lundi 20 octobre 2014

Les nouvelles du week-end

Dans un entretien au Journal du dimanche, publié dimanche 19 octobre, la maire de Lille, Martine Aubry, demande au président, François Hollande, et au premier ministre, Manuel Valls, d'engager une « réorientation de la politique économique » dans un sens plus favorable à la croissance. Selon elle, le gouvernement doit « emprunter le bon chemin dans les deux ans qui viennent », faute de quoi la gauche va « échouer » en 2017.
AA : qu'est-ce qui pousse Martine, d'une part, à penser que François et Manuel vont obtempérer, et, d'autre part, à estimer qu'il y a encore une chance de sauver "la gauche" ?


Le synode des évêques sur la famille convoqué par le pape François a approuvé samedi 18 octobre un rapport final, « rééquilibré » pour tenir compte des réticences des participants les plus conservateurs. Dans ce rapport intitulé « relatio synodi », aucun accord n'a ainsi été dégagé sur les cas des divorcés et des homosexuels.

AA : et pourtant, la réintégration par l'Eglise des divorcés et des homosexuels devraient faire revenir plus de monde en son sein qu'elle n'en chassera, non ?


Manuel Valls a vivement critiqué dimanche 19 octobre, sans le nommer, le polémiste Eric Zemmour, déplorant notamment ses affirmations selon lesquelles le régime de Vichy aurait sauvé des juifs durant la seconde guerre mondiale.

AA : lepénisation et zemmourisation des esprits deviennent de plus en plus préoccupantes... Sans parler de la soralisation desdits esprits...

Les personnes déclarées coupables de « trolling » (harcèlement sur Internet) au Royaume-Uni, pourraient encourir des peines allant jusqu'à deux ans de prison, selon les propositions de loi du gouvernement britannique dévoilées dimanche 19 octobre. L'inquiétude grandit au Royaume-Uni face au fléau des trolls qui postent des messages haineux sur les réseaux sociaux et menacent fréquemment leurs cibles.
AA : au même titre que lepénisation, zemmourisation et soralisation des esprits français, la trollisation harcèle également notre société...

Une vingtaine de personnes ont été blessées, dimanche 19 octobre, à Hongkong au cours d'une intervention de la police visant à déloger les manifestants prodémocratie dans le quartier de Mongkok. Policiers et manifestants ont livré des versions divergentes sur les causes de ces heurts survenus dans ce quartier très densément peuplé.Selon un manifestant, les forces de l'ordre ont chargé lorsque quand des partisans du mouvement prodémocratie qui bloquaient une route de Mongkok ont ouvert leurs parapluies et les ont posés sur des barricades. 
AA : il y a fort à parier que le parapluie hongkongais va devenir très à la mode. Et pas seulement dans les manifestations...

Arbre de Noël ou sextoy ? L'œuvre monumentale de l'artiste américain Paul McCarthy, installée jeudi place Vendôme, à Paris, a continué à faire parler d'elle. Quelques jours après l'agression de son créateur, la structure gonflable intitulée « Tree » (« arbre »), aux allures de plug anal géant, a été dégonflée dans la nuit de vendredi à samedi par des inconnus. En réaction, l'artiste a renoncé à réinstaller son œuvre.
AA : très mauvaise pub pour les sextoys... De plus un sextoy vert, vous aviez déjà vu ça ?

Le Monde : La politique à bout de souffle (4/6)


17 octobre 2014

Partis en fumée


Endogamie, fonctionnement en vase clos, déficit de représentativité : les griefs s'amoncellent contre les partis de gouvernement. Certains empruntent déjà des chemins de traverse






Ecrire l'épitaphe de sa famille politique est dans l'air du temps. "  La gauche peut mourir  ", affirme Manuel Valls. "  L'UMP est morte  ", soutient de son côté Nathalie Kosciusko-Morizet. Nicolas Sarkozy, lui, s'efforce de ne pas citer le nom de sa formation, alors qu'il en brigue pourtant la présidence. C'est un fait : les partis de gouvernement sont totalement discrédités et massivement rejetés dans l'opinion. C'est l'institution vis-à-vis de laquelle les Français expriment le moins de confiance.
Sondage après sondage, l'image des appareils partisans se révèle désastreuse, tous bords confondus. Les trois quarts des Français (75%) ont une mauvaise opinion du PS et plus des deux tiers (67%) jugent sévèrement l'UMP, selon un sondage IFOP publié dans le Journal du dimanche du 31  août. Les chiffres sont sans appel : 62% des personnes interrogées pensent " plutôt" que les partis politiques ne sont pas " utiles", 82% qu'ils ne sont pas "adaptés à la situation actuelle du pays", et 85% qu'ils ne sont pas "proches des réalités quotidiennes des Français ".
Les partis politiques n'ont-ils plus rien à dire, et plus personne pour les écouter  ? C'est le constat qu'a fait Solférino sous le mandat d'Harlem Désir, en annulant le point presse hebdomadaire sur la situation nationale, faute de public… A l'UMP, les conventions thématiques ont été interrompues ces derniers mois.
Le décalage entre ces structures et la société française se ressent sur le terrain. Public de gens âgés, blancs, fonctionnaires… Il suffit de faire le tour des Fêtes de la rose du Parti socialiste pour se persuader que les clichés ont un fond de vérité.
La faiblesse des effectifs partisans constitue l'un des symptômes perceptibles de la crise des mouvements politiques. La France est l'un des pays d'Europe où le taux d'adhésion reste le plus faible. Il est évalué entre 1% et 2% du corps électoral. L'UMP revendique 268 341  militants à jour de cotisation, quand le PS est largement au-dessous de la barre des 200 000. Des chiffres invérifiables tant les partis entretiennent le flou sur la question. Seule certitude, ces effectifs restent très inférieurs à ceux des autres pays européens. En Allemagne, les partis de gouvernement – CDU et SPD – totalisent chacun près de 500 000 encartés. En Espagne, le Parti populaire en compte environ 600 000. " En France, nos partis sont des gros clubs, et non des organisations de masse", résume Pascal Perrineau, professeur à Sciences Po Paris.

" Un champ de ruines "

