mercredi 1 avril 2015

Second tour des départementales (4)

La région Nord-Pas-de-Calais-Picardie.

Bien entendu, je me suis inspiré de plusieurs journaux (notamment, concernant la Picardie, du Monde).

- Département du Nord
* L'union UMP-UDI, emportant 26 cantons sur 41, fait basculer le département de la gauche vers la droite, le dernier intermède de la droite ayant eu lieu de 1992 à 1998. Lille 1 emporte le pompon avec 76% pour la droite et le centre. Le futur président Jean-René Lecerf, connu comme un homme ouvert et de dialogue, s'est illustré par 2 décisions : il démissionne du Sénat et il avait appelé, après le premier tour du 22 mars, à ne pas appliquer le ni-ni sarkozyste. J'ajoute qu'il apprécie la politique menée par C. Taubira.
* Roubaix 1 et les 2 cantons de Tourcoing sont des illustrations de majorités de droite dans des fiefs longtemps réputés de gauche (la mairie est passée à droite en mars 2014)... Le désaveu de la gauche (sauf sur Lille où le PS gagne quatre des six cantons) est également symbolisé par la défaite du maire, vice président sortant, Bernard Haesebroeck, PS à Armentières.
*Les électeurs de gauche ont, semble-t-il, suivi les consignes du barrage au FN, ce qui est beaucoup moins marqué chez les électeurs de droite... 
* Didier Manier, président sortant du CG59, et son prédécesseur, Patrick Kanner, ont emporté leurs cantons respectifs assez aisément.
* Le PS emporte 10 cantons, les divers gauches, 5. Quant au FN, arrivé en tête des suffrages au soir du premier tour, il n'enregistre aucun canton gagnant alors qu'il nourrissait de grands espoirs à Denain, Sin-le-Noble, Roubaix 2, Dunkerque 1, Anzin (il lui manque 103 voix).

Département de l'Aisne
L'électorat de gauche s'est visiblement mobilisé, puisque le PS remporte 8  cantons sur les 21 que compte le département, une performance inattendue. L'alliance de la droite entre l'UMP et l'UDI en a, elle, gagné 9, et le Front national seulement 4. Déception, donc, au FN qui espérait emporter le département (il avait gagné un canton, et s'était qualifié pour le second tour dans l'ensemble des 20 autres cantons). Droite et gauche pourraient se mettre d'accord, jeudi, lors de l'élection du président du conseil départemental sur le nom de Nicolas Fricoteaux, conseiller UDI du canton de Vervins qui affrontait un binôme UMP au premier tour…

- Département de l'Oise
Après plus d'une décennie à gauche, l'Oise bascule à droite. L'UMP associé à l'UDI raflent 15 des 21 cantons du département. Le Front national qui, avec 35,11  % des voix, avait réalisé une impressionnante percée au premier tour, ne l'emporte que dans 2 des 15 cantons où il figurait au second tour  (Crepy-en-Valois et  Noyon). L'extrême droite arrive derrière l'union de la droite (41,48  % contre 42,42  %). Grave échec pour la gauche, majoritaire depuis 2004, réalisant 16  % des voix ne conservant que 4 cantons. A Mouy, le président sortant du conseil, Yves Rome, associé à la maire du chef-lieu, Anne-Claire Delafontaine, sont largement battus...

- Département de la Somme
L'UMP et l'UDI obtiennent la majorité absolue l'emportant dans 13 des 23 cantons, après le basculement d'Amiens en mars  2014, avec l'élection de l'UDI Brigitte Fouré. Le FN, arrivé en tête au premier tour avec 34,23  % des voix, ne s'impose que dans le canton de Corbie. Le PS et les divers gauche ne gardent que 8  cantons, tandis que le Front de gauche en gagne un. La majorité de gauche sortante ne tenait toutefois qu'à un siège avant ces élections départementales, et le président du conseil général sortant, le socialiste Christian Manable, élu au Sénat en septembre 2014, n'était pas candidat à sa réélection... sentant vraisemblablement le vent tourner...


Je rappelle le tableau que j'ai publié la semaine dernière, reprenant les résultats du 1er tour dans la grande région. La gauche réunie est en tête, suivie de peu par l'extrême droite, et plus loin par la droite. Rappelons que peuvent se présenter au second tour des régionales, les listes qui ont réalisé au moins 10% des suffrages exprimés, celles ayant obtenu entre 5 et 10% peuvent se regrouper avec d'autres (qualifiées pour le second tour). La gauche et la droite peuvent donc se retrouver au second tour dans une triangulaire très serrée. La gauche peut l'emporter au vu des scores réalisés le 22 mars dernier... J'ajoute que si, à l'issue du premier tour, la droite ou la gauche n’apparaît pas en mesure de l'emporter au second tour, rien ne l'empêche de ne pas se présenter au second tour. Je persiste à penser que dans l'un ou l'autre cas (triangulaire ou duel), le FN ne parait pas en position de l'emporter. M. Le Pen devrait avoir le même raisonnement et ne pas se présenter à ces régionales pour ne pas hypothéquer ses chances aux présidentielles de 2017.




mardi 31 mars 2015

Second tour des départementales (3)

Un peu d'humour après des élections qui laissent un goût amer


- "C'est dingue de voir des gens qui votent pour des fantômes parce qu'il y a une nana à Paris qui fait le guignol" (Odette Duriez, difficile vainqueur du PS dans le canton de Douvrin).


