, on en apprendra beaucoup. Quel rapport avec le sujet, me direz-vous ? Aucun, au premier abord...
Encore une fois, je suis gêné par le nombre d'assistants "en province" (!) : 3 dont 2 à temps partiel. Une seule collaboratrice travaille sur Paris ! Je vais finir par croire que le travail en circonscription c'est pratiquement uniquement à but électoral... "Comme le définit la Constitution, les députés ne sont pas élus selon le principe du mandat impératif et tout député est donc un élu de la Nation avant d'être celui de sa circonscription" (nosdeputes.fr dixit)
Malgré sa relative disponibilité, S. Janquin n'est pas très bien placé pour sa présence et son activité à l'Assemblée... voir http://www.nosdeputes.fr/serge-janquin. Certes, je sais qu'il a été souffrant ces derniers temps, mais cela explique-t-il tout ?

- Philippe Kemel, député-maire de Carvin, a abandonné sa présidence de la plate-forme multimodale de Dourges, sa fonction de conseiller régional et a conservé la vice-présidence de l'Agglo (CAHC). Il a, semble-il, quitté sa fonction d'enseignant, mais moins de 5 ans avant janvier 2014 et il aurait dû renseigner la question "les activités professionnelles ayant donné lieu à rémunération ou gratification exercées au cours des 5 dernières années". Pas grave, probablement, mais je pense que la Haute Autorité lui demandera de rectifier... ne serait-ce que par principe, car, quand on a été prof en IUT (Lille 3) et qu'on a été, en même temps, en charge des lycées au Conseil régional, il n'y a probablement pas de conflit d'intérêt.
P. Kemel n'est pas le plus assidu de nos députés et ses présences, d'après le site nosdeputes.fr, assez réduites quelques mois avant les élections municipales... 
Mairie et Agglo lui laissent un revenu de 2230 euros mensuels, à côté de ses indemnités de député qui ne reflètent pas la réalité, du fait de la perception de ces fameux frais de mandat forfaitaires non justifiables, qui constituent pour la très grande majorité des parlementaires un revenu supplémentaire (non imposable...)

A suivre



lundi 28 juillet 2014

Les déclarations d'intérêts des parlementaires du NPDC (1)

La "Haute Autorité pour la transparence de la vie politique" rend accessible les déclarations d'intérêts faites par les parlementaires. Dans un post daté du 25 juillet (http://alpernalain.blogspot.fr/2014/07/transparence.html), nous avons repris la synthèse faite par le Monde.

J'ai décortiqué, ci-après, les déclarations faites par les parlementaires du NPDC. Quelques remarques préalables :

-Créée par les lois du 11 octobre 2013 relatives à la transparence de la vie publique, la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP) est une autorité administrative indépendante chargée de promouvoir la probité des responsables publics.
A ce titre, elle reçoit et contrôle les déclarations de situation patrimoniale et d'intérêts des 8 000 plus hauts responsables publics (membres du Gouvernement et du Parlement, grands élus locaux, collaborateurs du président de la République, des ministres et des présidents des assemblées ou dirigeants d'organismes publics).
- comme on ne retrouve pas, dans le NPDC, les honoraires exorbitants perçus à titre privé par certains parlementaires nationaux (exemple : Copé), je me suis plutôt attaché à mettre en avant les dérives habituelles : mandats et fonctions multiples, ambiguïté de certaines situations, notamment concernant des collaborations souvent étonnantes, etc; 
- je n'ai pas fait figurer les indemnités perçues, parce que j'estime que le débat ne porte pas sur le montant, mais sur le cumul des mandats. Sachez simplement que ceux qui cumulent perçoivent autour de 10 000 euros mensuels (plus les avantages liés à la fonction de député ou de sénateur). Rien à voir avec les dizaines ou centaines de milliers d'euros perçus par les footballeurs... N'oublions pas également que les "Politiques" bossent (quelles qu'en soient les motivations);
- dans mon analyse, je pars du principe qu'un mandat parlementaire est un mandat à plein temps...
- j'ai probablement fait des erreurs ou des oublis et je remercie les lecteurs de me les signaler;
- j'adresse cette série d'articles à la Haute Autorité, car certaines situations sont parfais étranges, même si elles ne sont pas blâmables, et mériteraient que la HATVP posent quelques questions pour compléter des déclarations... Le reste, ce sera aux électeurs d'en juger... 

