lundi 22 septembre 2014

Peut-on être franc-maçon ou juif et d'extrême droite (1) ?

Lors du passage de Serge Moati sur Canal plus, dans Le Petit Journal, le 16 septembre, à l'occasion de la sortie de son livre consacré à JM Le Pen, le réalisateur avoua une "certaine sympathie", à l'égard du fondateur du FN? Certes, il évoqua bien quelques-unes de ses réticences sur ce constat, mais il eut du mal à faire partager ce sentiment... Sur le présent blog, la question s'est traduite par : "Peut-on être franc-maçon et d'extrême-droite ?" Comme Serge Moati a lui-même mis en avant le fait qu'il était juif et franc-maçon, j'ai complété la question comme indiqué dans le titre...
Avant d'aller plus avant, je souhaiterais apporter 2 remarques pour qu'il n'y ait pas d’ambiguïté dans ce qui suit :
- j'ai beaucoup d'admiration pour l'oeuvre de Serge Moati et, notamment, pour son questionnement perpétuel;
- et, c'est pour cela, que je l'ai trouvé "pathétique" dans son interview au cours duquel, il tenta de (se) convaincre de son admiration pour la personne de Le Pen. En moi-même, je me demandais ce qu'on aurait pu penser d'un journaliste des années 30/40, opposé aux idées d'Hitler, qui aurait dressé un portrait flatteur du personnage...

Mon propos n'est donc pas d'analyser ce que pense Serge Moati. D'autres le feront... Mais bien de vérifier si il y a compatibilité entre le fait d'être juif ou franc-maçon et de se déclarer d'extrême-droite (par commodité, je parlerai ici de Front National, mais cela n'exclue pas la mouvance autour de ce parti, qu'il s'agisse, par exemple, des Identitaires, des Soraliens et Dieudonnistes, ou de Riposte laïque). Le sujet a émergé (discrètement), il y a peu, quand un adjoint au maire frontiste d'Hénin-Beaumont (paraît-il gourou économique du FN) s'est présenté comme juif et franc-maçon. Il y a quelques années, JM Le Pen mettait en avant un Juif membre des hautes instances du FN...

1- Peut-on être juif et FN ?

Pourquoi se pose-t-on la question ? Tout simplement parce que le FN fut créé par des collabos de Vichy, des antisémites notoires, des gens de mouvances néo-nazies. Aujourd'hui que ces premiers adhérents disparaissent, les membres du FN essayent de se donner une image, sinon philosémite, du moins plus ouverte envers les Juifs. Voyons cela en détail :
- qui est juif ? chez les tenants de l'orthodoxie religieuse juive, sont juifs ceux qui sont nés de mère juive. Je connais beaucoup de personnes nées de mère non juives, mais de père juif, qui se sentent juives ou même se sont converties au judaïsme. De même, il existe des personnes, sans lien de sang avec le judaïsme, qui se sont converties au judaïsme. Mais le fait d'être juif vient-il seulement de la religion que l'on pratique ? Non, puisque des non-pratiquants et même des agnostiques ou des athées, souvent de parent(s) juif(s) se sentent juifs ! J'aime bien la définition suivante : est juif celui qui... se sent juif. Point-barre !
- l'extrême-droite est-elle antisémite ? Autour du FN gravitent des mouvements ouvertement antisémites (Alain Soral, longtemps adhérent du FN et toujours proche des Le Pen), antisionistes (le sionisme est une idéologie qui a disparu avec la création d'Israël) pour ne pas être catalogués antisémites. Tout ce beau monde se mélange avec les "révisionnistes" ou négationnistes (ceux qui disent que la Shoah n'a pas existé) et l'on voit le plus célèbre d'entre eux Faurisson, invité dans des réunions d'extrême-droite (chez Dieudonné par exemple). JM Le Pen s'est, d'ailleurs, déclaré intéressé par les travaux de Robert Faurisson.
- au FN, on essaye de gommer cette image. Malgré cela, le FN n'a pu créer de groupe au Parlement européen, parce que la plupart des autres partis d'extrême-droite européens le trouvaient antisémite ! Notons d'ailleurs que Marine Le Pen n'a jamais renié la saillie de son père : la Shoah, "un point de détail de l'Histoire". Le FN fait des efforts pour ne pas apparaître judéophobe : M. Le Pen est allé en Israël en 2012, une anecdotique Union des Français juifs soutient le FN, on a laissé filtrer que le compagnon, Louis Aliot, de la chef avait une grand-mère juive, et que David Rachline portait un nom juif (un Rachline a, effectivement, créé la Lica, l'ancêtre de la Licra, rappelle fréquemment JM Le Pen). Voir à ce sujet un article révélateur (http://www.jforum.fr/forum/france/article/david-rachline-fn-arrive-en-tete-a).
- Nul doute qu'aujourd'hui la phobie du FN envers les Musulmans rencontrent quelques échos chez certains Juifs qui constatent qu'une grande partie des actes antisémites (qui ont doublé pendant le premier semestre 2014) sont l'oeuvre de jeunes Maghrébins. Il me semble pourtant que les Juifs ne sont pas dupes de ce jeu du FN... Les autorités musulmanes ont bien compris, elles aussi, que l'on essayait de dresser Juifs et Musulmans les uns contre les autres.