- " Marine va être contente de nous. C'est exceptionnel. D'ici un an ou deux, aux prochaines municipales, on prendra la mairie de Beuvry". Un candidat battu du FN, dans le canton de Beuvry. Marine sera très contente de savoir qu'un de ses candidats ne sait pas que les prochaines municipales, c'est dans 5 ans...

- " Nous ne voulons pas voir des élus FN venir dans nos collèges, eux qui ne sauraient pas dire ce qu'est un CDI ! Notez bien qu'il faudrait qu'ils aillent y faire un tour, quand on voit leur expression...". Le président sortant du Conseil général, réélu dans le canton de Noeux-les-Mines. Le maire de Barlin, à mon avis, avant son élection au conseil général, devait penser que les CDI étaient des contrats à durée indéterminée plutôt que des centres de documentation et d'information...
Du même Dagbert : "On va pas laisser entrer des administrateurs FN au collège, hein !" , lance-t-il à son neveu. " C'est tonton qui ira !".  Et d'ajouter, à propos de la percée du FN "avec des candidats inconnus" Au premier tour, ils auraient mis un lapin et une poule, ils passaient quand même". C'est tout dire de la performance du président Dagbert, à égalité, presque, au premier tour, avec "le lapin et la poule". A noter que "la poule" s'appelle, cela ne s'invente pas... (Maïté) Lecat (le chat, en patois)!

- " Entre les 2 tours, les candidats avaient une profession de foi où ils ne parlaient à aucun moment du canton de Bruay". Bernard Cailliau, élu, parlant de ses adversaires frontistes. Cela devait être, à peu près partout, la même chose...


- A Beuvry, où Emmanuelle Leveugle est adjointe et vient de gagner, avec le PS, le canton, l'extrême-droite a failli être majoritaire, dans la ville-centre. La liste PS, en effet, y est arrivée en tête pour… une voix devant le FN. La maire Nadine Lefebvre s’accordait à dire que c’était " incompréhensible" au vu de son élection confortable aux municipales. Peut-être que des électeurs ont changé d'avis depuis votre élection, Madame Lefebvre... En effet, un an après, il y a des questions que, au PS, on ne se pose pas souvent. 



- Hughes Sion, élu d'opposition à Lens, est un des 2 élus du FN dans le canton de Lens. Le Sion précédent, socialiste et opposé à Pétain, doit se retourner dans sa tombe (s'il en a une). Voici sa biographie (Wikipedia) :
Paul Sion est un homme politique français né le 14 mars 1886 à Marquillies (Nord) et décédé le 13 mars 1959 à Lille (Nord)

Mineur dès l'âge de treize ans, il se lance dans le syndicalisme dès 1906, où il occupe rapidement des responsabilités qu'il exercera jusqu'en 1936. En 1925, il devient conseiller municipal de Lens, et conseiller général en 1928.
En 1936, il est élu député SFIO du Pas-de-Calais, dans la circonscription de Béthune. Le 10 juillet 1940, il ne prend pas part au vote des pleins pouvoirs au maréchal Pétain.
À la Libération, il préside la délégation municipale provisoire de Lens. Il échoue aux cantonales, mais est réélu député dès la première assemblée constituante. Il conserve ce mandat jusqu'en 1955. S'intéressant aux questions économiques et au sort des mineurs, il est président de la commission de la production industrielle de 1946 à 1949 et en est vice-président de 1949 à 1955. Il retrouve brièvement son siège de conseiller général de 1949 à 1951.

- Imaginez que, citoyen de Compiègne, ayant voté socialiste au premier tour des départementales, vous ayez au second tour à choisir entre le FN et... Christine Boutin ! C'est ce dilemme auquel fut confrontée une jeune femme (et d'autres électeurs) et qu'elle raconte fort bien dans :

lundi 30 mars 2015

Cela se corse...


FN : enquête ouverte à Paris dans l’affaire des assistants au Parlement européen

Le Monde.fr | 
Par 


Le parquet de Paris a ordonné, mardi 24 mars, une enquête préliminaire visant le Front national, pour abus de confiance. L’enquête a été confiée à l’Office central de lutte contre la corruption et les infractions financières et fiscales (OCLCIFF).
Le parquet général de Paris avait été saisi, mercredi 11 mars, d’une dénonciation émanant du Parlement européen, visant le statut de 29 assistants des 23 députés européens du parti d’extrême droite. Le Monde avait révélé, lundi 9 mars, les soupçons nourris par les services financiers du Parlement européen, à l’égard de ces assistants, suspectés de bénéficier de rémunérations versées par Bruxelles, tout en travaillant exclusivement pour le FN sur le territoire français. L’office européen anti-fraude (OLAF), avait été saisi de ces faits concernant « seulement » 20 assistants de députés FN, mais le président allemand du Parlement européen, Martin Schulz, avait accompagné cette initiative d’une lettre adressée à la ministre française de la justice, Christiane Taubira.