Les mouvements politiques français éprouvent de réelles difficultés à attirer de nouvelles têtes. Le comble du ridicule a été atteint début 2013, quand l'ancien président de l'UMP, Jean-François Copé, avait annoncé que son parti allait recruter des candidats aux élections municipales par " petites annonces ". Le PS, lui, a raté un virage historique en ne capitalisant pas sur le succès de la primaire, qui avait attiré environ 3 millions d'électeurs, en octobre  2011.
La manière dont les responsables politiques qualifient leurs propres partis ne contribue pas à les rendre plus séduisants. L'UMP après la guerre Copé-Fillonde 2012  ? " Malade ", selon Valérie Pécresse, " un champ de ruines ", d'après Henri Guaino. Côté PS, le premier secrétaire, Jean-Christophe Cambadélis, n'hésite pas à comparer son parti à Oblomov, le personnage éponyme du roman de Gontcharov, cloué au lit par sa paresse.
Cette défiance s'inscrit dans la tradition politique française. Contrairement à des pays comme l'Angleterre, où les partis politiques se sont structurés dès le XIXe  siècle, il faudra attendre 1901 et la loi sur les associations pour que les appareils partisans se développent en France. Un héritage de la Révolution qui avait mis au ban les corps intermédiaires. Perçues comme des relais de l'Ancien Régime, les corporations avaient été interdites par la loi Le Chapelier, en  1791.
Mais l'histoire ne suffit pas à expliquer l'ampleur du rejet dont souffrent les mouvements politiques. La grave crise de légitimité est avant tout due à un déficit de représentativité. "Un parti politique, c'est un corps intermédiaire qui permet de mieux articuler les revendications de la base avec l'appareil de la décision publique et les institutions élues ou exécutives. Or, les partis ne jouent plus du tout ce rôle", se désole Pascal Perrineau. L'impression d'endogamie agit comme un repoussoir. La grande majorité des Français ne se sentent pas en phase avec les représentants de ces formations, qui donnent l'impression de fonctionner en vase clos.
Et si le décalage entre la base et ses représentants était inscrit dans l'ADN des partis  ? Dès le début du XXe  siècle, alors que beaucoup pensaient que les partis ouvriers seraient représentés par leurs propres membres, le sociologue italien Roberto Michels a démontré qu'il n'en était rien dans son ouvrage Les Partis politiques. Essai sur les tendances oligarchiques des démocraties (Flammarion, 1914). En étudiant le Parti social-démocrate allemand, il a constaté que, si les dirigeants des partis ouvriers venaient bien d'un milieu populaire, ils menaient en fait une vie de petits-bourgeois, et non de prolétaires. Le parti leur avait fourni un"levier pour leur ascension sociale", écrit-il. Ce qui conduit Roberto Michels à dénoncer le système "oligarchique" et la confiscation du pouvoir par une petite élite.

Conservation du pouvoir

Autre symptôme de la crise  : le débat de fond et les réflexions approfondies ne semblent plus l'essence des partis, qui sont peu à peu devenus des coquilles vides. La rupture date de la crise idéologique des années 1980. Les formations françaises, à fort contenu doctrinal par rapport aux autres appareils partisans en Europe, ont alors perdu leurs repères. La chute du mur de Berlin en 1989 et l'éclatement de l'URSS deux ans plus tard ont fait imploser le système communiste et tous les référents marxistes qui participaient – parfois en négatif – de la structuration de l'ensemble des partis de gauche. Depuis la victoire de François Mitterrand, le PS est ainsi écartelé entre sa doctrine socialiste et sa pratique du pouvoir dans une économie de marché.
La droite est également déboussolée  : dans les années 1970, le gaullisme était une idéologie de référence. Puis, de Gaulle disparu, la droite est tombée d'abord dans le pragmatisme à la Chirac, puis dans le sarkozysme, qui est moins une idéologie qu'une stratégie de conquête et de conservation du pouvoir.
Cette perte de repères déconcerte les électeurs, qui sont de moins en moins nombreux à se reconnaître viscéralement comme "de droite " ou " de gauche ". "Cette évolution est sensible dans toute l'Europe, où le clivage gauche-droite est désormais concurrencé par le clivage nationaux-européens", explique l'historien Gérard Grunberg.
Pour sortir de ce marasme, plusieurs personnalités politiques ont proposé d'emprunter des chemins de traverse. Notamment en impliquant la société civile, les intellectuels et les acteurs locaux. C'est ce qu'ont tenté Ségolène Royal, avec sa démocratie participative, ou Daniel Cohn-Bendit, avec l'ovni politique que fut, à ses débuts, Europe Ecologie-Les Verts. " Si les partis veulent redevenir des lieux de réflexion et d'élaboration des projets, ils ne doivent plus organiser le débat de manière pyramidale mais horizontale, affirme Pascal Perrineau. Il faut qu'ils sortent de cette fonction où ils se vivent comme des arrière-gardes éclairées, qui se serviraient des militants comme de simples colleurs d'affiches." L'idée a fait florès et tout homme politique qui s'empare d'un parti promet d'en ouvrir les portes et les fenêtres… mais rarement les listes aux élections.
Un paradoxe demeure  : si les partis politiques semblent démonétisés, ils gardent toutefois une importance stratégique dans la conquête du pouvoir. En témoigne l'énergie déployée par Nicolas Sarkozy pour reprendre la tête de l'UMP et s'assurer ainsi un contrôle sur les financements, les investitures et les fichiers militants. La guerre Royal-Aubry au PS ou celle opposant Copé et Fillon à l'UMP avaient le même but  : mettre la main sur le parti pour en faire un tremplin vers l'Elysée.

Démocratie de l'opinion

Mais l'évolution de notre système démocratique a rendu quelque peu désuète cette stratégie. Dans son livre Principes du gouvernement représentatif (Calmann-Lévy, 1995), le politologue Bernard Manin constate que le passage de la " démocratie de partis " à " la démocratie du public" (ou d'opinion), dans les années 1970, a modifié la manière de voter des électeurs. Désormais, ils votent davantage en faveur d'une personne que d'un parti, et ne se déterminent plus "en fonction de caractéristiques sociales, économiques et culturelles ".
Dans cette démocratie de l'opinion, où médias, sociétés de communication et sondages assurent la médiation entre le peuple et ses représentants, les adhérents et le débat interne ne sont plus les priorités. Il convient de faire passer un message au plus grand nombre, en utilisant des techniques inspirées par la publicité, explique la politologue Florence Haegel, qui souligne "l'accroissement des budgets de communication et de marketing" à l'UMP.
Ces transformations ont favorisé l'émergence des primaires, comme nouveau processus de sélection des candidats à la présidentielle. De plus en plus de personnalités politiques bâtissent des stratégies dans lesquelles leurs formations ne jouent plus un rôle central.
A droite, Alain Juppé, François Fillon ou Xavier Bertrand privilégient des voies extérieures en créant des micropartis, avec lesquels ils recueillent des financements et préparent leur projet. A gauche, ni Manuel Valls ni Arnaud Montebourg n'ont construit de véritables réseaux au sein du PS, laissant à penser qu'après François Hollande, la bataille pour le leadership à gauche se déroulera plus dans l'opinion que dans les couloirs de Solférino.
Dans ce nouveau schéma politique, l'organisation de primaires est à la fois salvatrice pour les partis –leur conférant une raison d'être et un dynamisme nouveau– et le symbole de leur perte d'influence. Car, si le processus permet aux partis de s'ouvrir sur la société civile et de répondre à leur déficit de légitimité, ce mode de désignation a aussi pour effet de démonétiser les appareils partisans. Les adhérents sont dépossédés du choix de leur candidat à l'Elysée, et les prises de parole-clés ont lieu dans les médias.
En voulant résoudre la crise des partis, les primaires l'ont donc accentuée. Et ont modifié le profil des candidats sélectionnés. Bernard Manin identifie un travers inhérent à la démocratie de l'opinion  : "Ceux qui parviennent à se faire élire" sont désormais " des individus qui maîtrisent mieux que les autres les techniques de communication, ce que l'on appelle des “figures médiatiques". Cette " nouvelle élite de spécialistes de la communication prend la place des militants et des hommes d'appareil ", s'inquiète-t-il. Le plus souvent au détriment du débat de fond.

Nicolas Chapuis et Alexandre Lemarié
© Le Monde

dimanche 19 octobre 2014

Enfin !

Bon ! Cette fois-ci, c'est la bonne, je crois...
Pour arriver à retrouver un accès au blog, j'ai dû supprimer un article du Monde qui provoquait une sorte de bug... C'était pourtant le plus intéressant de l’intéressante série que je partage avec vous sur "La Politique à bout de souffle" intitulé "La fin du Président" (2/6). Je pense que c'est volontaire de la part du quotidien qui a souhaité le "protéger" (l'article, pas le président...) . J'essayerai dans les jours prochains d'en faire une synthèse...
En tous les cas, merci à ceux qui se sont inquiétés et m'ont fait part de leur étonnement de ne plus pouvoir lire les posts quotidiens...