On le voit, il paraît difficile à une grande majorité de Juifs de voir dans le FN un mouvement comme un autre : que ce soit "la France aux Français", l'antisémitisme affiché des fondateurs du FN (y compris JM Le Pen), le négationnisme, l'osmose entre le FN et la galaxie des mouvements d'extrême-droite ouvertement antisémites, voilà autant de points qui ne peuvent que tenir les Juifs (ou, tout au moins, ceux qui se reconnaissent comme tels) à distance du FN.

A suivre

dimanche 21 septembre 2014

Du côté du Gorafi...


Toulouse: il se fait abattre de 46 balles dans le corps pour avoir demandé un « pain au chocolat » 


C’est une histoire qu’on préférerait être une blague. Mais la tragédie, elle, est bien réelle. Hier aux alentours de 16H15, dans une boulangerie du centre-ville de Toulouse, Benjamin Malot, un jeune touriste parisien de 26 ans a été brutalement mis à mort. Son crime ? Avoir demandé à la boulangère un « pain au chocolat » et non une«chocolatine » comme on l’appelle dans le sud-ouest.


François Hollande change sa date d’anniversaire sur Facebook pour vérifier qui sont ses vrais amis 

Pour vérifier qui étaient ses vrais amis dans la tourmente qui dure maintenant depuis des semaines, le président français a réalisé une petite expérience. Il a changé sa date de naissance sur Facebook. Ainsi, ceux qui étaient amis avec François Hollande pouvaient voir qu’il fêtait aujourd’hui son anniversaire.
« Je ne conçois pas qu’un de mes amis ne se rappelle pas de mon anniversaire. Cette technique est très pratique pour faire le tri » explique François Hollande. Et certains n’y ont vu que du feu et y sont allés de leur petit message de sympathie au travers du populaire réseau social ou même par SMS. Une attitude qui a blessé profondément le président qui espérait que ses amis auraient relevé la supercherie immédiatement. « Oui cela fait plaisir, mais on sent qu’il y a une sorte d’automatisme. Comme un réflexe mais il n’y a pas de sincérité » .
Le président a d’ores et déjà commencé à supprimer de sa liste d’amis les prétendus amis tombés dans le piège. « Au moins je sais à quoi m’en tenir. Mon anniversaire était il y a trois semaines et certains l’ont déjà oublié ».

Le Pen réclame à nouveau « une dissolution, cent balles et un Mars » 

En guise de clôture des universités d’été des jeunes frontistes, la présidente du FN a appelé au « véritable changement » ainsi qu’à la remise d’un billet d’une centaine d’euros accompagné d’une barre chocolatée.
Plusieurs centaines de militants étaient présents à Fréjus ce week-end pour entendre prêcher la patronne du Front national. Une femme politique qui a fait part de ses désirs tant politiques que financiers et nutritionnels en déclarant : « L’échec prochain de Valls ne fait aucun doute. Il est donc temps de procéder à une dissolution de l’Assemblée. Mais il est également temps de recevoir les 100 balles et le Mars que nous méritons légitimement. »

Les chômeurs veulent un renforcement des mesures pour mieux contrôler l’efficacité du ministère du Travail 

Plusieurs organisations de chômeurs longue et courte durée se sont réunies ce matin à Paris. Au cours de cette réunion, il a été demandé au gouvernement de mettre en place une série de mesures pour vérifier que le ministère du Travail remplissait correctement sa fonction première. Reportage.
« Il y a des dysfonctionnements, il faut le dire, ce n’est pas un tabou » a expliqué Michel Grelain, responsable local d’une association de chômeurs de longue durée. Celui-ci refuse catégoriquement de parler d’une chasse au ministre qui ne dit pas son nom. « Soyons adultes, un peu. Il faut regarder les choses en face » a-t-il martelé face à la presse. « Nous ne voulons en aucun cas stigmatiser un ministère plus qu’un autre » a-t-il précisé. Une volonté affichée des collectifs de lutter contre certaines dérives ministérielles mais que certains voient comme un écran de fumée pour masquer d’autres réalités du moment.
Là aussi, le collectif campe sur ses positions. « Comme partout il y a des abus. Il y a des conseillers ministériels qui arrivent à 11h30 au lieu de 11h. D’autres abusent de la machine à café. Mais il ne faut pas que ces cas isolés viennent handicaper l’ensemble » précise Mariette Chanlou. Mais l’annonce des mesures a provoqué un tollé de la part des associations des assistants ministériels et du ministre lui-même qui regrette « un dramatique changement de cap  idéologique ». Le ministre lui-même a demandé  « un peu de retenue et de respect  et de compréhension» auprès de personnes qui sont au ministère du Travail non par choix mais victimes de la crise économique.


Chronique d'une défaite annoncée (15) : au sujet d'un "jeune loup"...

