lundi 22 décembre 2014

Recueil (probablement) définitif des binaissades (2)

Binaissade (rappel) : "une formule proférée par l'ex-Maire Eugène Binaisse, qui, soit tombe à plat, soit se veut être un bon mot, soit est une expression involontairement irresponsable".
Sur les 2 binaissades (3/102012) qui suivent, la seconde ressort bien de cette définition, mais la première mérite une attention particulière:

* lors d'un conseil de quartier, le maire est assis à côté d'un habitant-élu de quartier et lui demande son âge: "56 ans", répond notre citoyen. Et le maire de se tourner vers un de ses collègues, élu, en désignant le citoyen: "Et lui, il à l'air de ne jamais avoir beaucoup travaillé !"
Alors oui, toujours cet humour "à 2 balles", mais qui, pour le coup, est méchant, Monsieur le Maire...

* à la salle des fêtes, où l'on parle "fitness", notre bon maire, qui pense au manque de musiciens dans les harmonies, parle des grosses "caisses" manquantes (fitness/grosse caisse, si vous n'avez pas saisi!). Personne, devant ce mauvais goût, ne s'est permis de rétorquer : "binaisse"... Heureusement!



Toutes les binaissades suivantes ont été publiées le 19/10/2012 :


- Lors des journées du patrimoine, un bus empruntait un circuit vers différents lieux héninois remarquables. Probablement agacé par toutes les manifestations (maire, ce n'est pas une sinécure, contrairement à ce qu'on pense), Eugène Binaisse, montant dans le véhicule, interpelle le conférencier et lui assène: "Vous savez, Monsieur Bétrémieux, il va falloir faire vite, car ces dames ont mis un rôti au four et elles ne souhaitent pas qu'il brûle!". Ambiance...

- Lors de l'assemblée générale de la FNACA (anciens combattants), le maire est fortement chahuté (voir ci-après) et, agacé, se fend d'une pure binaissade: "Pendant que vous dormez, moi, la nuit, je vais à droite et à gauche pour un décès ou un incendie...". On espère que ces escapades nocturnes ne perturbent pas trop le sommeil de Madame Binaisse...

Autres soucis du maire:
Lors de cette AG qui "ne s'est pas très bien passé" (dixit un participant) pour lui, notre bon maire a dû subir pas mal d’assauts des anciens combattants (!). Aperçu:
- "on a mis trop de temps pour remettre en place une plaque déplacée". Certes...
- "après chaque manifestation, les drapeaux sont retirés de la façade de la mairie. Pourquoi ne les laisse-t-on pas en place?" "Ils sont abîmés", rétorque bravement le premier magistrat. "Pas vrai", houspille le Président, il y a des drapeaux neufs aux archives"(AA: tiens, ils n'ont pas été volés avec les dossiers?). Suit presqu'une binaissade de la part de notre édile: "à partir de 2014, vous aurez, en permanence, des drapeaux bleu-blanc-rouge sur l'hôtel de ville". Défaitiste, le maire? Pourtant avec le bilan dont il se targue, il se répand en certitudes sur sa victoire aux municipales...Peut-être que son horoscope lui a annoncé de mauvaises nouvelles...

A suivre.

dimanche 21 décembre 2014

Recueil (probablement) définitif des binaissades (1)

Je rappelle qu'une binaissade (néologisme que j'ai inventé) est une formule proférée par l'ex-Maire Eugène Binaisse, qui, soit tombe à plat, soit se veut être un bon mot, soit est une expression involontairement irresponsable. Je rappelle que ces "Binaissades" sont authentifiées, c'est-à-dire qu'elles émanent, soit des personnes concernées, soit de témoins (dont moi-même) ou encore, mais rarement, de personnes sûres à qui l'on a rapporté les propos tenus. Les dates indiquées indiquent le jour où je les ai publiées.