Le parquet de Paris a donc souhaité ouvrir de son côté une enquête judiciaire, assimilant ces rémunérations communautaires à un financement illégal de parti politique. Les investigations, dans ce cadre strictement français, sont élargies à 29 assistants du FN. Parmi les cas suspects, on trouve trois membres du cabinet du président d’honneur du FN, Jean-Marie Le Pen – dont son directeur Guillaume L’Huillier –, et cinq proches de la présidente du parti, Marine Le Pen, parmi lesquels deux de ses conseillers spéciaux, Bruno Bilde et Julien Odoul.
Cela faisait plusieurs mois déjà que les services financiers du Parlement européen nourrissaient des doutes à l’égard des pratiques du Front national. A la fin du mois de février, ces mêmes services ont eu connaissance du nouvel organigramme de la direction du FN. Ils ont constaté que, sur les 82 personnes occupant des fonctions officielles dans cet organigramme, vingt étaient des assistants d’élus au Parlement européen – quatre étant des assistants « accrédités », donc censément basés dans les institutions à Bruxelles ou Strasbourg, et seize des assistants « locaux », c’est-à-dire implantés dans les circonscriptions.

Neuf autres assistants « locaux »

En poursuivant leurs investigations, les services financiers ont même découvert que neuf assistants « locaux » bénéficiaient également d’un contrat de travail les rattachant au siège du FN. N’apparaissant pas dans l’organigramme officiel du FN, leurs cas n’ont pas été soumis à l’OLAF, mais ils ont en revanche été révélés aux autorités judiciaires françaises.
Les mesures d’application du statut des députés européens prévoient (article 33, alinéa 2) que « seuls peuvent être pris en charge les frais correspondant à l’assistance nécessaire et directement liée à l’exercice du mandat parlementaire des députés » par le budget du Parlement européen. « Ces dépenses ne peuvent en aucun cas couvrir les frais liés à la sphère privée des députés. » L’article 43 précise que les salaires versés aux assistants par le Parlement « ne peuvent servir directement ou indirectement à financer des contrats établis avec des groupes politiques du Parlement ou des partis politiques ».
Il apparaît que parmi les vingt assistants locaux dénoncés à l’OLAF, dix ont conclu un contrat de travail qui indique comme adresse d’exécution le 78, rue des Suisses, à Nanterre, c’est-à-dire l’adresse du siège du Front national. C’est également le cas des neuf assistants d’élus au Parlement européen n’apparaissant pas dans l’organigramme et signalés à la justice française.

Un préjudice de 1,5 million d’euros par an

Le coût individuel le plus élevé pour le budget européen s’élève à 10 535 euros par mois. La masse salariale globale des 20 assistants parlementaires dont le cas vient d’être soumis à l’OLAF représente 1,5 million d’euros par an, ce qui équivaudrait à un préjudice global de 7,5 millions d’euros pour la totalité de la législature en cours. Un montant supérieur si l’on y ajoute les neuf autres contrats suspects signalés à la justice française…
Dès la révélation de l’affaire par Le Monde. fr, lundi 9 mars en début de soirée, Marine Le Pen avait réagi sur Twitter : « Le président du Parlement européen sort la grosse caisse (…). Une plainte sera déposée contre lui pour dénonciation calomnieuse. »
Sur son compte Twitter, le vice-président du Front national, Florian Philippot, avait aussi accusé Manuel Valls d’être à l’origine de cette saisie et d’avoir sollicité le président du Parlement, Martin Schulz, pour « monter une affaire bidon ». « Dans le fond, Schulz a raison. Nos assistants ne travaillent pas pour l’Union européenne mais contre elle », avait ironisé le député européen, dont plusieurs assistants seront eux-mêmes concernés par les enquêtes à venir.



Second tour des départementales (2)

 2- Dans le Pas-de-Calais: la gauche a failli perdre la majorité au Conseil départemental

Avec vingt cantons sur 39 (18 au PS et 2 au PC) la gauche garde la majorité absolue dans le département. La droite double presque son nombre d’élus (13 cantons emportés) et le Front national fait son entrée essentiellement grâce aux 6 victoires obtenues dans le bassin minier. Le PC avait onze élus, il garde les cantons d’Auchel et d’Avion, soit 4 élus. J'avais pronostiqué 18 cantons pour la gauche... 


2-1 Le "Bassin miné" ?

6 cantons sont, donc, emportés par le FN
- les 2 cantons d'HB sont tombés, comme analysés dans le post précédent.
Celui de Carvin a été préservé parce que le conseiller sortant a réalisé un très bon score dans la ville dont il est maire (Libercourt), alors que les villes des 2 derniers députés, socialistes, du territoire (Facon à Courrières, Kemel à Carvin) ont laissé la majorité, dans leur ville, au FN. On mesure bien la décadence du PS : le député en place est minoritaire dans la ville dont il est maire !
- A Lens, ville berceau du syndicalisme et du socialisme, le canton est devenu FN ! Certes, une majorité "républicaine" a été préservée sur la ville de Lens. J'écrivais lundi dernier que les dissensions à gauche (plaies non cicatrisées de la dernière élection municipale à Lens), ainsi que des appels de droite (UMP) à voter blanc (ni-ni), ont abouti à ce que l'on pressentait. Le frontiste Hughes Sion, lillois parachuté à Lens, lors des dernières municipales, s'était illustré lors d'un documentaire de Direct8, en caméra caché, par quelques "faiblesses" politiques... (le CSA a fait des remarques sur la déontologie). 
- Harnes :  le FN l'a emporté face aux rivalités socialo-communistes qui minent la vie politique sur Harnes, les reports de voix vers les candidats FG n'ayant, semble-t-il, pas fonctionné...
- Wingles : l'avance du FN était telle qu'il aurait fallu une baisse de l'abstention (le front républicain ayant fonctionné, paraît-il)...
- Lillers : la droite, troisième derrière l'union de la gauche et le FN, au 1er tour, a refusé de se désister, faisant probablement gagner le FN, même si le candidat UMP/UDI a eu le culot de déclarer hier soir : "Notre retrait n’aurait fait qu’accentuer le vote FN" !