Le Monde : La politique à bout de souffle (3/6)


16 octobre 2014

L'ivresse des cimes


 L'affaire Thévenoud n'est que le symptôme d'une maladie qui semble avoir gagné les bancs de l'Assemblée et des ministères : la perte de tout sens des réalités?



Sur le coup, cela a fait comme une petite déflagration. L'information se murmurait depuis la mi-journée avant d'être rendue publique en début de soirée, ce jeudi 4 septembre, à la stupéfaction générale. Le socialiste Thomas Thévenoud venait d'être débarqué de son poste de secrétaire d'Etat au commerce, neuf jours à peine après avoir été nommé par Manuel Valls. Lui, le si brillant et prometteur député de tout juste 40 ans, avait fait une spectaculaire sortie de route en pleine ascension  : voilà que l'on apprenait qu'il n'avait pas correctement payé ses impôts depuis trois ans. Ainsi que son loyer, son kiné, des factures EDF… L'effet de sidération s'est étiré sur plusieurs jours, avec une question lancinante: "  Comment cela est-il possible  ?  "
C'est précisément pour y répondre que Michèle Delaunay, ancienne ministre déléguée aux personnes âgées dans le gouvernement de Jean-Marc Ayrault redevenue simple députée de la Gironde début mai, a pris la plume. Publié sur son blog sous le titre " Le tunnel, ou comment faire carrière sans mettre un pied dans la vraie vie ", le texte, critique et lucide sur le personnel politique d'aujourd'hui, a rencontré un succès inattendu. Des milliers de visites, des reprises sur tous les sites d'information, des " partages " à la chaîne sur les réseaux sociaux…
Ce jour-là, les mots de Mme Delaunay ont visé juste, preuve qu'ils faisaient écho aux nombreuses enquêtes d'opinion qui révèlent une défiance sans précédent des citoyens envers les élites qui les gouvernent. Dans les quelque 150 commentaires du post de blog, beaucoup de" bravos", de " merci madame pour avoir le courage de dire cela "" Cela ", le récit de ces jeunes piqués du "virus " de la politique qui n'ont jamais, ou presque, connu autre chose que l'excitation de la vie publique, jusqu'à perdre totalement pied avec la vie concrète. Et parfois se heurter brutalement au mur de la réalité.
Elu député de Saône-et-Loire en  2012, Thomas Thévenoud, qui vit de la politique depuis ses 23 ans, n'avait pourtant rien de l'élu imperméable ou indifférent. Accessible, multipliant les rendez-vous dans sa permanence et les visites dans les entreprises, ce proche d'Arnaud Montebourg semblait à l'écoute, prompt à faire remonter tout nouveau problème apparaissant sur le terrain. Mais il observait de l'extérieur. "Toutes ces heures et ces jours où le réel est dur comme ciment et où il faut le coltiner sans échappatoire possible, ils n'en savent rien", écrit Michèle Delaunay.

Un autre monde

Cancérologue, cette fille de préfet a exercé plus de trente ans dans le milieu hospitalier avant de s'engager en politique en  2001, à 54 ans. "Je sais ce que veut dire faire un lit d'hôpital avec une personne dedans qui ne peut pas se lever. Ce n'est pas la même chose d'avoir l'expérience de la vie pratique, des emmerdes de tous les jours, des obligations. Il faut être au bureau – ou à l'usine – à heures fixes, il y a des contraintes très prégnantes dont tout le personnel politique n'a pas la mesure. Les politiques bossent, parfois beaucoup, mais pas avec les mêmes obligations, il reste une grande part de libre arbitre, de choix qui n'existent pas dans beaucoup de métiers ", assure-t-elle.
Alors quand Henri Guaino, ancien conseiller spécial de Nicolas Sarkozy, devenu député des Yvelines en  2012, explique à un journaliste de VSD, un jour de juillet  2013, qu'il est "  très mal payé  " avec ses 5  200  euros net mensuels, et "  travaille dans des conditions déplorables ", la remarque passe mal. Toujours cette impression de ne pas vivre dans le même monde, voire de ne pas être soumis au même régime.  Thomas Thévenoud a certes été rapidement rattrapé après ses irrégularités fiscales, mais qui peut rester trois ans dans un appartement du 5e arrondissement de Paris sans payer de loyer ni être inquiété par le propriétaire ou les huissiers de justice  ? Il y eut également le cas éloquent de Jean-Vincent Placé, épinglé par le Canard enchaîné, qui avait révélé, en décembre  2013, que le sénateur écologiste avait cumulé 18  000  euros d'amendes après une centaine d'infractions routières datant d'avant 2010.
A l'heure de la transparence de la vie publique, la plupart font amende honorable quand ils se font attraper, mais cela n'empêche pas ces profils d'élus hors sol de proliférer dans la sphère publique. Chercheur au CNRS et auteur de plusieurs études sur le personnel politique dans les gouvernements français et au Parlement européen, Sébastien Michon note un phénomène récent  : " L'arrivée d'une proportion importante de gens quasi exclusivement professionnels de la politique, qui n'ont jamais exercé d'autres métiers.  "
"Une majorité des membres de gouvernement sont passés avant par des fonctions de collaborateurs, d'assistants parlementaires, de chargés de mission, de membre de cabinet ", explique le chercheur, qui a analysé les profils de tous les ministres en exercice de 1986 à 2012. Résultat, "  sous le mandat de Nicolas Sarkozy, tous gouvernements confondus, 14 % des ministres en moyenne étaient des professionnels de la politique, une proportion qui monte à 27  % dans le gouvernement de Jean-Marc Ayrault ". Ils comptaient, avant l'ère Sarkozy, pour zéro à 5  % (sauf exception sous le gouvernement Juppé).