- «Éviter que les élèves ne redoublent pour éviter la surpopulation scolaire.» (26/9/11). Certes, on peut aussi ouvrir des classes...

- «  On fera admettre que la rénovation du quartier va commencer à prendre forme. »(26/9/11). Alambiqué ?

- «  Savoir que nous sommes au milieu des nigauds ne nous console pas. » (28/9/11) en parlant de ses collègues, maires de communes voisines!

- «  Si l'accueil des tout petits n'était pas presque une exception, les effectifs seraient plus nombreux. » (26/9/11). Décryptage? "s'il y avait plus d'enfants en maternelle, les effectifs seraient en augmentation en maternelle et primaire" (compétence de la ville). Interprétation à vérifier...

- « On me note qu'à Birembaut, on refait la peinture dans les WC du boulodrome... » (20/9/11). Qu'est-ce qu'il ne faut pas faire pour vendre sa marchandise ! (Birembaut : un stade héninois)

- " Allez voter sur le registre "(28/9/11). Contraction de "position de vote" et "allez signer le registre des présences" (en conseil municipal).



Les 2 binaissades suivantes (24/9/12) relèvent du 3ème type  rappelé en introduction ("expression involontairement irresponsable") et concernent des commerçants:

1- Le maire rencontre une coiffeuse nouvellement installée à Hénin. Celle-ci lui propose de passer, un jour, voir son salon. Notre bon maire: "Oui, mais je ne me ferai pas coiffer chez vous, car mon coiffeur est installé dans la galerie marchande d'Auchan"!   

2- Le maire est invité à boire un verre dans un café. Quand le tenancier lui dit: "j'espère vous revoir un jour ici, Monsieur le Maire, celui-ci répond: "Non, car, en principe, je ne vais jamais dans les cafés"...
(Vous noterez que, cette fois-là, il n'a pas dit qu'il fréquentait les cafés du centre commercial !)



samedi 20 décembre 2014

La Dalida de l'extrême droite !

Les interviews (presque) imaginaires du "Canard".
Marine Le Pen : "Je ne resterai pas au milieu du gay"

La présidente du Front national nous reçoit dans un bar du Marais, à Paris.

Question. Marine, que faites-vous là, au milieu de tous ces hommes ?
Marine Le Pen. - Je drague les homos. Après les enseignants, les pieds-noirs, les paysans, j'attaque ce nouveau segment.
Q.- Mais c'est du communautarisme !
MLP. - Tout à fait ! Et ça marche ! Je viens de recruter Sébastien Chenu, fondateur, en 2001, de GayLib, une association homo de l'UMP. J'espère vous présenter bientôt d'autres trophées : une lesbienne, un trangenre, un bisexuel.
Q.- Jean-Marie Le Pen doit être furieux.
MLP. - Pas du tout ! Quand je lui rappelle qu'Ernst Röhm, fondateur des SA hitlériennes, était homo, il se calme immédiatement.
Q.- J'ai du mal à vous croire. En février 1984, sur Antenne 2, votre père déclarait : "L'homosexualité constitue une anomalie biologique et sociale (...). L'activisme homosexuel fait peser une menace mortelle sur notre civilisation." En 1995 : "Je confesse qu'il doit y avoir des homosexuels au FN, mais il n'y a pas de folles. Les folles, on les envoie se faire voir ailleurs."
MLP. - C'est fini ! Aujourd'hui, je tends la main à tous les électeurs folles de ce pays.
Q. - Physiquement, vous attirez les gays ?
MLP. - En effet, j'ai l'ambition d'être la Dalida de l'extrême droite. J'apprends à danser. D'ailleurs, vous aurez des surprises le 8 mai, lors de notre défilé national. Ce sera une Gay Pride patriotique.
Q. - Devant la statue de Jeanne d'Arc ?
MLP. - Oui ! Ras le bol du politiquement correct ! Il est temps que la France admette que Jeanne d'Arc était transgenre. Les garçons, tournée générale !