2-2 : le coup est passé très près, dans le reste du Pas-de-Calais

- La gauche a gagné, contre le FN, à Béthune (bonne surprise finalement grâce à un bon report de voix de la droite), Beuvry, Noeux (le président Dagbert n'en menait pas large, quand même), Douvrin (O. Duriez, pourtant populaire dans son secteur, n'a vaincu que de 34 voix !);
- Avion (FG), Bully (PS) et Liévin (union de la gauche, nettement) confirment le premier tour;
- victoire assez facile à Bruay du PS et des DVG à Aire-sur-la Lys. Par contre, à Auchel, le PG a eu chaud. Tous contre un candidat FN...
- Arras 1 (le fils Alexandre, Bernard, et Françoise Rossignol, sortants de gauche, ayant perdu de 4 voix), Arras 2, les 2 cantons arrageois, dans une triangulaire et Avesnes-le-Comte ont tous vu, comme prévu, la victoire de la droite. A Brebières, le PS s'est imposé. Dans le canton d'Arras 3, le PS, avec l'incroyable Cottigny, symbole du système PS 62  (voir le portrait que j'en ai dressé : http://alpernalain.blogspot.fr/2011/12/le-systeme-dans-le-pas-de-calais-1.html) l'a emporté. A Bapaume, les divers droite ont gagné comme prévu;
- dans tous les cantons suivants, le FN était présent, mais n'en a emporté aucun :
* Fruges (DVD), Longuenesse (UD) et Mark (UMP) lors de triangulaires. A Desvres, le PS l'a emporté dans une triangulaire (la droite, en 3ème position au premier tour, s'était pourtant maintenue !);
* Calais 1 (UD nettement), Calais 3 (d'une centaine de voix, pour l'UD) , Saint-Pol/Ternoise (UD), Etaples (UD) et Berck (facile pour l'UD) : lors de duels;
* A Boulogne 1 et Boulogne 2, Outreau, Lumbres et Calais 2, le PS l'emporte.

A suivre

Second tour des élections départementales (1)

Hénin-Beaumont : La gauche, le calice jusqu'à la lie ?

- Hénin-Beaumont 1
Malgré un léger espoir, après le premier tour, le sortant JP Corbisez a été battu de 432 voix alors que le total des voix de gauche du premier tour (5007) plus les voix de droite (1194) et de participation supplémentaire (519 électeurs) auraient dû lui permettre d'atteindre près de 700 voix en plus que son total du second tour (5654). Manifestement, il a manqué à JPC, au second tour, des voix de droite et de gauche. On remarquera, par ailleurs, que, malgré une participation de 2 % supérieure au second tour, le nombre de suffrages exprimés n'a augmenté que de 0,89% (6,36% de bulletins blancs et nuls, ce qui est beaucoup).
Sur la ville d'HB, le PS n'avait réalisé qu'à peine plus que Les Verts, au premier tour (15,23 contre 12,91). Alors que le tandem FN obtenait plus de 55% (62, au second tour).

- Hénin-Beaumont 2
Le résultat était plié au soir du 1er tour, les sortants J. Urbaniak (divers droite ou sans étiquette, c'est selon) et S. Van Heghe (MRC) avaient failli être éliminés, le FN ayant recueilli 49,48% des voix. Il eut fallu un formidable "sursaut républicain" et un report parfait des voix de gauche et de l'UMP pour que les sortants refassent surface. Or, du premier, il n'y eut que peu (+ 1,15%) et du second, il y eut insuffisance : il manque plus de 500 voix. Si les voix de l'UMP se sont probablement reportées sur le duo sortant, il en manque alors du côté du FG et de EELV. Mais le défi était trop grand...
Rappelons que le PS, dans ce canton, était presque absent ou, du moins, sa présence était très discrète, puisque seuls les "remplaçants"  étaient socialistes.
Au premier tour, sur la ville d'HB, le tandem FN avait réalisé plus de 60% , dépassant les 65% au second tour...