Profils à l'ancienne

Thomas Thévenoud en est l'exemple type  : assistant parlementaire à 23 ans, conseiller de Laurent Fabius, alors ministre de l'économie, à 26 ans, puis adjoint au maire, conseiller général, député et enfin, brièvement, secrétaire d'Etat. Les profils "  à l'ancienne  " se font de plus en plus rares, ceux qui peuvent se targuer d'avoir été "  berger, chauffeur poids lourd, puis vétérinaire pendant dix ans  ", comme le socialiste François Patriat (Côte-d'Or). Réélu sénateur à 71 ans après avoir exercé à peu près tous les mandats, il déplore la part grandissante d'apparatchiks dans la majorité, notamment chez les primo-élus apportés par la vague rose de 2012.
La politique est devenue un métier à part entière, avec ses voies de formation et ses filières de recrutement. "  Sur les vingt-cinq dernières années, un tiers des ministres sont passés par l'Ecole des sciences politiques de Paris et 18  % ont fait l'ENA  ", rappelle ainsi Sébastien Michon. "La politique est un métier de plus en plus codifié, avec des attentes sur la manière de faire, sur les prises de parole. Les fonctions ministérielles sont maintenant surtout des fonctions de communication, où il faut savoir faire parler de soi, pour exister dans les médias mais aussi pour sortir du lot dans le gouvernement." A défaut de grandes écoles, de nombreux députés PS sont issus d'organisations étudiantes comme l'UNE, qui forme tout aussi bien à cela.
A la différence d'il y a quelques années, l'argent ne semble plus être un moteur d'engagement en politique. Emmanuel Macron, par exemple, aurait bien mieux gagné sa vie en restant banquier d'affaires chez Rothschild plutôt que ministre de l'économie. A l'Assemblée, la socialiste Valérie Rabault (Tarn-et-Garonne) a choisi en  2012 de quitter son emploi chez BNP Paribas, rémunéré entre 108  000  et 490  000 euros annuels de 2009 à 2011, pour devenir députée à 50  000  euros par an, selon sa déclaration d'intérêts. Juliette Méadel, énarque, ex-avocate d'affaires et porte-parole du PS, affirme gagner, à 39 ans, en tant que rapporteure à la Cour des comptes, " à peu près autant que ce qu'elle gagnait il y a quinze ans en démarrant en cabinet d'avocats  ".
Si beaucoup d'énarques se désintéressent de la vie publique pour aller dans le privé, la politique continue d'attirer parce que "  ça bouge  ", estime le chercheur, parce qu'on est pris dans le tourbillon du microcosme, parce qu'on se sent important. "  Certains peuvent vite se laisser griser par cela, c'est excitant, ça va vite, le téléphone sonne tout le temps, on a une vie à cent à l'heure. Il y a des enjeux, une possibilité de faire carrière.  "
A l'Assemblée, le phénomène est plus diffus qu'au gouvernement, car moins concentré sur une quinzaine de postes. Sur les 577 députés, beaucoup ne cherchent ni la lumière ni l'excitation. Mais pour une poignée d'élus, potentiellement ministrables, le Palais-Bourbon tient le rôle de vivier  : il faut voir l'agitation qui saisit les lieux à chaque remaniement, les conjectures de toutes sortes qui se font sur les élus les plus prometteurs. Qui va partir, qui va revenir  ? Thierry Mandon, Matthias Fekl, Thomas Thévenoud : tous ces noms circulaient depuis des semaines dans les couloirs avant qu'ils ne soient nommés.

Diversification en trompe-l'œil

Le personnel politique se diversifie certes grâce à la part grandissante des femmes, même si leur nombre plafonne autour de 25  % chez les parlementaires comme chez les ministres (hors gouvernements paritaires de François Hollande). Surtout, la féminisation reste une diversification en trompe-l'œil. Dans une étude sur "  les facteurs sociaux des carrières politiques des femmes ministres", Sébastien Michon assure ainsi que " la féminisation du recrutement politique ne s'accompagne pas d'une transformation radicale ou même d'uneouverture de la composition sociale de l'exécutif  " et que ses effets "  ne perturbent ni ne remettent en question les modes de production et de reproduction des élites politiques ". Quelques exceptions demeurent toutefois car, selon Michèle Delaunay, " le gros avantage de la parité est d'avoir fait venir des femmes qui venaient d'ailleurs"" On est venu me chercher dans mon hôpital à cause de la parité, je ne sais pas si je me serais engagée en politique sinon  ", témoigne-t-elle.
Mais la "  diversité professionnelle  " qu'elle appelle de ses vœux se fait toujours attendre. Au Palais-Bourbon, seuls 2,6 % des élus en  2012 étaient ouvriers et employés, quand ces catégories représentent 50,2% de la population active. A l'inverse, les cadres et professions supérieures sont surreprésentés : 80  % des élus en sont issus, contre 16,7  % de la population. Sans parler des ingénieurs et des scientifiques, presque totalement absents du débat public. Des cas comme celui de Michel Pouzol, élu PS de l'Essonne et passé "du RMI à l'Assemblée " – comme il l'a raconté dans un livre (Député, pour que ça change, Cherche Midi, 2013) –, sont exceptionnels. En outre, pour les salariés du privé, il est pratiquement impossible de retrouver son emploi au même niveau après un mandat. La question du statut de l'élu devra être reposée, d'autant plus avec l'entrée en application du non-cumul en  2017.
En attendant, de cabinets en chargés de mission, des professionnels de la politique continuent de considérer l'Etat comme une entreprise et les mandats électifs comme des emplois. C'est en partie ce qui explique le refus de Thomas Thévenoud d'abandonner son poste de député. Après que son épouse, Sandra, considérée comme coresponsable des manquements fiscaux, a été licenciée de son poste de chef de cabinet de l'ancien président du Sénat Jean-Pierre Bel, la famille Thévenoud ne dispose plus que des revenus du député de Saône-et-Loire. Alors, quand la pression monte de toutes parts autour de lui pour qu'il démissionne, lui répond à ses interlocuteurs que la politique, c'est toute sa vie.

Hélène Bekmezian

samedi 18 octobre 2014

Désolé !

Il y a eu certains problèmes de connexion ce matin à ce blog.
Je pense que l'accès a été rétabli et je vous prie de bien vouloir excuser les désagréments qui ont pu être provoqués.

AA

Lu dans le Canard


- Des baffes pour Sarko

Après la présidence du Sénat, qu'a emportée par KO le filloniste Gérard Larcher contre Jean-Pierre Raffarin, celle du groupe, enlevée par Bruno Retailleau au détriment du sarkoziste Roger Karoutchi, c'est la questure qu'un autre proche de l'ancien président, Pierre Charon, a perdue.
Qui est le vainqueur ? Bernard Saugey, président d'honneur de la Fraternelle parlementaire : l'association des sénateurs francs-maçons. Ceci explique peut-être cela...
Les emmerdes volant en escadrilles, comme le disait Chirac, la présidence de l'Assemblée des Français de l'étranger (AFE) vient d'échoir au socialiste Marc Villard, élu le 6 octobre à la place de Ronan Le Gleut, un autre Sarko boy.
Sarkoziste, ç'a eu payé, au Palais du Luxembourg...

- Le FN régularise ses maires clandestins 

Combien de mairies le FN peut-il revendiquer aujourd'hui ? Officiellement 10, et 11 si on ajoute Béziers, dont le maire, Robert Ménard, a été élu avec l'aide du FN. Mais, à la faveur des élections sénatoriales et du congrès du FN prévu à Lyon, à la fin du mois de novembre, avec des places à prendre, on découvre que certaines communes rurales sont d'ores et déjà tombées dans l'escarcelle de Marine Le Pen. Les bons sondages ont également incité les frontistes honteux à sortir du bois.

Au maire de Brachay, en Haute-Marne  (AA : 58 habitants, plus haut score à la présidentielle  avec plus de 72%), qui l'a accueillie fin août pour son discours de rentrée, Marine, reconnaissante, a offert une carte du parti. A Villedieu-le-Château , dans le Loir-et-Cher (AA : 400 habitants), le maire de la ville (AA : Jean-Yves Narquin), a rejoint le Rassemblement Bleu Marine. (AA : voir ci-dessous, sa "drague" des chasseurs). A Tressandans, dans le Doubs (AA : 36 habitants), le maire (AA : Jacques Ricciardetti), a été tête de liste FN pour les sénatoriales. A Saint-Bonnet-du-Gard (AA: 780 habitants), la maire (AA :Sandrine Péridier) s'est, elle aussi, déclarée au moment des sénatoriales, où elle est arrivée deuxième, derrière le maire de Beaucaire, Julien Sanchez. Au Hamel , dans l'Oise (AA : 170 habitants), le maire (AA : Jean-Jacques Adoux)  a été suppléant de la candidate frontiste, Florence Italiani, lors de la partielle de 2013 (AA : législative), tandis qu'à Saint-Maurice, en Haute-Marne  (AA : 120 habitants), le maire (AA : Michel Perrin) n'a pas l'étiquette FN... tout en siégeant aux côtés des frontistes au conseil régional de Champagne-Ardenne.
LE fn ne gère donc pas 10 communes, mais 16. Et la moisson ne devrait pas s'arrêter là.