On trouvera les déclarations individuelles sur : 

http://www.hatvp.fr/recherche_geographique/nord-pas-de-calais.html


Députés du Pas-de-Calais :
 
- Nicolas Bays qui avait vaincu JP Kucheida, aux législatives, est conseiller municipal et secrétaire national adjoint du PS, chargé des élections. Il exerce toujours, semble-t-il, une activité professionnelle : directeur des relations publiques sur le site ma-residence.com. 

Parmi ses assistants figure un nom connu des socialistes du 62: Jean-Paul Pélinski. Cet "homme de Percheron" fut très longtemps secrétaire général du PS 62 chargé des fichiers d'adhérents et d'élus. En 2008, il se félicitait, encore, sur Médiapart, des 15 000 militants de la Fédé. A l'occasion (un peu avant, en fait) de l'audit de la Fédé, suivi de sa "mise sous tutelle", il "quitta" son poste alors qu'un nettoyage dudit fichier aboutit à... 8000 adhérents... Bref, on aimerait savoir si Nicolas B a choisi librement son assistant ou s'il s'agit d'un "recasage" pour "bons et loyaux services" rendus au PS...

- Peu de remarques sur Brigitte Bourguignon qui a succédé à Jack Lang. Cette adjointe au maire de Boulogne, détachée du Conseil Général, a seulement oublié de mentionner les fonctions de son compagnon (personnalité socialiste connue), même si les activités de ce dernier ne sont pas susceptibles de constituer un conflit d'intérêt.

- Yann Capet, fils d'un emblématique député, vient d'être élu 1er Secrétaire du PS 62. Comme d'autre part, il est conseiller régional et, à ce titre, préside une commission (la mer), il est certainement très occupé, puisque député et numéro 1 départemental du PS sont chacun une fonction à temps plein... Ce qui est étonnant dans sa déclaration c'est qu'il évoque qu'un de ses assistants est "délégué Président commission mer" et que son employeur est... le conseil régional ! Erreur de ce jeune (38 ans) et nouveau député ? Je ne pense pas que le Conseil régional fasse payer cet assistant par le député... Yann Capet devra donc répondre aux questions de la Haute Autorité qui ne manquera pas de l'interroger sur ce sujet.

- Jean-Jacques Cottel, maire de Bapaume, président de la communauté de communes du Sud-Artois, a laissé sa place de maire de Beaulencourt à son épouse, Edith, celle-ci, travaillant, par ailleurs, comme assistante parlementaire de... son époux, député (vous suivez ?). Tout cela est très légal, mais avouons que ce cumul et ces arrangements familiaux posent question...

- Aucun commentaire concernant l'ex-maire de Lens, Guy Delcourt...

- Thérèse Guilbert, retraitée de 71 ans de l'Education nationale, est non seulement députée, mais également maire d'Outreau et vice-présidente de la communauté d'agglo du Boulonnais. Rien à dire de spécial sauf qu'elle utilise 3 de ses assistants (qu'elle appelle collaborateurs) en circonscription, alors qu'un seul est à l'Assemblée pour s'occuper du travail législatif... ce qui est quand même la raison principale de la fonction de parlementaire ! A quoi servent tous ces salariés en circonscription ? 

A suivre


dimanche 27 juillet 2014

A propos des manifestations de "soutien à Gaza et à la paix"