- Quel avenir à Hénin-Beaumont ?
La progression du Front National à Hénin est régulière depuis une vingtaine d'années. Comme partout, me diriez-vous. Sauf qu'à Hénin, elle arrive à des niveaux inégalés. Les fautes graves commises par le PS et  l'absence de la droite ont laissé un tapis rouge (!) se dérouler sous les pieds du FN. Aux élections municipales partielles de 2009, il avait frôlé la majorité; en 2011, aux cantonales, une extrapolation sur tous les bureaux de la ville avait donné 55% au second tour; en 2012, confirmation aux présidentielles; en 2014, le FN réalise plus de 50% dès le 1er tour des municipales; et en 2015, le FN atteint 58 % au 1er tour et 63% au second tour. Depuis un an, ce n'est pas l'action de la municipalité qui permet un tel succès (rien n'a été fait, à part une baisse de la fiscalité : aucun projet, une main-mise indécente sur la communication, absence de solution aux emprunts toxiques, interventions dans la vie des associations...). Les partis politiques et leurs représentants ont fait faillite. J'avais demandé dès 2011, que tous les élus et ex-élus municipaux s'effacent de la vie politique, afin de permettre aux Héninois de travailler avec de nouvelles têtes. Devant l'incapacité chronique des partis politiques qui, de ce fait, disparaissent de la scène politique (le PC est pratiquement mort, le PS agonise et est décrédibilisé, ici plus qu'ailleurs), et l'audibilité restreinte des autres, il est vraiment temps de passer à autre chose. Il convient que des hommes et des femmes de bonne volonté, en dehors des partis  politiques (même s'ils peuvent en être adhérents), s'assemblent le plus tôt possible, pour démontrer aux Héninois qui votent FN qu'ils se trompent et sont trompés, par la mascarade frontiste, et qu'un projet commun peut être bâti pour donner une espérance à une ville qui en bien besoin. Il faut être prêt pour présenter une alternative à la carence et aux déficiences du FN, dès qu'elles vont apparaître, au grand jour, dans les prochains mois et prochaines années.

A suivre

dimanche 29 mars 2015

Carnets du dimanche

L'humour des dessinateurs fait passer, en une image, tellement de sentiments et d'idées, que cela vaut souvent mieux que de longs discours. 
Certes l'une des caricatures, ci-dessous, n'est pas de l'humour, en elle-même, mais la connerie n'ayant pas de limites, on pourrait en rire si elle ne nous révélait pas la triste réalité du Front National... Retenons donc notre colère et laissons éclater un rire sarcastique !   




J'ai hésité à poster ce dessin de Herrmann dans la Tribune de Genève. Mais apès la difficile semaine que nous venons de passer, j'ai pensé qu'un peu d'humour ferait du bien.







Là, je n'ai pas hésité à poster ! Je sais, ce n'est pas de l'humour, mais cela confirme que les candidats du FN sont bien des malades mentaux malgré les gesticulations de MLP pour nous faire croire que le parti a changé... Du coup, c'est une forme d'humour...brun !





'ARCHÉOLOGIE: Découverte d’une mandibule en Ethiopie. Le dessin du Monde de ce jeudi 5 mars.'
Plantu, le 5 mars Le Monde
Les cranes éructent encore...


18 mars 2015

Du dessinateur belge Kroll.
La STIB étant l'équivalent de la RATP


samedi 28 mars 2015

Une candidature FN caricaturale

À deux jours du second tour, La Voix du Nord a posé une question aux deux formations encore en lice (PS et FN) pour les départementales : quels sont les trois projets que vous souhaiteriez soutenir pour le canton si vous étiez élu ?

Le binôme socialiste a listé ses projets. Quant au FN, le quotidien a préféré retranscrire la discussion pour "ne pas créer de polémique".
Voici ce que cela donne :


Didier Delelis (candidat FN) : « Je ne répondrai pas à vos questions, n’insistez pas ! Je connais les méthodes de votre journal ! »
La Voix du Nord : « Mais monsieur, il n’y a pas de piège, vous êtes candidat à une élection, d’accord ? Bon, donc on vous demande simplement trois points de votre programme. C’est tout, rien d’autre. »
D. D. : « Je dévoilerai mon programme dimanche soir après le deuxième tour si je suis élu ! »
La Voix : « Donc, les électeurs doivent voter pour vous sans savoir quel est votre programme ? »
D. D. : « Écoutez, mes électeurs me seront fidèles, je ne me fais pas de souci, quand je les vois sur le terrain, ça se passe très bien. »
La Voix : « Justement, c’est ça qui nous intéresse. Quand vous les voyez sur le terrain, de quoi vous parlez avec vos électeurs, pour le canton ? C’est ce qu’on veut savoir. »
D. D. : « Eh bien par exemple, on parle du collège de Douvrin. »
La Voix : « Mais le dossier est bouclé pour ce projet, d’ailleurs le chantier va démarrer bientôt. »
D. D. : « Euh… Écoutez, mes projets pour le canton, ça ne vous regarde pas. C’est mon problème. Arrêtez d’insister ! »

vendredi 27 mars 2015

Lu dans le Gorafi


Le Front national devrait vivre ce jour ses dernières heures. En effet, plusieurs formations politiques ont annoncé avoir entendu et compris le vote protestataire du premier tour des départementales.

Une annonce de dissolution qui a créé la stupeur chez les cadres du Front national qui sont effondrés. « C’est terrible s’ils disent avoir vraiment entendu le vote protestataire. Ça veut dire qu’on n’a plus d’avenir » confie une militante. « On espérait que les autres politiques ne comprendraient jamais ce vote protestataire, mais ils sont plus malins qu’on ne l’a cru, on ne peut rien faire face à eux ! » assure un autre militant en train de faire vider le local d’un candidat FN.
De fait, le parti de Marine Le Pen a annoncé sa dissolution dès l’annonce de ce message et se retire de toutes les élections de dimanche où il est présent au second tour. Dès ce soir, le parti aura terminé d’exister. Marine Le Pen accuse les politiques d’avoir coulé le parti en se réveillant trop tard ou d’avoir refusé d’entendre ce vote pendant toutes ces années . «  Ils auraient pu dire cela en voyant les sondages, cela nous aurait économisé une élection » se désole-t-elle.
Plusieurs dirigeants de partis politiques ont affirmé en cœur hier sur les différentes chaînes de télé avoir « bien reçu le message » et « avoir compris le vote protestataire » ainsi que « les choses allaient changer » et que « On va faire comme vous le souhaitez » de même que « on va prendre de grandes mesures, populaires, de gauche, et ce rapidement, voire, très vite, comme, par exemple, dès demain ».
Selon un dernier sondage CSA/Libération, les Français disent faire totalement confiance aux politiques après leurs promesses, et moins de 0,20% d’entre eux se disent désormais prêts à voter pour le Front national.