- Le FN à l'affût des chasseurs.

Le FN, persuadé de réaliser une belle percée aux régionales, s'est lancé à corps perdu dans la drague des chasseurs, convaincu de pouvoir capter leurs votes. Le tout nouveau délégué délégué général du RBM (Rassemblement Bleu Marine), Jean-Yves Narquin, frère de Roselyne Bachelot, a été nommé dans ce but.
Narquin, élu de Loir-et-Cher et proche des hommes à gibecière, a d'ores et déjà décroché son téléphone pour tenter de débaucher les cadres CPNT (Chasse, Pêche, Nature et Traditions) de Dordogne, de Vendée, de Normandie, de Loire-Atlantique, de Gironde, de Charente-Maritime. Le marché proposé est simple : une bonne place éligible sur la liste FN pour les cantonales en mars et une à deux places pour les régionales (AA : pan sur le bec du Canard qui a inversé places éligibles sur la liste des régionales et un à deux sièges pour les cantonales...) en échange d'un ralliement sous étiquette FN ou RBM, au choix.
Mais que va en penser Brigitte Bardot, grande amie des bêtes et admiratrice des Le Pen, fille et père ?

vendredi 17 octobre 2014

Le Monde : La politique à bout de souffle (1/6)

Une si longue crise

LE MONDE | Par 
C’est une chute inexorable : non seulement François Hollande n’a pas su enrayer la dévitalisation démocratique en France, mais il a contribué à l’aggraver
C’est à la mi-juillet, juste avant les congés d’été, qu’ils ont compris que la situation était grave et que le quinquennat risquait de mal finir. En conseil des ministres, Michel Sapin, le ministre des finances et des comptes publics, est en train de dresser l’état de la conjoncture.
Plus il parle, plus le découragement s’empare de ses collègues. Une fois de plus, la croissance joue l’Arlésienne. Dans leur tête, ils ont déjà traduit : la hausse des impôts, la réduction des dépenses, tout ce qui a été décidé depuis le début du quinquennat au nom du « redressement »et au prix d’une impopularité record ne sert à rien. Faute de croissance, les recettes manquent par dizaines de milliards. Comment arrêter l’hémorragie ? Ce sera le devoir de vacances de François Hollande et de Manuel Valls. Autant dire pas de vacances du tout.
Pendant l’été, Jacques Attali, l’ancien sherpa de François Mitterrand, l’homme que les présidents de la République aiment consulter, bâtit un plan audacieux. Trois points de hausse de TVA dont les recettes seraient réparties en trois tiers : un pour continuer de réduire le déficit, un autre pour alléger les cotisations salariales et donc augmenter les salaires, le dernier pour relancer l’investissement. Soit un « choc » de 22 milliards d’euros, un de plus dans ce quinquennat que François Hollande aurait voulu normal et qui se révèle jalonné de tentatives vaines pour rallumer la croissance.
Jacques Attali sait qu’il manie un bâton de dynamite : à peine installé à l’Elysée, François Hollande s’était empressé d’enterrer le projet de TVA sociale annoncé par Nicolas Sarkozy pendant la campagne présidentielle. Il avait ensuite touché au taux de cet impôt, mais de façon très précautionneuse car la taxe sur la valeur ajoutée a toujours eu mauvaise réputation à gauche. Comme elle est proportionnelle et que tout le monde la paie, on l’accuse de frapper les pauvres plutôt que les riches.
L’état de la conjoncture mérite cependant de reconsidérer le problème, car l’inflation est si faible et la demande des ménages si réduite que les entreprises ont intérêt à ne pas répercuter intégralement la hausse sur le consommateur. Bien menée, l’opération peut redonner une bouffée d’oxygène au malade, d’autant que la TVA a un gros avantage : elle taxe les importations, détaxe les exportations, elle est l’équivalent d’une dévaluation fiscale.

TROP DUR À AVALER

A Brégançon, le 15 août, en marge des cérémonies commémorant le débarquement des forces alliées en Provence, François Hollande et Manuel Valls déjeunent en tête à tête sous un soleil de plomb. La hausse de la TVA est au menu. Les deux hommes, séduits, conviennent d’en faire expertiser les effets par les services de Bercy.
Un mois plus tard, il ne reste plus rien de la mesure, car même réduite de 3 à 2 points, la hausse paraît politiquement trop dure à avaler. Un an auparavant, le chef de l’Etat s’était engagé sur une « pause » fiscale, suivie d’une baisse, pour contenir la jacquerie qui montait dans le pays. Difficile de se dédire. Et c’est ainsi que le 10 septembre, Michel Sapin, privé de recettes nouvelles, est contraint d’avouer l’inavouable : le déficit public est reparti à la hausse. Les finances de la France ressemblent à un bateau ivre, avec une dette publique qui a désormais franchi le seuil symbolique des 2 000 milliards d’euros, comme l’annonce l’Insee fin septembre.
Une si longue crise. La dépression qui mine le pays, la crainte du déclassement qui le taraude sont intimement liées à la panne de résultats qui, tel l’acide, ronge le crédit politique : 2012, 2013, 2014, trois années de quasi-stagnation économique accompagnée d’une flambée du chômage, deux revers pour François Hollande, qui a eu l’imprudence de promettre, à peine élu, le retour imminent de la croissance et l’inversion de la courbe du chômage.

QUELQUE CHOSE NE COLLE PAS

De tous les candidats de gauche, le député de la Corrèze se voulait pourtant le plus lucide et le plus rigoureux. L’économiste Elie Cohen qui, avec trois confrères, Philippe Aghion, Gilbert Cette et Jean Pisani-Ferry, lui fournit des notes détaillées pendant la campagne, se souvient d’un homme « qui voit juste sur l’état du pays et dont la pensée est très structurée »François Hollande débute la primaire avec trois pactes dans sa poche : productif, budgétaire, éducatif. Plus Nicolas Sarkozy se débat avec les déficits, plus il s’engage fort, jusqu’à promettre le retour à l’équilibre des comptes publics fin 2017.
L’ancien premier secrétaire du PS se veut le plus sérieux des socialistes, mais il ne dit pas tout. Parce que le sujet le gêne, il occulte l’autre grand problème de l’économie française : la perte de compétitivité qui creuse le déficit commercial. Les experts qu’il a réunis à deux reprises à la Maison de l’Amérique latine, à Paris, ont pourtant sorti leurs chiffres et leurs graphiques. Tous ont mis en évidence l’effondrement du taux de marge dans l’industrie depuis dix ans. Tous ont insisté sur la thérapie de choc à mettre en œuvre : un allégement massif des charges patronales financé, soit par de la TVA, soit par de la CSG.
François Hollande les a écoutés, mais il n’a pas bronché. Cette « politique de l’offre » ressemble trop à des « cadeaux » aux entreprises, elle ne colle pas du tout avec la musique de gauche qu’il amplifie au fil des mois pour étouffer le rival Mélenchon. On lui recommande de baisser l’impôt des entreprises, et lui, parle des profits indus du CAC 40, du « véritable adversaire » qu’est la finance, et des riches qu’il veut désormais taxer à 75 %. Quelque chose ne colle pas.
« Le problème du quinquennat, c’est qu’on ne pouvait pas tout faire en même temps : réduire les déficits et mener la révolution compétitive »,diagnostique après coup l’ancien ministre de l’économie Arnaud Montebourg, en calculant que « la gauche aura levé 3,5 points de PIB d’impôts depuis qu’elle est arrivée au pouvoir »ce qui est considérable.