Propos (presque) recueillis par Frédéric Pagès. 

Je suis arrivé sur ces entre faits et j'avais quelques questions à poser à la Dalida de l'extrême droite, et j'obtins, tout surpris, des réponses :

AA : Pourquoi, pensez-vous, que le FN attire autant les gays ?
MLP : Parce que nous sommes un parti d'ordre, ce qui plait à ceux qui ont toujours vécu, cachés, dans l'interdit... 
AA : Mais, au FN, on a toujours fait la chasse, aux "pédés", comme l'expriment encore vulgairement beaucoup de militants...
MLP : Ils savent que je vais les protéger, que je suis leur mère en quelque sorte...
AA : Et quand vous vous rendrez à Vienne à la fête des néo-nazis européens, en emmènerez-vous ?
MLP : Bien sûr, et j'espère qu'ainsi un nouvel essor de nos idées naîtra des rencontres sur place... 
AA : Et votre grand ami, Poutine, cela ne vous dérange pas qu'il soit homophobe ?
MLP : Vous savez, c'est un Slave, et leur culture est différente... on ne peut pas comparer.

vendredi 19 décembre 2014

"Bassin miné" sur La Chaîne Parlementaire

Version courte du documentaire (1h au lieu de 1h22)

Politique par

Synopsis de Bassin miné
Au premier tour des élections municipales de 2014, le Front national emporte la maire d'Hénin-Beaumont. Le nouveau maire, Steeve Brivois, a su profiter des défaillances et des erreurs de ses adversaires. L'arrivée au pouvoir de l'extrême-droite est aussi le résultat d'un stratégie politique qui a prospéré sur le terrain de la désespérance sociale dans une région traditionnellement de gauche.

La critique TV de télérama du 20/12/2014

On aime beaucoup
23 mars 2014. Au soir du premier tour des élections municipales, Steeve Briois, candidat du Front national, l'emporte à Hénin-Beaumont avec 50,26 % des suffrages exprimés. Comment le parti d'extrême droite a-t-il fait pour rafler ce bastion ­socialiste du Nord-Pas-de Calais ? « Par quel mystère ce berceau du mouvement ouvrier français est-il devenu en l'espace d'une décennie une terre de mission » du parti frontiste ? s'interroge en exergue le film.
Observateur familier de la vie politique d'Hénin-Beaumont, Edouard Mills-Affif mettait au jour, dès 2003, avec Au pays des gueules noires. La fabrique du Front national, les méthodes d'implantation et de quadrillage militant de Briois, alors conseiller municipal d'opposition. A l'époque, l'ancien vendeur d'abonnements Numéricable n'est pas avare en confidences sur sa stratégie d'enracinement : « Comme dans le commerce, il faut convaincre le client qu'on a le produit qui convient. C'est un peu... l'offre et la deman­de, en fait... En quelque sorte, il y a un marché, c'est l'électorat. » A l'échelle locale, il teste alors les recettes de la conquête, de la dédiabolisation du parti. Ne rien oublier de l'idéologie du Front, mais se tourner vers les couches populaires, surfer sur la souffrance sociale de l'ancien bassin minier déserté par les emplois...
Entremêlant séquences de 2003 et tournage contemporain, Mills-Affif décortique avec force les mécanismes convergents qui ont scellé l'ascension du Front. A l'efficacité des techniques de marketing répond le vide laissé par le PS, empêtré dans des affaires de corruption, le terrible sentiment de trahison et d'abandon de la population. Mais au-delà de l'état des lieux, le film, au commentaire très écrit, se veut chambre d'écho de la moitié des Héninois, qui ne votent pas FN. Faisant paradoxalement de la ville le laboratoire de la riposte au parti d'extrême droite. — Marie Cailletet