A l'occasion d'un post (http://alpernalain.blogspot.fr/2009/03/des-questions-sans-reponses.html) dans lequel je m'interrogeais sur certaines prises de position, je me posais des questions sur l'attitude de Pierre Ferrari. Le jeune socialiste (il allait mener une liste de gauche, quelques mois plus tard) qui s'était insurgé plusieurs fois contre des décisions de Dalongeville, avait procédé à la distribution d'un tract au même moment où un autre document l'était aussi :Pourquoi celui de P.Ferrari aussi long? Pourquoi ce dernier, au lieu de critiquer de l'intérieur de la majorité, ne démissionne-t-il pas? Connait-il la formulation du courage politique par JP Chevènement ("quand on n'est pas d'accord, on ferme sa g...ou on s'en va")? Regrette-t-il de ne pas avoir porté plainte quand son local a été fracturé par des sbires du Maire? P.Ferrari se prendrait-il pour le nouveau Dalongeville?"

Ces questions furent relayées par un commentaire de Cimares (fonctionnaire contraint au devoir de réserve et commentateur averti de la vie politique locale). Ce commentaire pointait du doigt certaines "vérités" que l'on retrouvera plus tard :
"J'interviens sur ce blog compte tenu du sujet développé sur l'attitude du jeune Ferrari. J'ai rédigé un commentaire sur le blog du MJS dans lequel j'insistais sur le fait que Ferrari, salarié du parti socialiste, ne pouvait être considéré comme un militant du parti qui le sert et le rémunère. je rappelais aussi le fait que d'autres jeunes militants socialistes, fidèles à leur idéal, savent, eux, militer dans l'anonymat sans que leurs noms soient matraqués en permanence sur le blog contrairement à celui de l'ancien adjoint au maire d'Hénin(-Beaumont  (AA : il avait été démis de ses délégations).
Je précisais en outre que la succession était bien assurée et que le système pas-de-calaisien de reproduction "en famille" perdurait chez certains jeunes plus préoccupés de leur avenir personnel que des sujets variés sur lesquels ils prétendent donner des leçons.
Enfin le système est bien parti pour être reproduit par ceux-là mêmes dont le but semble être de se faire un nom pour une élection future qui, à n'en pas douter, rapportera plus qu'un emploi ordinaire de salarié.
Ce commentaire semble déranger puisqu'il a été retiré.
Ce n'est d'ailleurs pas la première fois: chaque fois que la situation salariale ou personnelle autre que celle "officielle" martelée en permanence du "membre de l'instance nationale " ( AA : Mouvement des Jeunes socialistes) est évoquée, cela dérange le modérateur (AA : Pierre Ferrari) qui retire le commentaire; commentaire qui n'est pourtant pas offensant, puisqu'il ne fait que donner un autre éclairage, au vu de la réalité des faits, sur la personnalité du jeune qui aspire à bénéficier d'un emploi électif. (AA : on notera l'humour concernant "l'emploi électif").


Dans un article spécifique sur le sujet (http://alpernalain.blogspot.fr/2009/03/henin-ville-de-la-censure.html), quelques jours plus tard, j'ajoutais : "ayant dit qu'il s'agissait probablement d'une erreur plutôt que d'une censure, j'ai, moi-même, "posté" ladite réclamation sur le blog du MJS. Elle fut retirée dans les minutes suivantes avec l'indication que le post était en cours de modération! Près de 24h après, la mention est toujours la même!" Il s'agissait donc bien d'une censure pour "crime de lèse-majesté" ! Pratique que je mettais en parallèle avec le fait "qu'à 2 occasions le Maire a, l'an dernier, fait acheter, en ville, tous les exemplaires du quotidien Nord-Eclair, ce dernier ayant eu la mauvaise idée de commettre des articles sur sa gestion, suite aux différents rapports de la Chambre Régionale des Comptes (bien entendu, Nord-Eclair n'a jamais été autant lu que ces jours-là!)". Ma question : "P.Ferrari se prendrait-il pour le nouveau Dalongeville?" prenait toute sa saveur !

Le 8 mars, Cimares récidivait : 
"Bis repetita à quelques jours: j'ai rédigé hier samedi un texte d'intervention sur le blog du MJS, pas tendre certes, mais raisonné. Il a aussitôt été retiré sans commentaire comme d'habitude. Et comme le veut un système de censure, il n'y a aucune explication. On feint l'ignorance. 
La mise en garde d'A Alpern n'aura donc servi à rien et le rouleau compresseur de l'ex adjoint au maire MJS est bien en marche, ce qui tend à démontrer la réalité des analyses menées jusqu'à présent".
2 jours après, ce matraquage produisait un résultat :le 2eme commentaire qui avait été encore censuré sur le blog du MJS et qui vous a fait réagir vient de réapparaître ce matin, par enchantement sur le blog sous la rubrique consacrée à Florence Cassez.
Sans commentaire de l'auteur de la censure... On ne peut guère tout demander", écrivait Cimares...

samedi 20 septembre 2014

Chronique d'une défaite annoncée (14) : les affaires continuent, les élus se font prier...