ÉDITORIAL

Le Monde 24 juillet 2014

Contre la banalisation d'un nouvel antisémitisme


Il faut regarder cette vérité en face : il y a un nouvel antisémitisme en France. Il est aussi révoltant que celui qui a longtemps sévi dans l'Europe du XXe siècle. Ce n'est pas un antisémitisme d'Etat, bien sûr, comme au moment le plus sombre de l'histoire du pays. Pour autant, les organisations juives ont raison de tirer le signal d'alarme comme elles le font aujourd'hui. Une fois de plus.
Sur les quelque quarante manifestations de solidarité avec les Palestiniens de Gaza qui ont eu lieu en France depuis trois semaines, toutes ou presque se sont déroulées sans incidents. Ni violences de casseurs, ni violences antisémites. Le pays n'est pas en proie à une vague d'émeutes dont les juifs de France seraient la cible, comme le rapporte une certaine presse étrangère.
Manuel Valls met en garde avec sagesse : " Il faut être précis et ne pas tout mélanger. La grande majorité des manifestants défile pour des motifs légitimes – l'indignation face aux atrocités de la guerre ", a dit le premier ministre à notre confrère Le Parisien.
On aurait tort, cependant, de prendre pour des cas isolés ce qui s'est passé dans les trois manifestations qui ont dégénéré, à Paris et à Sarcelles. Des synagogues ont été menacées ou attaquées. Une pharmacie a été brûlée uniquement parce que sa propriétaire était juive. Une épicerie casher a subi le même sort. Des slogans intolérables ont été entendus : " Mort aux juifs ! ", " Hitler avait raison ! "
Impensable il y a quinze ou vingt ans, cette violence, celle des actes comme celle des mots, n'est pas exceptionnelle. Elle est représentative d'un antisémitisme banalisé, normalisé, qui s'exprime prioritairement dans une frange de la population musulmane, mais aussi ailleurs – notamment chez les inspirateurs de l'extrême droite.
Dans un fatras idéologique confus, mêlant djihadisme, défense de la cause palestinienne, détestation d'Israël et archétypes racistes les plus ignobles, c'est bel et bien la vieille théorie du " complot juif " qui est remise au goût du jour. Ce sont les mêmes stéréotypes judéophobes véhiculés à plaisir sur <internet, et qui finissent par tuer – d'Ilan Halimi, torturé à mort, en passant par les assassinats de Merah à Toulouse et à Montauban, ou, plus récemment, au Musée juif de Bruxelles.
Dans ces milieux, où Israël est démonisé, où les conflits arabo-arabes ne font pas descendre dans la rue, pas plus que les malheurs des chrétiens d'Orient, l'antisionisme n'est que la face mal cachée de l'antisémitisme.
On peut comprendre que le conflit israélo-palestinien ait un écho particulier chez les musulmans et les juifs de France, suscitant des solidarités naturelles. On peut néanmoins contester cette sorte de légitimisme par procuration qu'observent les représentants de ces communautés, qu'elles soient musulmane ou juive. Cette façon mécanique de s'aligner sans nuances sur les positions des parties en conflit sur le terrain ajoute à la polarisation des esprits.
Il reste cette vérité terrible : dans la France de 2014, dans certains quartiers, il n'est pas facile de porter une kippa – pour ne pas dire impossible. Refuser de voir cela, c'est fermer les yeux, lâchement.

samedi 26 juillet 2014

Question existentielle : debout ou assis ?


J'ai déjà eu l'occasion de reprendre un article de ce scientifique pétri d'humour et qui met la science à portée du premier profane venu. 
Cette fois-ci, même si cet article sort des sujets habituellement traités ici, je n'ai pu m'empêcher de le reproduire... tant la question posée me semble fondamentale ! 
Profitez bien de ce moment de joie à sa lecture...



Pour leur santé, les hommes doivent-ils uriner debout ou assis ?

Plusieurs lecteurs de ma chronique Improbablologie, ayant du mal à supporter l'arrêt estival du supplément "Science & Médecine" du Monde dans lequel elle est publiée, m'ont fait part de leur détresse et de leur sensation de manque. En attendant que la chronique reprenne, il y aura donc un zeste de science improbable chez le Passeur...

Comme le disait Pierre Desproges, "tout dans la vie est une affaire de choix, ça commence par la tétine ou le téton, ça se termine par le chêne ou le sapin". Et, entre ces deux extrémités de l'existence s'insère, pour la moitié masculine de l'humanité, un autre dilemme : faut-il faire pipi debout ou assis ? Lesquels préservent le plus leur santé, ceux qui, très majoritaires en Occident, restent droits dans leurs bottes ou ceux qui, comme on le constate plus couramment en Asie, s'asseyent voire s'accroupissent pour uriner ?