Prochaines diffusions TV de l'émission Bassin miné

Bassin miné
samedi 20/12/2014 à 22:00 sur La Chaîne parlementaire Ajouter ´ mes alertes
Showview : 37457117
voir dans le programme TV
169 -TP

dimanche 21/12/2014 à 18:00 sur La Chaîne parlementaire Ajouter ´ mes alertes
rediffusion
Showview : 16250421
voir dans le programme TV
169 -TP

jeudi 18 décembre 2014

Que dire après 6 jours d'audiences à la Cour d'appel de Douai ? (2)

Un autre grand mystère de cette affaire n'a pas été levé et je suis obligé, une nouvelle fois, de poser la question : où est passé l'argent détourné par ceux qui ont été condamnés pour détournement de fonds publics ? A commencer par Gérard Dalongeville qui a détourné de l'argent public, dont on n'a pas retrouvé la moindre trace... Pourquoi n'a-t-on jamais reparlé de ses voyages à Saint-Domingue, paradis fiscal ? Quid des 800 000 euros déposés chez un notaire pour un achat immobilier, par la mère de GD ? Donc, ce cher Gérard a soustrait beaucoup d'argent de la poche des Héninois et, jamais depuis le début du procès, en juin 2013, on ne lui a posé la question de savoir ce qu'il a fait de ce "pognon". Pourquoi tant de discrétion ? Il a bien avoué, en se désistant de l'appel, qu'il était coupable, non ? Coupable, mais il n'a rien touché ! Je ne crois pas à la thèse du financement du PS. D'ailleurs cette accusation a fait pschitt... Mais je suis toujours aussi fermement persuadé que les élus locaux se sont constitués des "caisses noires" pour utilisation lors des campagnes électorales (ce que GD a d'ailleurs reconnu pour sa campagne de 2008), le surplus pouvant rejoindre certaines poches, dont les leurs...

J'avais critiqué ici-même, et je ne fus pas le seul, la méthode utilisée par l'avocat de la ville pour réclamer 6 millions d'euros de dommages-intérêts. La ville, en première instance, avait repris l'ensemble des factures litigieuses et avait estimé que cela représentait son préjudice matériel. Outre que, sur certaines de ces factures, Dalongeville fut relaxé, il apparut (comme le souligna l'avocat de l'ancien maire), que l'on réclamait la TVA... D'autre part, le favoritisme ou le détournement de fonds ne concernait qu'une partie des factures puisque les prestations furent, dans la plupart des cas, exécutées. Pour clore la critique de la méthode, les tribunaux n'aiment pas qu'un préjudice soit évalué forfaitairement. Et il est vrai qu'en prenant chaque facture séparément, on pouvait fixer le préjudice subi : par exemple, quand il y avait surfacturation ou lorsque on avait retenu l'offre la plus chère (!). Pour cette raison, certains avocats préconisaient un audit sur l'ensemble des factures incriminées... En ce qui me concerne, je considère que le préjudice matériel de la ville est assez simple à cerner. En 2004, la CRC concluait que le déficit cumulé de la ville était de 12 millions. En 2008, rebelote : déficit de 12 millions. Qui a payé les 24 millions nécessaires à la remise à flot des finances : les contribuables héninois ont payé 24 millions d'impôts supplémentaires pour renflouer la ville. C'est un préjudice certain ! Concernant le préjudice moral, c'est un peu plus compliqué... Mais, là, le montant est moins élevé et relève de l'appréciation des tribunaux : comment quantifier la détérioration de l'image de la ville... En tous les cas, la ville a eu tort de conserver la méthode d'évaluation présentée en première instance, car le préjudice risque d'être réévalué à la baisse... Dommage que le nouvel avocat ne se soit pas cassé la tête en ne faisant qu'un copié-collé" du travail de son prédécesseur. De plus, comme il fut absent lors des audiences, il n'a pas entendu les critiques...