Lors du conseil municipal du 12 février, je remarquais ce qui suit (une conseillère municipale, Marion, dite Marine, Le Pen, est, d'ailleurs, intervenue sur le sujet) : "Comment un maire adjoint peut-il engager la ville au point de négocier le prix d'achat des terres agricoles, de signer le permis de construire, alors que l'exploitant, bénéficiaire de la cession, est l'adjoint lui-même (sans parler d'autres terres appartenant et/ou exploitées par sa famille)!!! Je ne pense pas beaucoup me tromper en qualifiant cela, au minimum de conflit d'intérêts, et pour ne pas dire plus... Le maire a été bien imprudent de soutenir son adjoint contre les attaques de Marine Le Pen, alors que tout cela relève apparemment de la justice pénale..." Cela vint effectivement devant la justice, mais le juge déclara alors l'affaire prescrite... à 8 jours près... Le juge s'appelait Pichoff. C'est celui même qui fut, peu de temps après, suspendu pour des faits présumés de corruption, dans différentes affaires au tribunal de Béthune. Il n'a toujours pas été jugé, depuis...

Le 22 février, je reprenais un interview que j'avais accordé pour expliquer la situation héninoise (http://alpernalain.blogspot.fr/2009/02/ayant-ete-interviewe-par-un-journaliste.html)  J'expliquais le fort vote FN (en recul ailleurs en France) par le fait que l'UMP n'existait pas à HB et ne pouvait, de ce fait, "pomper" l'électorat séduit par les idées sécuritaires qui se portait, à défaut, vers le FN. "Par ailleurs la médiocrité des personnels politiques, leur mauvaise gestion de la Ville, les rumeurs sur les malversations, ont fait penser aux électeurs que le "Tous pourris" des extrémistes se vérifiait". C'est ce même dernier argument que j'ai repris après les élections municipales de 2014 qui virent la victoire du FN, dès le premier tour.
Concernant les "affaires", je résumais ainsi la situation : 
- les rumeurs : cela fait plusieurs années que les bruits les plus fous courent dans la ville. En parallèle des multiples passages de la CRC, les interventions des brigades financières mêlant interrogatoires et fouilles en Mairie et à l’extérieur, font présager le pire, à tort ou à raison. Mais tant que la justice ne s’est pas prononcée, nous devons respecter la présomption d’innocence de chacun : même les mises en examen, semble-t-il avérées, de proches du Maire, ne seront pas une preuve de culpabilité.
- Les faits : outre les constats de la CRC, il y a eu des dénis de démocraties impossibles à soutenir pour des démocrates : l’achat, à 2 occasions, par du personnel de mairie, de tous les exemplaires d’un quotidien régional qui faisait sa « une » sur les affaires héninoises ; l’absence depuis 8 ans d’espace réservé à l’opposition dans la communication locale, pourtant une obligation légale; l’effraction du local des Jeunes Socialistes par un cadre de la Mairie ; l’embauche massive de personnel juste avant l’élection, etc, etc…sans parler de la probable mise en cause pour prise illégale d’intérêts d’un adjoint, de mensonges établis du Maire (sur un dossier appelé Parcolog, par exemple)…

Je répétais (voir le n°13 de cette chronique) le lendemain  ce que devaient faire les élus en place pour précipiter la fin de Dalongeville : "Je crois que GD et sa majorité, complice, doivent démissionner de leur mandat. Il est fort peu probable que le Maire le fasse, persuadé (?) que sa vision est juste ! Mais ses colistiers, qui ne peuvent pas ne pas savoir que leur responsabilité morale, et même pénale pour certains, est en jeu, sont mouillés et leur obstination à jouer les autruches pourraient entacher leur réputation pour très longtemps. En ce qui me concerne, je pense que l'on pourrait les accuser, malheureusement le délit n'existe pas, de non-assistance à ville en danger...
Comme tous les élus d'opposition sont prêts à démissionner le moment voulu, et que nous savons que certains élus de la majorité le sont aussi, reste à convaincre quelques hésitants pour arriver à un tiers de démissions (y compris les suivants sur la liste majoritaire). Je comprends d'ailleurs ceux qui se posent des questions: pris entre un maire rassurant, et des vérités difficiles à admettre pour des démocrates, le dilemme est cornélien: le courage politique n'est pas la "chose la mieux partagée du monde"!" 
J'ai déjà raconté que les élus hésitants, que j'avais pris soin de contacter individuellemen, ne furent pas très courageux. Aujourd'hui, certains disent (et réécrivent ainsi l'histoire) qu'ils démissionnèrent quand même quelques mois plus tard, mais s'ils se résolurent alors à le faire, c'est bien parce que le Préfet avait téléphoné à MN Lienemann la veille de la décision de révocation de Dalongeville, afin que la démission des élus (selon les modalités que j'avais exposées) empêche de réélire un maire en conseil municipal (maire qui aurait été une marionnette pour GD) et provoque de nouvelles élections.

vendredi 19 septembre 2014

Le mythe de la croissance

 Comment persuader nos gouvernants, hommes politiques, économistes  et journalistes que la croissance, dans nos pays développés et, bientôt dans les autres pays, ce sera terminé pour 2 raisons :

- on ne peut tirer sur la corde, chaque année, pour faire plus, sans rompre cette corde... C'est ce qui est expliqué ci-dessous par Jean Gadrey, économiste lillois (il a beucoup publié et écrit dans Alternatives économiques, Reporterre...)