En remontant dans les annales de la science, on s'aperçoit que la question n'est ni loufoque ni nouvelle. Ainsi, en 1883, le médecin militaire britannique Raglan Barnes, en poste aux Indes, se l'était posée en écrivant à ce sujet un articulet publié par le fort sérieux British Medical Journal. Ayant constaté, en fréquentant les dispensaires et les hôpitaux civils, un nombre important de calculs urinaires dans la population indigène, il avait émis l'hypothèse qu'en plus de trouver leur origine dans le régime alimentaire, ces pépins de santé pouvaient être favorisés par l'habitude qu'avaient les Indiens d'uriner à croupetons. Dans son texte, Raglan Barnes imagine que, pour l'homme, la position accroupie "paralyse l'action de l'organe musclé (la vessie, NDLR) qu'il veut vider". Le résultat selon lui ? Une urine qui reste en plus grande quantité dans la vessie et favorise la formation de calculs. Le médecin militaire ajoute d'ailleurs que quand on est un homme, un vrai, on fait preuve de droiture, dans la morale et dans la miction, et que la civilisation et le colonisateur sauront inciter, je cite, "notre frère aryen" à sortir de son erreur.
Beaucoup plus près de nous, puisque leur travail est paru le 22 juillet dans la revue PLoS ONE, des urologues de l'université de Leyde (Pays-Bas) se sont de nouveau posé la question du docteur Barnes. Pour y répondre, ils ont passé la littérature scientifique au peigne fin et trouvé 11 études comparant les résultats des deux positions sur un échantillon total de huit cents hommes. Tous ces articles avaient en commun de fournir des chiffres sur la durée et le débit de la miction, tout en mesurant le liquide demeurant dans la vessie une fois la braguette remontée. En faisant l'analyse de toutes ces données, les chercheurs néerlandais se sont aperçus que, dans le cas des participants en bonne santé, la position n'avait aucune influence sur les résultats. En revanche, les choses étaient un peu différentes pour les hommes souffrant de prostatisme.
Derrière ce nom se cachent une série de symptômes, de troubles de la miction, dus à l'hypertrophie bénigne de la prostate. Lorsque cette glande qui entoure l'urètre se met à grossir, ce qui est courant avec l'âge, l'écoulement de l'urine se ralentit et peut même devenir difficile, ce qui entraîne de fréquents passages aux toilettes où ne sont évacués à chaque fois que de petits volumes. Selon l'étude de PLoS ONE, les hommes victimes de prostatisme tirent un léger bénéfice à uriner assis, peut-être parce que la position nécessite, notamment chez des personnes âgées, moins de crispation musculaire pour le maintien de l'équilibre : le débit de la vidange et la quantité d'urine excrétée sont accrus (ce qui va à rebours des suppositions de feu Mr Barnes). Les auteurs de l'article parlent, avec des termes choisis, d'"une tendance vers un profil urodynamique plus favorable", ce qui dit à quel point les améliorations notées sont faibles. Ils concluent d'ailleurs en expliquant que le débat debout-assis ne peut être tranché sur la seule foi des critères "urodynamiques".
Il est en revanche un domaine où la miction debout présente un désavantage incontestable, c'est celui de la propreté des lieux d'aisance. Tous ceux qui ont, dans nos contrées, fréquenté un jour des toilettes pour hommes se sont demandé comment les énergumènes qui les avaient précédés avaient bien pu réaliser cette reconstitution miniature du Parc national de Yellowstone après le déclenchement des geysers. Au moins deux techniques permettent cette porcherie cet exploit : tenter – avec ses deux mains accrochées à son téléphone portable – un grand pont sur Lionel Messi à FIFA 14 tout en laissant la nature s'exprimer librement un étage plus bas, ou bien essayer de viser la cuvette des toilettes depuis le fond des WC en faisant un saut carpé. Diable, encore un choix...

vendredi 25 juillet 2014

Transparence

 

La Haute Autorité pour la transparence de la vie politique rend accessible les déclarations faites par les parlementaires sur leurs revenus, patrimoines... pour qu'apparaissent d'éventuels conflits d'intérêts. Figurent également les noms des collaborateurs... L'article, ci-dessous, donne les grandes lignes de ce que l'on peut trouver dans ces déclarations. Cela n'est pas très facile d'exploitation, car il y a quelquefois mauvaise grâce à remplir le formulaire. Espérons que le système s'améliore avec le temps... Néanmoins la Haute Autorité pourra poser des questions et le travail de communication des données pourra aider les citoyens à comprendre les dérives de certains de leurs élus.