Aussi bien à Béthune qu'à Douai, on a pu se rendre compte à quel point la mise en charpie des finances de la ville fut facilitée par le silence des uns et des autres : en interne, quels sont les agents qui ont utilisé les possibilités et le devoir qui leur est fait de dénoncer les malversations, par l'article 40 de leur statut ? Je pense qu'il n'y en a eu aucun, même si certains se sont épanchés auprès de citoyens élus ou pas. Aucun élu n'a dénoncé ce qui s'est passé : même sans élément probatoire, un élu se rend compte de ce qui se passe et il a le droit de poser des questions et, in fine, il peut démissionner. J'ai toujours dit que les élus majoritaires étaient tous coupables, car tous savaient que des choses anormales se passaient, même s'ils n'en avaient pas le détail. Bien sûr, certains nous font le coup de la "résistance intérieure", mais nous savons ce qu'il faut en penser... Même chose pour le FN, alors dans l'opposition, qui n'a absolument pas bougé, sauf quelques petits cris étouffés, mais jamais plainte ne fut déposée ou alors ce fut bien discret et pas suivi...

Quant à la justice, elle ne fut pas à la hauteur : instruction partielle, procès béthunois n'allant pas à l'essentiel (où est passé l'argent ?), ordonnance de renvoi truffée d'erreurs, audiences douaisiennes sans pouvoir d'investigation réel (manque de pugnacité de l'avocat général, absence de GD qui, peut-être, aurait pu être cité comme témoin ?). Une occasion gâchée de montrer que les élus ne peuvent pas faire n'importe quoi...

Lorsque l'arrêt sera rendu, dans à peine 2 mois, nous entendrons, une nouvelle fois, des mises en causes de la justice et des partis "pourris"...

mercredi 17 décembre 2014

Que dire après 6 jours d'audiences à la Cour d'appel de Douai ? (1)


Le constat est toujours le même : "Tout ça pour ça !"
Une instruction qui a duré 4 ans, un procès de 3 semaines, à Béthune, ultra-médiatisé, 6 jours d'audience à Douai, et tout cela pour constater que, finalement, le responsable du dépeçage des finances de la ville ainsi que ceux qui l'ont aidé (activement ou passivement) vont pouvoir vaquer à d'autres occupations... Oh, bien sûr, certains auront passé quelques mois en détention préventive, d'autres ont vu leurs affaires péricliter. Ceux qui écoperont de prison ferme verront cette peine aménagée (la présidente à Douai a demandé à Guy Mollet s'il était prêt à porter un bracelet électronique !). Quant aux amendes et dommages-intérêts, il y a longtemps que les "durs à cuire" que nous avons vu défiler, ont organisé leur insolvabilité (l'un de ces protagonistes a avoué qu'il remboursait 1,70 euro par mois pour une condamnation...).  Quand on pense que les 24 millions de déficit cumulé (voir les rapports de la CRC en 2004 et 2008) ont été payés par le contribuable héninois (hausses d'impôts) et que là se trouve le préjudice de la ville, on est abasourdi à l'avance par ce que sera la réparation des préjudices matériel et moral qui sera finalement allouée à la ville. Pas besoin d'être grand clerc pour deviner que la réclamation de son préjudice par la ville sera balayée par la Cour tant son mode de calcul est complètement "à côté de la plaque"(voir ci-dessous).