- on a utilisé à fond les matières premières à l'origine de la croissance depuis la révolution industrielle au 19ème siècle et, par définition, elles ne se renouvellent pas: en attendant la fin de cette exploitation, il est temps de passer à autre chose...
Contre cette idée de changement de paradigme, le capitalisme fait feu de tout bois pour nous faire croire le contraire. Il est temps d'anticiper cette fin du capitalisme qui, avec le financement des infrastructures, a eu son âge d'or. Nous avons quelques dizaines d'années pour changer notre façon de vivre. Ne pas agir maintenant est criminel pour nos descendants !

Reporterre, le quotidien de l'écologie

http://www.reporterre.net/spip.php?article6309

Moins de croissance, c’est plus d’emploi

JEAN GADREY
lundi 15 septembre 2014

Il n’est pas d’antienne plus tenace que celle de la croissance, rabâchée en choeur par les médias perroquets. C’est qu’il s’agit là d’une croyance quasiment mystique : « Pour combattre le chômage, il faut une croissance forte. » Mais en fait, moins de croissance serait au contraire bénéfique à l’emploi.



Nous avons vécu pendant des décennies sur une croyance qui avait une (relative) validité : pour créer de l’emploi et combattre le chômage, il faut une croissance « suffisamment forte ». Pourtant, même au cours de cette période, des « Trente Glorieuses » aux années 1990, cette croyance avait plusieurs limites :
1) La qualification « suffisamment forte » dépend de plusieurs facteurs. D’abord, du niveau des gains de productivité (= produire autant de quantités avec moins de travail) qui réduisent l’emploi s’il n’y a pas de croissance du volume produit. Pour ajouter des emplois, à durée du travail identique, il faut que la croissance soit supérieure aux gains de productivité.
2) Avec un même taux de croissance, on peut créer plus d’emplois si la durée moyenne du travail diminue. C’est ce qui s’est produit, massivement, de1966 à 2002 (cf. le graphique 1). Si l’on en était resté au niveau de 1966, on aurait peut-être aujourd’hui six millions de chômeurs EN PLUS ! Ce mouvement a pris fin depuis 2002, ce qui n’est pas pour rien dans l’explosion du chômage (le taux de chômage était de 7,7 % en 2001).

- Graphique 1 -
3) Dernière raison : la forte croissance passée a signé l’entrée de l’humanité dans une crise écologique redoutable. C’est à la fin des Trente Glorieuses que le niveau des émissions de gaz à effet de serre a commencé à dépasser celui que la nature peut absorber sans dommage pour le climat. Difficile dans ces conditions de voir la quête de croissance comme un facteur de progrès.
Quoi que l’on fasse, la croissance va prendre fin
Au cours des dernières années, on a assisté à d’intéressantes « conversions »de quelques économistes de renom, admettant ce qu’une poignée de précurseurs avaient affirmé bien plus tôt : il ne faut plus trop compter désormais sur le retour d’une « belle » croissance, au moins dans les pays riches. Il faut dire que la courbe historique des taux de croissance depuis 1950 (graphique 2 pour la France) a de quoi faire réfléchir.
Pour la plupart des commentateurs « autorisés », cette tendance est effrayante. Il n’est qu’à lire le dossier du Monde du 2 septembre, avec ce gros titre en première page : « Et si la croissance ne revenait jamais… le scénario noir… ».

- Graphique 2 -
Créer des emplois sans croissance
La fin de la croissance ne sera un « scénario noir » pour l’emploi que si l’on prolonge la trajectoire productiviste du passé, car les gains de productivité détruisent l’emploi s’il n’y a pas assez de croissance. Sauf - c’est la première voie majeure - si l’on réduit la durée moyenne annuelle du travail et sa durée sur l’ensemble de la vie. Il faudra s’y engager. Mais ce n’est pas la seule piste.
En effet, rien ne nous condamne à viser toujours plus de productivité, surtout quand on mesure les dégâts humains et écologiques que cela provoque, la dégradation de la qualité dans bien des cas, notamment dans l’agriculture et l’alimentation, sans parler des dommages humains du « travail sous pression ».
Il faut s’orienter, sous l’angle de la consommation, vers une sobriété énergétique et matérielle raisonnable, et sous celui de la production, vers des gains de qualité et de durabilité (le « toujours mieux » à la place du « toujours plus »), sources majeures de création d’emplois sans croissance.
Par exemple, on a besoin d’environ 30 % d’emplois en plus dans l’agriculture biologique pour produire les mêmes quantités, donc sans croissance quantitative. On est là dans une logique vertueuse favorable aussi bien à l’environnement qu’à la santé publique, à l’emploi et au sens retrouvé du travail.
C’est vrai dans bien d’autres activités. La soutenabilité écologique n’est pas l’ennemie de l’emploi, contrairement au productivisme. Encore faut-il des politiques résolues pour cette grande bifurcation, et une réduction des inégalités.