LE REMÈDE ACHÈVE LE MALADE

Fallait-il inverser l’ordre des priorités une fois élu ? François Hollande ne s’est pas posé longtemps la question, car dès son élection, l’urgence le rattrape : la France a perdu, quelques mois plus tôt, le triple A qui lui permet d’emprunter à faible coût, la crédibilité du pays est au plus bas, il faut d’urgence donner des gages à Bruxelles au prix d’une nouvelle rafale d’impôts qui s’ajoute aux hausses du gouvernement Fillon. Mal calibré, le remède achève de tuer le malade : au lieu de repartir, la croissance cale.
Politiquement, l’impasse est redoutable car si, à coups de crédit d’impôt compétitivité emploi (CICE) et de pacte de responsabilité, les entreprises ont fini par obtenir ce qu’aucun gouvernement de droite n’avait osé leur accorder – 41 milliards d’euros d’allégements de charges –, elles n’ont pas un geste de reconnaissance pour ce gouvernement qui les a d’abord durement ponctionnées.
L’électorat populaire a décroché, tandis qu’une partie de la gauche peine à se retrouver dans la « politique de l’offre », désormais ouvertement revendiquée par Manuel Valls. « François Hollande s’est aliéné de larges pans de la population, sans en rallier d’autres à sa cause »,constate Daniel Cohen, le vice-président de l’Ecole d’économie de Paris.
C’est grave, car pas plus que les députés frondeurs qui réclament un changement de cap, l’économiste n’entrevoit de rebond de la croissance.« 50 milliards d’euros de baisse des dépenses publiques dans le contexte actuel, cela risque de précipiter la chute de la demande », s’inquiète-t-il en murmurant : « Désormais, seuls Draghi et Juncker peuvent nous sauver. » Mario Draghi, le président de la Banque centrale européenne, Jean-Claude Juncker, le nouveau président de la Commission européenne. Inquiets l’un et l’autre de la faible croissance européenne et des risques de déflation, ils tentent, à coups de politique monétaire accommodante et de plans de relance, de faire repartir la machine.

« UN GULLIVER ENTRAVÉ PAR SES BLOCAGES »

La France sauvée par l’Europe ? Ce serait, somme toute, le meilleur des scénarios possibles au moment où le Front national prospère sur l’idée de la double impasse française et européenne. Car « pour les gens, c’est manifeste, ceux qui nous gouvernent n’ont plus les manettes », constate Laurent Berger, le secrétaire général de la CFDT. Plus brutal encore, Jacques Attali évoque un « Etat vidé de son pouvoir » et proclame ne plus rien attendre du politique, qu’il décrit comme « un Gulliver entravé par ses blocages qui, pour survivre, entretient le marché des “résignés réclamants” au lieu d’aider les citoyens à devenir eux-mêmes ».
La dévitalisation du politique dans un pays qui y a toujours cru est l’un des symptômes les plus inquiétants de la crise qui frappe le quinquennat Hollande, mais les racines sont anciennes. « Quels que soient le contexte et la couleur politique des gouvernants, le pays a eu le plus grand mal, depuis la fin des “trente glorieuses”, à tirer les conséquences de son ouverture au monde », constate Elie Cohen. La succession de relances à crédit, l’accumulation de dettes, la dégradation de l’appareil productif sont, selon lui, les symptômes d’une incapacité chronique à adapter le modèle français à un monde qui bouge de plus en plus vite.
Mai 2007 : Nicolas Sarkozy a proclamé « la rupture ». Le nouveau président, tout feu, tout flamme, promet de « libérer » le pays de ses « blocages » après la fin de règne crépusculaire de Jacques Chirac. Mais à peine élu, il s’en va négocier un nouveau délai à Bruxelles en refusant de réduire la dépense publique : pour réformer, explique-t-il, il faut de la croissance, pas de la rigueur. Et lorsqu’il commence la réforme des régimes spéciaux de retraite ou celle du service minimum, il y met d’infinies précautions afin d’éviter toute crispation.
Quatre mois plus tard, son premier ministre, François Fillon, dénonce un « Etat en situation faillite » en s’inquiétant des réformes à peine engagées et à moitié faites. La joute a beau se dérouler en coulisse, elle n’est pas mineure : comme Jacques Chirac et François Hollande, Nicolas Sarkozy pense que les Français sont un peuple régicide qu’il vaut mieux ne pas énerver. François Fillon croit à l’inverse que le pays meurt de ses blocages et qu’il est mûr pour les réformes.
La querelle n’est toujours pas vidée, car deux ans après sa défaite, Nicolas Sarkozy est reparti en campagne, comme s’il n’avait pas perdu, comme si tout était de la faute d’un François Hollande « sonné » et « sans stratégie », alors que l’héritage était en réalité très lourd. Et pas seulement à cause de la crise des subprimes qui, à partir de septembre 2008, ébranle l’économie mondiale. « Aujourd’hui, le pouvoir macroéconomique est égal à zéro parce que la France pèse moins qu’une province chinoise », s’alarme René Ricol. Pour l’ancien commissaire général à l’investissement, « la seule façon de ramener un peu de croissance mondiale dans l’Hexagone est de conclure un accord patriotique avec les grands groupes français ». Une autre façon de dire que le champ du politique s’est dramatiquement rétréci.

Chronique d'une défaite annoncée (22) : nouvelles élections en vue et espoir d'un renouveau.

J'avais, en cette fin avril, évoqué presque les mêmes propositions qu'aujourd'hui :

"il est clair aujourd'hui que le Parti Socialiste à Hénin-Beaumont doit se reconstruire à partir de militants n'ayant pas été compromis avec les pseudos gens de gauche qui ont géré la ville, sans scrupules. Il faudra être patient pour cela: nettoyer les écuries d'Augias prendra du temps, mais les militants pourront s'investir, travailler et se former, dans un Parti propre . J'ai bien l'intention d'y apporter ma contribution". Les années qui ont suivi ont montré que le PS était incapable de se corriger... et pourtant l'idée y était : débarrassons-nous de ceux qui ont cautionné, par leur participation, les errements passés...à savoir les élus de 2008 et 2004. Maintenant il faudrait y ajouter ceux de 2009 !

- le PS 62, dans le Bassin Minier, a, trop longtemps, vécu sur des schémas figés, sans renouvellement régulier de ses cadres politiques, ce qui a nuit à son dynamisme et empêché l'osmose entre les dirigeants et les militants. Je suis prêt à participer à ce changement" . Même incapacité du PS

- "je maintiens qu'à Hénin-Beaumont, c'est autour du PS (revu et corrigé) et de l'AR que l'union de tous les démocrates doit se faire". J'y ai cru...... Mais le PS62 n'ayant pas fait son aggiornamento, cela devint vite illusoire...


Le 2 mai, la machine se mettait en route : Gérard Dalongeville, récemment mis en examen et écroué pour "détournement de fonds publics", a été suspendu de ses fonctions de maire d'Hénin-Beaumont pour un mois par la ministre de l'Intérieur Michèle Alliot-Marie, sur proposition du préfet du Pas-de-Calais, annonce la préfecture.