J'essayerai de piocher, à partir de demain, dans les déclarations de nos élus du NPDC, ce qui me semble étonnant, anormal ou... faux ! En attendant, vous pouvez aller jeter un coup d’œil sur http://www.hatvp.fr/recherche_geographique/nord-pas-de-calais.html et faire part de vos remarques. Il faut savoir que les informations sont à la date de janvier 2014 et que certaines ne sont plus d'actualité aujourd'hui.

 

 

Ce que dévoilent les déclarations d'intérêts des parlementaires

Le Monde.fr | Par

Suite à l’affaire Cahuzac, le gouvernement avait instauré une Haute Autorité pour la transparence de la vie politique (HATVP), présidée par Jean-Louis Nadal, ancien procureur général près la Cour de cassation. Celle-ci a pour charge, entre autres, de récolter les déclarations d’intérêts des ministres et des parlementaires. Elle vient de livrer ces dernières, sous un format hélas quasiment inexploitable de manière statistique.


Néanmoins, et en attendant de pouvoir faire mieux, on peut déjà noter quelques cas particuliers et chiffres qui attirent l’oeil.

1. Quelques chiffres généraux

10% Si ces déclarations d'intérêts risquent fort de ne pas améliorer l'image des parlementaires dans l'opinion, on peut commencer par noter des points positifs. Ainsi, seuls 10 % des députés déclarent avoir une activité annexe rémunératrice, le reste se consacrant donc à leur – ou leurs – mandats.
De même, à peine une poignée déclarent des revenus annexes supérieurs à 100 000 euros par an (un député gagne environ 7 000 euros par mois, soit 84 000 euros par an au titre de son mandat).

2. Les opulents députés avocats

Parmi les parlementaires, une profession procure des revenus annexes particulièrement confortables : celle d’avocat. Au point que la question de l'interdiction du cumul de cette profession avec une activité d'élu revient régulièrement.
Une quarantaine de parlementaires sont avocats. Christophe Caresche (député PS de Paris), Hervé Gaymard (député UMP de Savoie), Dominique Raimbourg (député PS de Loire-Atlantique) se sont « omis du barreau » le temps de leur mandature.
D'autres, comme Philippe Houillon (député UMP du Val-d'Oise), avocat depuis 1973, exerce son activité à temps partiel. (Il a touché entre 3 500 et 4 500 euros par mois ces trois dernières années). Et puis il y a ceux qui touchent de petites fortunes.
 180 734 euros C’est le cas de Jean-François Copé. L’ancien président de l’UMP déclare, pour 2013, plus de 180 000 euros de revenus au titre de son activité annexe d’avocat. Une somme presque faible, au regard de ses revenus des années précédentes : 313 000 euros en 2012, et jusqu’à plus de 350 000 en 2011 et 2010, soit le triple de son indemnité parlementaire.
Même chose pour Frédéric Lefebvre (UMP, Français de l'étranger), qui déclare 207 000 euros en 2013 comme avocat, pour le député UMP de Paris Pierre Lellouche (293 630 euros en 2013) ou pour le député UMP de l'Yonne Guillaume Larrivé (80 000 euros en 2012, 108 000 en 2011), par exemple. Le sénateur centriste François Zoccheto a pour sa part gagné 188 583 euros en 2012 au sein de son propre cabinet d’avocat – son salaire annuel moyen depuis 2008 s’élève à plus de 158 000 euros. A gauche, on peut citer le cas du socialiste Yann Galut, député du Cher, qui déclare pour 2013 66 220 euros en tant qu’avocat.
La question, évidemment, est celle des éventuels conflits d’intérêts soulevés par cette double activité, particulièrement dans le cas des avocats d’affaires, comme M. Copé. Les déclarations sont en général muettes sur ce point.