- Ecoquartier à Fribourg-en-Brisgau, Allemagne -
Quatre millions d’emplois potentiels en plus, sans croissance
Des scénarios de qualité existent (entre autres le scénario NégaWatt pour la transition énergétiqe et le scénario Afterres pour l’agriculture). Ils sont tous« riches en emplois ». En les combinant, je parviens à des estimations, à conforter collectivement, mais qui donnent une idée du potentiel de création d’emplois d’une transition écologique et sociale ambitieuse.
En quinze ans, sans croissance des quantités, on pourrait ajouter en France plus de quatre millions d’emplois dans les domaines suivants :
- Agriculture « propre » et moderne de proximité, forêts : + 150 000 emplois.
- Énergies renouvelables, isolation thermique, économies d’énergie, recyclage, relocalisations partielles : + 700 000 à un million.
- Transports et mobilité, commerces de proximité : + 500 000.
- « Services de bien vivre » associés à des droits : petite enfance, personnes âgées ou handicapées, soins, social, éducation, environnement : 1,5 million d’emplois « décents ».
- Réduction du Temps de Travail équitable : + 1 million.
Il est vrai que quelques secteurs particulièrement polluants, en réalité en nombre limité, verraient leur emploi régresser. Mais, sur la base de la sécurisation des parcours professionnels et de reconversions de bonne qualité, cela pourrait se négocier dans la durée sans recréer de chômage.







jeudi 18 septembre 2014

Chronique d'une défaite annoncée (13) : et si l'on faisait la révolution ?

Le 27 janvier, j'imaginais l'avenir des habitants d'HB : s'il était facile de prévoir l'augmentation régulière des impôts, j'avais prévu une diminution drastique du personnel et des subventions. Mais la municipalité qui succéda à celle de Dalongeville préféra arrêter tout investissement et toute étude prospective et géra au quotidien. Je ne suis pas sûr que la ville y ait gagné, car, vu d'aujourd'hui, elle n'a pas bougé depuis 13 ans et, le temps que l'on prenne des décisions pour l'avenir et qu'on les réalise, il faudra probablement attendre 3 à 5 ans. C'est ce que j'écrivais à la fin de l'article précité (http://alpernalain.blogspot.fr/2009/01/lavenir-des-habitants-dhenin-beaumont.html) : "Nous allons donc cumuler 8 ans de mauvaise gestion et la crise économique ! Combien de temps allons-nous mettre pour remonter du gouffre ? 10 ans ? 15 ans ? 20 ans ?"

Tout cela fut conforté par le conseil municipal du 30 janvier 2009 (http://alpernalain.blogspot.fr/2009/01/sur-le-conseil-municipal-de-ce-soir.html) au cours duquel l'avis provisoire de la CRC fut lu et établissait le déficit à 12 millions d'euros, alors que le Préfet avait arrêté en août 2008 ce déficit à 2 millions de moins pour imposer le budget 2008 ! Je pense que ce qui allait suivre dans les mois suivants (arrestation et révocation de Dalongeville), fut provoqué par l'incapacité (ou le mensonge ?) de fournir les bons chiffres à l'autorité préfectorale...

Le maire s'engagea à réduire de 4 millions par an ce déficit et des mesures furent annoncées pour 2009... mais personne ne crut à ce tour de passe-passe qui avait pour but de ne pas augmenter une nouvelle fois les impôts.
A noter le lapsus de JP Chruszez, présentateur du budget : " nous n'embauchons pas, car nous ne sommes pas en période électorale"! Rectifié dans la foulée, certes...

Dans les jours qui suivirent, j'eus l'occasion, dans 3 posts, d'aller un peu plus loin