"Cette décision se fonde sur les manquements graves et réitérés de M. Dalongeville aux devoirs qui lui incombent en sa qualité de maire et d'ordonnateur et qui ont conduit à une profonde détérioration de la situation financière de la commune", explique la préfecture dans un communiqué.
L'arrêté en date du 27 avril a été publié samedi dans le Journal officiel, ajoute la préfecture précisant que "cette suspension est effective depuis sa notification à l'intéressé le 30 avril 2009".

J'en concluais que le Maire pouvait être ensuite révoqué après le délai d'un mois démarrant le jour où le décret est définitif: par décret motivé pris en Conseil des Ministres (art 2122-16 du CGCT).
On savait que suite à la révocation, le conseil municipal doit désigner un nouveau maire (en application de l'article L-2122 du CGCT).
J'annonçais alors que, vu les délais et les vacances d'été, les élections auraient lieu en septembre... le Préfet fit diligence et les élections eurent lieu dès la fin juin !

jeudi 16 octobre 2014

Chronique d'une défaite annoncée (21) : on en savait suffisamment en 2008 pour ne pas soutenir Dalongeville.


Il m'est reproché, de temps en temps, de ne pas avoir dénoncé suffisamment tôt les agissements de G. Dalongeville. Ne doutons pas que ceux qui s'expriment ainsi veulent se disculper de leur inaction de l'époque. D. Percheron a toujours affirmé, par exemple, qu'il ignorait, jusqu'à l'arrestation de son protégé, ce qu'il avait fait. Nombre de conseillers régionaux socialistes ont entendu mes rapports alarmistes relayés depuis 2007 sur ce blog : j'ai bien peur que, à part Stella Duneufjardin, aucun ne témoignera de ce que j'ai pu raconter (peut-être MN Lienemann ?). 
Ce que je savais, à l'époque venait d'employés municipaux outrés, des rapports et avis de la CRC, dont les visites s'interrompirent en 2006 et 2007 (et là, la responsabilité de l'Etat est énorme), de la fureur de fournisseurs évincés ou non payés. A l'époque, l'Alliance Républicaine et La Voix du Nord rapportaient également les dérives dalongevilliennes...

Les 28 et 29 avril 2008, je mettais sur la table les affaires dont on parlait dans les milieux informés : ainsi l'intermédiation d'un entrepreneur condamné lors du procès de Béthune, en 2013. L'affaire du Cèdre bleu n'a jamais été évoquée en justice, on se demande bien pourquoi, tant la ville a favorisé (et c'est un euphémisme)  le locataire qui était cet entrepreneur. L'affaire était bien connue (http://alpernalain.blogspot.fr/2009/04/pele-mele-heninois-3.html). Par ailleurs, le véreux Guy Mollet était connu comme le loup blanc et l'on se racontait les affaires douteuses en liaison avec la mairie, à travers le Journal du Pays. Sans connaître les détails, tout le monde savait qu'il y avait là une pompe à fric (voir le même post que ci-dessus). 
Le lendemain (http://alpernalain.blogspot.fr/2009/04/pele-mele-heninois-4.html) j'évoquais d'autres affaires aussi connues depuis quelque temps, et que la CRC a évoqué plus précisément : l'histoire de la SARL Tilloy (sans suites judiciaires) et les taxis aériens, évoqués à Béthune.
Et encore n'évoque-t-on qu'une partie des dossiers, un lecteur en énumérant d'autres bien connus depuis plusieurs années : "Quid de la voiture de fonction de P.Darchicourt, Quid du Centre Pedestre, Quid de la Saemic, Quid de la Carpe Héninoise, Quid de la Course cycliste Hénin/Dourges, Quid du Tournoi International de football Hénin/dourges, Quid de l'organisation des Médiévales, feu d'artifice..."
Cimares donnait une réponse indirecte : "Curieusement, les autorités socialistes de ce département et de la région ont fait fi de ces faits pourtant rapportés par A. Alpern en leur temps. A Alpern n'était pas le seul à dénoncer ce système et d'autres militants socialistes l'on payé puisqu'ils se sont trouvés radiés de fait de la section avec beaucoup moins d'égards que ceux développés aujourd'hui par le national pour statuer sur le maintien de Dalongeville dans les rangs du PS.
Cela me rappelle le système féodal de la preuve où il fallait dix témoins du tiers état pour valoir un seul témoignage de la noblesse.
Le parti socialiste du Pas de Calais a amélioré le système féodal: même cent témoignages des militants ne valent jamais les dires de du maire socialiste d'Hénin Beaumont
Ce qui est vrai pour Dalongeville vaut pour les autres.
Étonnons nous après de l'estime et de la crédibilité portés au monde politique par le commun des mortels...
Vous faites tâche dans ce monde, M. Alpern, et permettez moi de vous féliciter. Votre action permet de sauver l'idée que l'on peut avoir du parti Socialiste. L'on peut alors imaginer que ses dirigeants locaux ne sont pas qu'une association de malfaiteurs puisqu'ils n'ont pas encore osé demander votre exclusion.
Bravo! vous êtes l'exception à la règle de soumission que je ne cesse de vilipender et qui a fait la force (et la faiblesse) de la fédération de ce département."
Je vous invite à lire les autres commentaires sous l'article du 29 avril.

Je réitère donc ce que je disais précédemment : beaucoup des turpitudes de Dalongeville étaient connues avant 2008. Je n'ai fait que les rapporter en menant des enquêtes pour préciser leur ampleur et c'est la CRC qui a donné les détails.
C'est pourquoi j'en veux à ceux qui ont suivi Dalongeville en 2008 et qui ont réitéré en 2014. Les premiers étaient autant au courant que moi, et pourtant ils ont fait liste commune avec l'aval de la Fédé du Pas-de-Calais, les seconds ont dû être frappés de surdité lors du procès de Béthune, puisqu'ils ont accepté d'être sur sa liste 9 mois plus tard !

mercredi 15 octobre 2014

Au sujet du présent blog...