AA : Le FN, un parti qui vous veut du bien ... La preuve, il s'auto-dissous !



Désormais et à sa demande, le Chef suprême de la République populaire démocratique de Corée signera un éditorial sur la situation dans le monde.
J’apprends que des choses terribles se déroulent dans votre pays, la France.
J’apprends que l’on met des enfants en prison, qu’on les interroge, qu’on les maltraite, et ce, rien que pour des mots. Voilà qui me choque venant de ce qui se présente depuis toujours comme le pays de la Liberté et de l’Égalité. Je tiens ici à faire savoir mon inquiétude sur les reculs de la liberté dans votre pays. Car, si de tels reculs sont effectifs et actés, cela posera un grave précédent et obligera le reste du monde à revoir les concepts de liberté d’expression. À commencer par mon pays.
Vous n’êtes pas sans savoir que notre pays, la République populaire démocratique de Corée, est très attaché à la liberté d’expression et la liberté de conscience et que toute violation de celles-ci est pour nous gravissime et dramatique. Mais moi et mon pays, nous choisissons la voie respectable de la non-ingérence dans les affaires d’une nation. Nous nous contenterons de vous rappeler, amicalement, que ce n’est pas bien.
Car de tout temps, chacun dans le monde s’est appuyé, à un moment de son Histoire, sur la France et ses idéaux, ce qu’elle représente pour donner une définition de ce qu’est vraiment la liberté d’expression. Et aujourd’hui, vous en changez cette même définition, sans avertissement. Vous comprenez qu’il est difficile pour nous de nous ajuster sur notre propre définition de la liberté d’expression si vous modifiez brutalement et arbitrairement la vôtre.
Je tiens ainsi à témoigner aux personnes qui ont subi des maltraitances ces dernières semaines de notre entière amitié et de nos sentiments les plus forts. Notre consulat est prêt à prendre vos doléances, doléances qui seront transmises aux Nations-Unies.
Kim Jong-un
Chef suprême de la République populaire démocratique de Corée

AA : et si l'on faisait un échange avec les habitants de la Corée du Nord : on leur envoie F. Hollande (ou M. Le Pen, s'ils le souhaitent vraiment) et on accueille, comme président, Kim Jong-un.


jeudi 26 mars 2015

Quelques enseignements des départementales...

1- Je pense, malheureusement, que, contrairement à ce que l'on nous serine, depuis dimanche soir, le FN est bien le premier parti de France. Affirmer que c'est l'UMP, c'est de la mauvaise foi, le parti de Sarko étant associé à l'UDI et au Modem, dans la plupart des cas, et l'on ne peut mesurer le nombre de voix qui revient aux uns et aux autres; mais je pense que les 2 partis associés à l'UMP ont réalisé plus que le pourcentage que représente l'écart entre le bloc de droite et le FN (écart entre 3 et 6%, suivant le périmètre retenu), ce qui signifie que, si l'on pouvait déterminer le nombre de voix de l'UMP seule, ce dernier parti est sous les 25% du FN. Bien entendu, je ne me réjouis pas que le FN ait réalisé le plus haut score de cette élection. 


2- Et c'est avec plaisir, par contre, que j'ajoute aussitôt que la FN a échoué ou va échouer dans trois de ses objectifs :

- il n'a pas fait plus qu'aux européennes, et même s'il argue de 400 000 voix supplémentaires, c'est bien parce que la participation aux élections de dimanche dernier fut de beaucoup supérieure. En pourcentage, c'est pratiquement équivalent.
- les sondages plaçaient le FN à plus de 30% et le FN y croyait dur comme fer. La vérité est qu'il réalisa plus de 5 points de moins pour rester à son étiage des européennes
- on peut, sauf événement imprévisible, dire aujourd'hui, que le FN ne gagnera pas les élections régionales dans la nouvelle région Nord-Pas-de-Calais-Picardie. Le tableau que j'ai publié hier (http://alpernalain.blogspot.fr/2015/03/departementales-dans-le-nord-resultats.html) est éloquent. Il signifie que les partis de gauche, en tête, au total, d'après le vote de dimanche, doivent partir unis : vu l'échec de ces départementales, ils y seront contraints. De plus, il est fort probable que M. Le Pen ne se présentera pas à un scrutin qu'elle peut perdre et obérer ainsi sa candidature aux présidentielles qui auront lieu 15 mois après les Régionales : de ce fait, la visibilité du candidat qui conduira la liste, à sa place, sera moins grande et probablement moins crédible. Enfin, la participation plus importante lors d'élections régionales joue en faveur des listes non-frontistes, le FN disposant de moins de réserves de voix dans un second tour, ses électeurs se mobilisant plus que les autres lors des premiers tours.
Le score de 25% réalisé dans 2 élections successives, par le FN,  montre bien les limites du vote en sa faveur et les élections présidentielles précédentes prouvent bien, sauf en 2002, qu'il faut réaliser plus que cela pour être en mesure de figurer parmi les 2 candidats du second tour. En admettant que MLP soit quand même présente à ce second tour, ses réserves de voix sont, je le répète, moindres que celles de ses adversaires potentiels