- le 1er février (http://alpernalain.blogspot.fr/2009/02/pour-que-les-choses-soient-claires-1.html), je démontrais l'inconséquence de la gestion Dalongeville qui avait coûté, selon mes calculs, 15 000 euros par foyer, depuis 2004 ! Pour redresser la ville, concluais-je, il fallait changer de pouvoir municipal et revoir, sur le plan territorial, la situation de la commune qui n'était plus ville-centre au sein de l'Agglo...
- le lendemain, j'écrivais (http://alpernalain.blogspot.fr/2009/02/pour-que-les-choses-soient-claires-2.html) que le soi-disant plan de redressement n'était pas crédible. "Pourquoi voulez-vous que ce qui n’a pas été fait 2 fois sur injonction du Préfet, le soit la 3ème fois ?" Et je prévoyais que ce plan serait retoqué...Un commentaire du même jour résumait bien la situation : "C'est fantastique, quel cas d'école extraordinaire pour ceux qui s'intéressent aux collectivités locales et à leur gestion. Tout y est, il ne manque rien : Un CM qui débat des orientations budgétaires de l'année à partir de données floues, peu fiables, des préconisations répétées des représentants de l'Etat qui restent lettre morte, une fiscalité locale qui ne cesse de cavaler pour seulement tenter de renflouer le tonneau des Danaïdes. Une ville sans projet, qui ne peut plus investir, un patrimoine local négligé, un maire contesté, une équipe municipale déboussolée naviguant entre le soutien sans faille, le doute, ou le début d'opposition. A la limite, il s'agit là d'un très bon scénario pour le cinéma. Comment tout cela va t-il finir ? Suspense ... En tous cas , les habitants d'Hénin peuvent s'attendre hélas à de nouvelles augmentations d'impôts. + 10 ou 20 % cela devient énorme pour des foyers déjà fortement touchés par la crise. Les promesses électorales de fin 2007, début 2008 sont loin. S'il me souvient on parlait alors de baisse de la fiscalité locale... Les promesses n'engagent vraiment que ceux qui les écoutent. Quelle belle image de la politique..."
- le 3 février (http://alpernalain.blogspot.fr/2009/02/pour-que-les-choses-soient-claires-3.html), après avoir rappelé que je m'étais toujours opposé à Dalongeville, je précisais que :  Nous sommes nombreux à penser que, faute de sanction dans les semaines qui viennent, il nous faudra songer à précipiter les choses… Je pense me souvenir que cette phrase signifiait que nous étions en... phase insurrectionnelle ! Je croyais, en effet, que " La fin de GD est maintenant inéluctable ", "les affaires judiciaires vont s’enchaîner les unes après les autres" et que la justice étant lente, on ne peut attendre : "La démocratie est bien en danger à Hénin-Beaumont et la politique de l’autruche, pour suspendre toute décision, est irresponsable ! " Ce 17 septembre 2014, Raquel Garrido (Parti de Gauche) s'exclame : "Il est grand temps d’obtenir le droit de révoquer les élus!" . Ce 3 février 2009, c'est ce que je ressentais...
A quelqu'un qui me traitait d'utopiste, je répondis : "dans ma vie j'ai toujours tenté (jamais seul) ce qui paraît impossible souvent aux autres. 2 exemples: les OGM et les trains de déchets nucléaires.
Par contre, j'ai raté un projet fou en 1993, d'arrêter la guerre en Bosnie: non seulement nous ne sommes jamais arrivés à Sarajevo, mais nous n'étions que 3000 au lieu des 100 000 espérés... Mais suivis par des journalistes (dont celui du Monde qui faisait un reportage quotidien), j'ose espérer que cela a contribué, même de façon infinitésimale, au processus de paix".

mercredi 17 septembre 2014

Chronique d'une défaite annoncée (12) : dans l'attente des évènements...

Le 12 janvier 2009, un commentateur qui signait Cimares ses interventions toujours très pertinentes (le devoir de réserve lié à ses responsabilités l'empêche aujourd'hui de s'exprimer) écrivait : "Ne pensez vous pas qu'il faille inviter chaque conseiller municipal d'Hénin à présenter sa démission pour que les cartes soient rebattues ?"
Je l'avais fait en décembre en proposant individuellement à David Noël et Pierre Ferrari de démissionner pour aller jusqu'au bout de leur démarche d'opposition interne. Ils refusèrent, arguant qu'ils étaient plus utiles comme conseillers municipaux qu'à l'extérieur... J'avais réunis les conseillers d'opposition, Daniel Duquenne et Georges Bouquillon (en présence d'Eugène Binaisse) qui hésitaient et qui, finalement, me dirent que si d'autres démissionnaient, ils en feraient autant. J'avais eu beau leur expliquer que la fin de Dalongeville était inéluctable, que démissionner était un geste fort que l'opinion publique appréciera, etc. Rien n'y fit et nos 4 élus continuèrent à sièger... J'ai eu vraiment l'impression qu'ils ne comprenaient pas la situation. Je pense qu'ils auraient retiré un maximum de regards favorables s'ils avaient anticipé la démission collective quelques mois plus tard...
Quelques autres commentaires sous le même article (http://alpernalain.blogspot.fr/2009/01/ple-mle.html) me confirmaient que les Héninois étaient dans l'attente et le besoin d'un grand changement. C'est pour ces raisons que j'écrivis, dès le 13 janvier, une fable expliquant aux Héninois les devoirs qui attendaient de nouveaux élus au cas où le maire démissionnerait (http://alpernalain.blogspot.fr/2009/01/fable-hninoise-les-3-devoirs.html)
"En cette année de grâce du début
Vingt et unième siècle , il advint
Que notre bon maire d’Hénin-Beaumont se crut
Obligé (par qui ?) de démissionner, enfin,
De son mandat, après des années de règne,
Laissant sa ville ruinée et exsangue.
Ses amis, conseillers municipaux, craignent
Le pire et démissionnent, les langues
Mauvaises leur prédisant un noir avenir."
...
Tout cela me trottait dans la tête (et dans d'autres têtes) et j'élaborais 3 scénarios :
- la rédemption : la CRC ne retenant rien contre le Maire, ce dernier restant en place. "Scénario peu probable", d'autant plus qu'il tournerait à la catastrophe...
- la rédemption par substitution. Mais peu plausible car les 2 personnes "capables" de remplacer le maire démissionnaire, ne pourraient l'être pour différentes raisons (voir http://alpernalain.blogspot.fr/2009/01/scnarios-hnibeaumontois.html)
- la résurrection : "Scénario qui suppose de nouvelles élections". J'indiquais la procédure à suivre (un tiers de démissions) et le nécessaire "cordon sanitaire " à dresser. C'est le scénario qui allait se passer quelques mois plus tard, sur "conseil" du Préfet, avant qu'il n'annonce la révocation de G. Dalongeville. Un lecteur confirmait que le meilleur des scénarios était le départ de G. Dalongeville. Mais qui pour le remplacer, notait-il ?