J'ai toujours souhaité que ce blog soit, non seulement un espace où je partage mes réflexions sur des sujets de société, et pas seulement politiques, mais également un lieu d'échanges sur les sujets les plus divers. J'essaye de contenir les débats dans des limites pas toujours faciles à définir (ce qui m'a valu quelques ennuis judiciaires...).
Bien sûr que des haines personnelles s'assouvissent, que les esprits s'échauffent et que des trolls tentent d'imposer leurs points de vue avec la mauvaise foi qui les caractérise... Bien sûr, et c'est ce que je réprouve le plus, des commentaires ne sont pas argumentés et sont balancés à l'emporte-pièce. On peut le comprendre quand il s'agit du cri du cœur, mais leur répétition est souvent suspecte...
Il en est ainsi, concernant une lectrice, extérieure à la ville et à la région, mais qui connait bien la situation locale, et qui intervient ici fréquemment pour donner son point de vue, d'autant plus intéressant qu'il est extra-muros et, donc, forcément, pour nous, un œil sinon totalement objectif, mais du moins plus détaché de la réalité quotidienne. Depuis l'arrivée du FN à HB, cette internaute, désolée qu'il en soit ainsi, essaye de nous informer de ce qui se passe dans les autres villes frontistes, à travers des articles de presse. Louable souci, repris, d'ailleurs, par d'autres, dans des blogs spécialisés sur le sujet. J'ajoute que notre informatrice est enseignante et conduit des expériences intéressantes en matière d'alphabétisation dans des milieux dits défavorisés. Enfin, elle est cultivée et dit ce qu'elle pense.
On peut penser ce que l'on veut de ses interventions. On peut ne pas être d'accord et argumenter, on peut ne pas être intéressé par ce qu'elle écrit et alors on ne lit pas ses commentaires... On peut même être d'accord ou simplement intéressé par ses points de vue. Mais je réprouve les quelques intervenants (ils sont peu nombreux, à vrai dire) qui veulent imposer ce qu'ils pensent. Leurs méthodes sont odieuses : ils attaquent la personne, mais jamais les idées, parce que, probablement, ils n'en sont pas capables. Mais leur idée fixe est de bouter hors ce blog cette personne qui a l'outrecuidance de dire son opposition au Front National. Alors, évidemment, leurs commentaires commencent souvent par "je ne suis pas du FN et même j'y suis opposé, mais..." . Autre biais : "X traite de frontiste ceux qui ne sont pas d'accord avec elle, mais, moi, je suis opposé au FN... "Comme ces commentaires sont anonymes, on peut raconter ce que l'on veut et se vautrer dans la lâcheté : rien de plus facile si on est sincère de signer son opposition ! S'immiscer ainsi, anonyme, dans un espace de liberté pour imposer son opposition à ceux qui pensent différemment, porte un nom : le trolling ! Dans le cas présent, le ou les trollers veulent empêcher les critiques concernant le sujet précis du FN et attaquent la personne visée sous différents angles. Si notre lectrice réagit, ils enfoncent le clou et la polémique tant voulue s'engage : le troller a atteint son but...
Pour éviter ce "bashing" (terme à la mode actuellement signifiant notamment : mise au pilori, critique avec volonté de nuire...), je censure tout ce qui est atteinte à la personne ou volonté d'engager une polémique. Quand une réponse est argumentée, je valide le commentaire. Difficile, car le troller a plusieurs cordes à son arc. Il va même jusqu'à traiter les autres de... troll ! J'ajoute que le fait de proposer des "copié-collé" n'est pas critiquable, puisque sont, ainsi, relayées des informations parues ailleurs. Mieux vaut cela que plagier...
En conclusion : si vous ne partagez pas l'opinion de notre blogueuse, vous le dites gentiment et vous expliquez pourquoi. Sinon, au choix : vous ne lisez plus ses commentaires s'ils vous indisposent, ou, après avoir lu, vous passez à autre chose... 

mardi 14 octobre 2014

Qu'est-ce à dire ?

En bleu : texte AA
En noir : texte La Voix du Nord


Beaucoup de personnes ont été choquées par le panégyrique dressé par le quotidien régional au sujet de la double page consacrée à Hénin-Beaumont, samedi dernier.

Passe encore la litanie des regards chaleureux portés par des gens rencontrés dans Hénin, par exemple :
On est contentes, enchantées avec Steeve. Il se donne quand même! En réparation de voiries, tout est fait, ils ont mis des ralentisseurs, c'est bien.» Pourtant, Pauline le reconnaît, elle «avait peur du FN». La voilà, visiblement, rassurée.
Notre commerçant marocain en est persuadé: «Ici, les gens ne sont pas racistes. Ceux qui votent FN, ce sont ceux qui n'ont rien.»"
"Même sur l'arrêté anti-mendicité pris par la majorité FN qui a été suspendu par le tribunal administratif. Interrogés, les agents s'expliquent sans difficulté: «On ne fait pas ça pour l'arrêté, ce sont des gens qui se plaignent.» Des commerçants, des clients du marché? «Des gens.»"
Le summum de ce favoritisme surprenant : " N'allez pas croire pour autant que les agents sont à 100% derrière le maire frontiste. L'un d'eux nous explique:«Moi, je suis plutôt à l'extrême gauche. Mais il faut reconnaître qu'il y a moins de passe-droits avec lui. C'est plus sérieux.»" Même là, Briois a tout bon !
On pourrait penser que le journaliste n'a pas rencontré de personnes critiques. A part Madame Marie-Françoise Gonzales de la friterie du centre ville, opposante de toujours au FN (AA : au point que Marine Le Pen a tranché qu'elle vendait les plus mauvaises frites d'HB, alors que, et pour cause, elle n'a jamais mis les pieds dans son échoppe !). Mais le journaliste a tranché sur l'opinion émise par Mme Gonzales : "Qu'on le veuille ou non, ce n'est vraisemblablement pas le cas de tous les Héninois" !
Après avoir, probablement, interrogé le maire, le journal dresse l'action positive du bilan de de son équipe, 6 mois après son arrivée :
 "Steeve Briois, son ambition pour Hénin-Beaumont et ses remèdes pour remettre cette ville de 27 000 âmes dans le sens de la marche, cela fait si longtemps qu'il les peaufine qu'il n'a guère mis longtemps avant de trouver son rythme de croisière." 
" Le nouveau maire et son équipe se sont lancés dans la mise en place d'un plan d'économies qui, en cet automne, commence à porter ses fruits (aucune preuve : ce sont les déclarations majorales). 
Mieux même, le journal affirme péremptoirement : "Partout les marchés désenflent, avec une telle facilité qu'on se demande bien pourquoi les prédécesseurs de Steeve Briois n'ont pas opté pour cette pratique salvatrice."
Et la conclusion tombe sentencieusement : 
"Un maire dont on redoutait le profil croque-mitaine et qui, depuis 6 mois, surfe sur une popularité rappelant les premières années Dalongeville" 
Pour preuve, on reprend ce qui a été fait, soi-disant, et sans esprit critique, en 6 mois :
"Baisse de l'imposition locale. En avril, la taxe d'habitation a été baissée de 10%. Pour 2015, une baisse, moins significative, est dans les tuyaux."  On aurait pu explique que c'était la baisse annoncée par l'équipe précédente...
Plan d'économie. Il est en route depuis quelques mois avec une politique de mise en concurrence qui amène à l'effondrement des prix des marchés de 5 à 30% (aucune preuve !). 
Réorganisation de la police municipale. Avec l'arrivée d'un nouveau chef, le service est en cours de réorganisation vers un fonctionnement non-stop le week-end, une politique d'îlotage accentuée sur certains quartiers, la création d'une brigade canine (ce ne sont pourtant que des effets d'annonce...)
Logements d'urgence. Les deux premiers, aménagés dans des bâtiments municipaux, seront opérationnels, début décembre. C'était pas si urgent pour avoir attendu 9 mois !
Création d'un «Pôle entreprendre». Les publics à l'entreprenariat par un guichet d'aide à la création et la transmission d'entreprise, telle sera la mission de cette structure qui ouvrira, fin novembre, place de la République. Faciliter l'accès de tous. C'est du vent ! D'ailleurs la compétence économique est du ressort de l'Agglo !
Réouverture de la salle Léo-Lagrange. Incendiée en 2000, la vaste halle des sports du centre-ville s'est depuis lors muée en friche. Sa rénovation a été actée lors du dernier conseil municipal. Effet d'annonce !
Quelques opposants politiques ont été interrogés (sur un quart de page de la seconde consacrér au sujet !) : G. Dalongeville (dont on rappelle, en gras, sa condamnation judiciaire, de première instance !) tente de justifier son étonnant vote du budget, E. Binaisse, l'ancien maire, se félicite que les finances soient assainies grâce à lui, David Noël met en avant le renvoi de la LDH, le fiasco de l'arrêt anti-mendicité et l'aspect anti-démocratique des conseils municipaux..

Que recherche le "grand quotidien régional" en dressant un portrait aussi flatteur de la majorité municipale frontiste?