3- Je n'ignore pourtant pas que la décision de Sarkozy, celle du ni-ni, dimanche soir dernier, aura des répercussions sur les élections suivantes. Ayant décidé que le parti politique, dont il est le président, ne soutiendrait, dans les duels de dimanche prochain, ni le FN, ni la gauche, il se heurte à une résistance, sur le terrain, de la part de ses alliés de l'UDI et du Modem, et également à l'intérieur de son propre parti. Nombreux sont les candidats de droite battus ou qui se sont retirés à l'issue du scrutin de dimanche dernier, qui ont appelé à voter pour le candidat de gauche restant en lice, ou de façon explicite à "battre le candidat FN". 

On ne sait pas si N. Sarkozy sera candidat en 2017 : des affaires judiciaires sont en cours (dont la redoutable Bygmalion), et il n'est pas sûr que, dans une primaire ouverte, il sorte vainqueur de ces éliminatoires, beaucoup d'électeurs de droite n'ayant toujours pas digéré le mandat désastreux 2007/2012 ainsi que l'arrogance de celui qui l'a exercé. S'il était, de nouveau, candidat de la droite et participait au second tour en 2017, beaucoup d'électeurs de gauche se souviendront du ni-ni actuel, alors que eux ont voté Chirac en 2002 contre JM Le Pen, et qu'ils voteront dimanche pour un candidat de droite. Et c'est ainsi que l'hypothèse précédente d'une défaite de M. Le Pen pourrait être remise en cause si Sarkozy était le candidat de la droite aux présidentielles ! Non, NS n'est pas un "rempart" contre le FN. Il est un maillon faible !

Quand on raconte n'importe quoi (et c'est souvent !)

Les élus se sont-ils vraiment voté en douce un « parachute doré » ?

Le Monde.fr | 


En cette période de défiance aigüe à l'égard de la classe politique, c'est un sujet sensible, qui n'a pas manqué pas d'affoler le compteur de l'indignation. Selon l'association Contribuables associés, les parlementaires français se seraient mis d'accord à l'unanimité pour se voter un « parachute doré », en « doublant l'indemnisation des élus à la fin de leur mandat ». Une information reprise par de nombreux sites des sphères libéral-conservatrice et d'extrême droite, qui a également rassemblé plus de 11 000 signatures autour d'une pétition de Contribuables associés, au mépris des vérifications factuelles les plus élémentaires qui s'imposaient.
Ce que dit Contribuables associés :
Que la loi sur le statut de l'élu local adoptée par l'Assemblée nationale le 19 mars à l'unanimité prévoit de doubler de six mois à un an la durée d'indemnisation des élus en cas de défaite électorale. Qu'il obligera une entreprise privée à réintégrer l'élu à la fin de son mandat, la privant de sa liberté de recrutement.
En outre, l'association s'interroge sur le hasard du calendrier qui veut que la loi ait été votée à quelques jours des départementales, qui annonçaient une défaite sévère pour le PS, mettant en danger des centaines d'élus socialistes.

De quoi parle-t-on ?

La loi sur le statut de l'élu local votée en mars contient un catalogue de mesures visant notamment, selon son rapporteur (PS) Philippe Doucet, à diversifier le profil des élus et à « ouvrir l'accès » aux mandats, trop souvent réservés aux hommes et aux retraités. En renforçant certains avantages ou en les étendant aux petites communes, elle doit notamment faciliter l'engagement au niveau local des salariés du secteur privé et des femmes.
Sur cette loi, lire le post de blog : Un meilleur statut pour les élus locaux
POURQUOI LES CRITIQUES SONT EXAGÉRÉES :
Le site Slate.fr a très bien expliqué pourquoi parler de « parachute doré » était approximatif et excessif, en s'appuyant notamment sur les remarques publiées sur Twitter par Pierre Januel, collaborateur des députés écologistes à l'Assemblée.

1. La loi ne concerne que certains élus locaux

Première précision : contrairement aux raccourcis de Contribuables associés et de ses relais, la « loi visant à faciliter l'exercice, par les élus locaux, de leur mandat » ne concerne pas tous les élus mais, comme son nom l'indique, les seuls élus locaux. Toutefois, comme l'association le souligne, la plupart des parlementaires (qui ont voté le texte) exercent aussi un mandat local et pourraient donc théoriquement en bénéficier.
Ensuite, le « parachute doré » en question n'est pas attribué à tous les élus locaux défaits électoralement. Cette « allocation différentielle de fin de mandat »qui existe déjà depuis longtemps, est réservée aux élus battus qui se retrouvent à Pôle emploi (or, comme le rappelle le rapporteur PS du texte, Philippe Doucet, un mandat électoral n'ouvre pas le droit à des indemnités chômage) ou reprennent une activité professionnelle leur rapportant des revenus moindres que leur indemnité de mandat local.
Premier gros bémol : un parlementaire (député ou sénateur) qui perd son mandat local conserve son mandat national, et la rémunération qui va avec, et qui est supérieure à celle du mandat local. Donc des députés ou des sénateurs qui perdraient leur mandat local ne bénéficieraient pas de la mesure dénoncée par « Contribuables », car ils gagneraient trop à côté, grâce à leur indemnité parlementaire et/ou leurs activités annexes.