3. Les parlementaires qui s’enrichissent dans la communication

100 000 euros  Autre activité annexe lucrative, celle de conseil en communication. C’est le cas du sénateur UMP de Paris Pierre Charon, dont la déclaration précise qu’il a gagné 186 000 euros en 2013 avec ses activités de conseil. On y apprend également qu’au temps où il conseillait Nicolas Sarkozy, en 2009 et 2010, il percevait de confortables émoluments de l’Elysée : jusqu’à 100 000 euros par an.
Même chose pour l’UMP Luc Chatel, qui déclare, pour 2013, 183 135 euros au titre de ses activités annexes de « conseil en communication et accompagnement stratégique ».
Autre cas, celui de Jean-Frédéric Poisson, du Parti chrétien-démocrate, dont l’entreprise de « conseil aux entreprises » dont il a masqué le nom complet lui a rapporté, en 2013, 52 000 euros.
Là encore, les déclarations ne précisent pas quels types de clients sont conseillés par les parlementaires, et donc s’il y a conflit d’intérêts.

4. Abondance de conjoints et de descendants d’élus chez les assistants

Le phénomène était connu, il éclate ici au grand jour : nombreux sont les députés et sénateurs qui emploient parmi leurs assistants leur conjoint ou leurs enfants. Ce qui n’a rien d’illégal en soi, mais peut poser question, surtout concernant le niveau de rémunération et la réalité de l’activité exercée.
On peut ici citer des dizaines de cas. Par exemple celui de Jean-François Copé et de son épouse, Nadia. Ou encore du socialiste François Lamy, dont la moitié est directrice de cabinet du président du conseil général de l’Essonne, Jérôme Guedj, son suppléant à l'Assemblée. Ou encore l’UDI Rudy Salles, qui emploie son épouse. Cas emblématique, Jacques Bompard, député apparenté FN, qui emploie un Guillaume et un Yann Bompard dans son équipe.
Quant à Patrick Mennucci, élu député des Bouches-du-Rhône en juin 2012, il indique par ailleurs qu'il a été, au cours des cinq dernières années, l'assistant parlementaire du sénateur Roland Povinelli pendant 14 mois... tout en étant maire du 1er secteur de Marseille, fonction qu'il a exercée de 2008 à 2014.

5. Des collaborateurs cumulards

Autre point intriguant, le cas des collaborateurs parlementaires qui sont eux-mêmes élus locaux. La pratique se retrouve surtout à gauche. Ainsi, Jean-Vincent Placé, sénateur EELV d’Ile-de-France, emploie comme assistante Laure Lechatellier, qui est élue au conseil régional d’Ile-de-France.
Daniel Vaillant, sénateur PS de Paris et ex-maire du 18e arrondissement, travaille avec Myriam el-Khomri, adjointe à la mairie de Paris et élue du 18e. Marie-Noëlle Lienemann, députée de Paris, déclare comme collaborateur « chargé de recherches pour la sénatrice » Emmanuel Maurel, par ailleurs vice-président de la région Ile-de-France. Même chose pour Jean-Christophe Cambadélis, député de Paris lui aussi, qui emploie Karine Gautreau, adjointe à la mairie du 19e, comme collaboratrice.
Les élus n’ont pas à fournir les rémunérations des collaborateurs, on ne connaît donc pas ce détail. Une explication à ce cumul de fonctions : permettre à ces élus locaux d’avoir ainsi un accès à l’Assemblée.

6. De très nombreux cancres et un peu de psychologie

Si certaines fiches sont détaillées, beaucoup ne le sont pas. Nombre de députés ont visiblement fait le service minimum, inscrivant « néant » partout, ou « oubliant » certaines fonctions. Certains ont fait part en public de leur hostilité, comme Henri Guaino, qui juge « dégradant de se déshabiller en place publique », ou Jacques Myard, qui parle « d'inquisition ». De même, si certains remplissent consciencieusement leurs parts de SCI, par exemple, d’autres parviennent à rendre des fiches quasiment illisibles à force de ratures et rectifications.
Fiche du député PS Eric Jalton
Fiche du député PS Eric Jalton | HATVP
Edouard Philippe, député UMP de Rouen, ainsi fait part sur sa fiche de sa perplexité quant à l’exercice…
| HATVP
L’écriture manuscrite, pour malcommode qu’elle soit lorsqu’on veut exploiter les données, fournit tout de même un aspect humain à certaines déclarations. L’une d’entre elles est ainsi assez frappante : celle de Jean-Marc Ayrault. Le désormais député de Loire-Atlantique a ainsi commencé sa fiche en précisant, d’une écriture serrée, où l’ordre est sans doute assez symbolique :
« Profession : professeur retraité de l’Education nationale - ancien Premier Ministre ».