Pendant ce temps-là, "le tribunal de Béthune a condamné (6 mois avec sursis et amende de 28 000€) l'ancien Président d'une association de pêche héninoise (La Carpe héninoise forte de ses 2500 adhérents) qui se voyait reprocher d'avoir détourné des fonds de l'association à divers profits. Il a déclaré "avoir agi sur ordre et fait ce qu'on lui avait demandé de faire"." J'espérais alors que la justice irait plus loin pour savoir qui avait donné "les ordres". Il n'en fut rien et le pêcheur (agent municipal) continue à couler des jours heureux en mairie, repêché (!) qu'il fût par la municipalité Binaisse, puis par le maire frontiste (en tant que chef du protocole !). Or, on retrouve sous l'article en question (http://alpernalain.blogspot.fr/2009/01/et-cela-continue.htmlun commentaire du 21 janvier 10H : "étonnant, sur le blog FN, le silence sur "la Carpe Héninoise"..." Pour un compte-rendu hallucinant du procès, voir : http://alpernalain.blogspot.fr/2009/01/compte-rendu-du-procs-de-la-carpe.html.

mardi 16 septembre 2014

Vous avez dit "Etat islamique" ?


Au moment où s'ouvre la conférence, à Paris, pour aider l'Irak à repousser les attaques de l'Etat islamique (Dae'ch en arabe), essayons d'y voir clair dans cet imbroglio.
- L'EI (pas sous ce nom d'Etat islamique) s'est détaché d'Al Qaïda lors de l'invasion de l'Irak par les USA, en 2003, et s'est fait connaître à partir de 2007, en tant que mouvement (sunnite) visant à instaurer, par le djihad, un "califat islamique" régi donc par la Charia (droit islamique) un peu partout dans les pays arabes et en libérant la Palestine. Son objectif final est de "planter le drapeau de l'Islam sur la Maison Blanche"... Aujourd'hui, l'EI est installé dans le nord de l'Irak en débordant sur la Syrie voisine. La coalition naissante vise à intervenir sur la partie irakienne.
- Rappelons que, en Irak, suite à la fin du régime baassiste (sunnite) minoritaire de Saddam Hussein, la majorité chiite, méprisée pendant longtemps, est, aujourd'hui, au pouvoir. Nombre de sunnites auraient rejoint l'EI.
Dans les autres pays où le pouvoir est chiite, la situation est diversifiée :
* l'Iran est prête à aider à la lutte contre l'EI (sunnite, rappelons-le), mais n'a pas été invitée à la réunion de Paris, le contentieux nucléaire n'étant toujours pas réglé... Mais l'Iran aide et conseille les Kurdes irakiens, les fameux Pechmergas, fer de lance de la lutte contre l'EI;
* En Syrie, où le pouvoir minoritaire alaouite (branche du chiisme) d'Assad est prêt également à combattre l'EI, la situation est compliquée par le fait que les sunnites sont nombreux dans l'opposition armée : de ce fait, Assad ne veut pas donner l'occasion à ses opposants de s'allier avec le Dae'ch, ce dernier étant réticent à aider les adversaires d'Assad à conquérir un pouvoir qui leur échapperait ! Je vous avais dit que c'était compliqué...
- Les riches émirats pétroliers sunnites jouent un double jeu : ils avaient commencé à financer l'EI (on dit que le Qatar continue à financer des groupes islamistes radicaux), mais, de peur de voir leurs pouvoirs dictatoriaux contestés (ils ont été effrayés par les "révolutions arabes"), ils préfèrent appuyer financièrement la coalition et ne pas déplaire à leur allié, les Etats-Unis...
- La France, elle, est à la pointe du combat pour 2 raisons :
* elle aide déjà le Mali et la Centrafrique à lutter contre des mouvements djihadistes et veut se montrer cohérente;
* un millier de Français serait sur place pour aider l'EI, et, éventuellement, revenir en France (et en Europe) pour commettre des attentats.

Comme on le voit, la situation est complexe car les intérêts des uns et des autres sont souvent contradictoires :
- certes, chez les Occidentaux, la peur de l'islamisme radical prédomine. Mais comment concilier ce danger avec la paix religieuse, les musulmans modérés (souvent maghrébins d'origine et donc sunnites) peinant à s'exprimer ?
- la rivalité sunnite/chiite ne laisse rien présager de bon, d'autant plus que les Russes soutiennent l'Iran et la Syrie, confirmant ainsi le climat renaissant de guerre froide...
- en Europe, la montée de l'extrême-droite, islamophobe, complexifie les décisions des gouvernements qui ne veulent pas apparaître comme influencés par la xénophobie ambiante...