2. C'est la durée, et non le montant de l'indemnité qui est doublée

Ce que la récente loi a changé, ce n'est pas le montant de cette indemnité, comme certains l'ont dit, mais la durée pendant laquelle les élus peuvent y prétendre : un an au lieu de six mois.
Le montant reste inchangé sur les six premiers mois : au maximum 80 % des anciennes indemnités de mandat de l'élu, avec une dégressivité si l'élu retrouve un travail moins bien payé. La nouvelle loi prévoit que le taux passe à 40 % pour les six mois supplémentaires qu'elle ajoute.
Exemple n°1 : Mme Dupont, ancienne conseillère générale d'un petit département, se retrouve à Pôle emploi et sans aucun revenu. Elle peut prétendre pendant six mois à une allocation s'élevant à 80 % de son ancienne indemnité de 1 520,59 €, soit 1 216 € brut mensuels. Si elle ne trouve toujours pas d'emploi au bout de six mois, elle conservera une allocation de 40 % de son ancienne indemnité : 608 €. Le tout étant imposable.
Exemple n°2 : M. Martin, ancien maire d'une ville de plus de 100 000 habitants, retrouve un petit emploi dans un fast-food payé 1 200 € brut par mois. Il gagne donc 4 312 € de moins qu'avec son ancienne indemnité de 5 512,30 €. Il peut prétendre pendant six mois à une allocation de 80 % de cette différence (3 450 €), puis pendant les six mois suivants à 40 % de cette différence (1 725 €) en complément de son salaire.
En outre, pour être tout à fait complet, il faut noter que la loi ne fait pas que des « cadeaux » aux élus : elle impose aussi une modulation des indemnités des élus locaux en fonction de leur absentéisme, ce qui peut entraîner un manque à gagner pour les moins assidus.

3. La liberté de recrutement n'a rien à voir là-dedans

L'« obligation » pour les entreprises de réintégrer l'élu à la fin de son mandat n'a encore une fois rien de nouveau. Cela s'appelle le « droit à la réinsertion », un système qui autorise depuis longtemps les élus à « suspendre » leur contrat de travail pendant leur mandat et à bénéficier, à leur retour, d'une réintégration – avec, s'ils le souhaitent, un stage de remise à niveau, une formation professionnelle et/ou un bilan de compétences. Cette disposition est censée inciter les personnes de la société civile à s'engager dans la vie politique sans craindre de compromettre leur carrière professionnelle.
La nouvelle loi se contente d'étendre le droit à la réinsertion aux élus des communes de plus de 10 000 habitants (contre 20 000 jusqu'à présent) et à le rendre applicable pendant au maximum deux mandats, au lieu d'un. Si la réintégration d'un salarié au terme de 12 ans d'absence peut ne pas plaire à l'employeur, il ne s'agit en aucun cas d'une question de « recrutement », car le salarié est toujours sous contrat, même s'il ne travaille plus dans l'entreprise.
De même, le « congé électif », qui permet à un salarié d'être libéré une vingtaine de jours lorsqu'il est candidat à une élection, est étendu par la nouvelle loi aux communes de plus de 1 000 habitants, contre 3 500 actuellement. Enfin, le texte place les élus locaux les plus importants (maires et adjoints de grandes communes et membres des exécutifs départementaux et régionaux) qui conservent leur activité professionnelle sous le statut des « salariés protégés », à l'instar des délégués syndicaux – rendant beaucoup plus difficile leur licenciement.

4. La loi n'a aucun lien avec les départementales

Contrairement aux insinuations de la pétition de Contribuables associés, on ne peut guère soupçonner les parlementaires d'avoir fait voter cette réforme du statut de l'élu local pour anticiper leur défaite, ou celle de leurs amis, lors des élections départementales des 22 et 29 mars. En effet, la proposition de loi est dans les tuyaux du Parlement depuis novembre 2012.
En outre, la nouvelle loi n'entrant en vigueur qu'au 1er janvier 2016, elle ne sera pas applicable pour les élus battus lors de ces élections départementales, ni même lors des régionales de décembre 2015.

5. Cela ne coûte pas grand-chose ?

La gestion de l'indemnité de fin de mandat des élus est confiée depuis 2002 à la Caisse des dépôts et consignations. Pour la financer, un Fonds d'allocation des élus en fin de mandat (FAEFM) est alimenté par une cotisation obligatoire des collectivités territoriales. Mais comme très peu d'élus recourent à ce fond, celui-ci est en excédent d'environ 3,5 millions d'euros. Résultat : depuis 2010, le montant de la cotisation a été réduit à... 0 %. Depuis cette date, le FAEFM ne coûte donc plus rien à la collectivité, à l'exception de ses frais de gestion, d'un peu moins de 50 000 euros par an.


Les comptes de l'allocation des élus en fin de mandat
134112401Montant verséNombre de bénéficiaires2008200920102011201220130 €200000 €400000 €600000 €800000 €1000000 €Rapports annuels du FAEFM
2008
 Nombre de bénéficiaires: 134
Si la réforme augmentera mécaniquement le nombre de bénéficiaires et les montants versés, le surcoût devrait donc être limité.