Vous l'avez compris : le bilan, même avant l'énoncé de la décision, est un fiasco complet. Non seulement, les peines et amendes prononcées à Béthune pourraient être rabotées, mais les réparations dues par les responsables seront fortement diminuées et probablement jamais payées.
Quant on voit les protagonistes qui s'en donnent à cœur joie durant les suspensions de séance, que ce soit dans le prétoire, dans les parvis, ou dans les cafés, on les imagine repartant bras dessus, bras dessous, vers un repas bien arrosé du côté de chez Mimi (près de la Camargue) où ils rejoindront mardi midi Jean Guasti, absent cette semaine, pour, lors d'une grande fête bien arrosée, célébrer une amitié complice et le fait que la justice pourrait leur être clémente. Certains ne sont plus en état pour recommencer à chercher des élus compatissants auprès de qui ils pourraient faire de bonnes affaires, mais nul doute que les plus jeunes sont déjà à l’affût de collectivités où "il y a des opportunités" (c'est suite à cette indication prononcée au Luxembourg que le lorrain Bertholdi avait rencontré Dalongeville) : on se donne le mot et l'on flaire le bon coup. Vous vous rendez compte : un maire qui octroie des marchés sans passer par les règles contraignantes du Code des marchés publics, une collectivité à qui vous pouvez facturer ce que vous voulez, à vous voir même payé en priorité, même, dans certains cas, sans effectuer de prestations. Et puis, si, par hasard, il y avait une mise en concurrence, qu'importe ! Même le plus cher, parmi les concurrents, vous serez choisi, en fonction de critères dont vous vous moquez éperdument. Vous n'oublierez pas, mais cela vous le savez, qu'il faudra bien graisser quelques pattes, parmi les administratifs et les élus. Que dis-je là ? A la mairie d'Hénin-Beaumont, on pourra même vous dire le nom des 2 cadres qui en ont bien profité. Ils ont pourtant été entendus comme témoins, à l'époque, mais aucun des 2 n'a été cité. Aujourd'hui, c'est trop tard, ils sont morts... De même, n'a-t-on pas entendu, depuis le début de l'instruction, les noms des sociétés EBTM, Masquelier, Ramery... Qui travaillaient avec la ville d'Hénin-Beaumont et bien d'autres collectivités... Et-ce pour cette raison que l'on n'a pas entendu parler d'elles ? Il est un fait que parmi la trentaine d'entreprises mises en cause dans l'affaire d'HB, aucune n'a travaillé avec d'autres collectivités du secteur... Tiens, tiens, EBTM, Masquelier et Ramery auraient été vertueuses quand elles travaillaient sur HB ? Tout cela, ces embrassades (et je pense à certains baisers entre certains de ceux qui ont défilé devant la barre de la Cour), fait irrésistiblement penser à la Mafia : le Parrain, on le connait, ses complices on les a vus, tous de connivence. Preuve supplémentaire : on n'a jamais chargé le Parrain, alors qu'il était absent des débats... J'ai même entendu un avocat rabrouer son client pour qu'il ne mette pas en cause l'ex-maire : il faut dire que, s'il l'avait fait, il s'enfonçait lui-même également... Je ne dis pas que des avocats faisaient partie de la Famille, mais on ne peut que s'étonner que l'un d'entre eux ait mis en cause les journalistes (sans parler de moi-même) comme si la liberté de parole n'était pas une garantie de la démocratie...

A suivre


mardi 16 décembre 2014

Affaire "Dalongeville" : 6ème jour du procès en appel.

Dernier jour du procès en appel, ce mardi... La décision sera rendue le 12 février à 9 heures.
Plaidoiries pour les derniers appelants ou non :
- Bertholdi : celui qui avait obtenu des commissions de E Clean avant toute prestation... Son avocat demande la relaxe de touts les préventions.
- Bellahcène : relaxe demandée vis-à-vis de Pauchet. Il n'y a pas eu de préjudice moral.
- Mazzolini : demande de relaxe sur toutes les préventions.
- Calogero Alaimo : il s'était désisté de son appel. Il comparait suite à l'appel de M. Pauchet, notamment sur le préjudice moral.
- Guasti : Conteste les dommages-intérêts.
- Chartier (Camargue et location de meublés) appel sur les dispositions pénales et civiles. Pas d'accord également sur les dommages-intérêts réclamés par la ville. Il ne veut pas qu'on le stigmatise en raison de son impressionnant casier judiciaire (il donne même quelques cours de droit à la Présidente, lui l'autodidacte qui a passé près de 30 ans en prison !). A noter que l'avocat général avait pris soin de préciser que la peine demandée ne tenait pas compte du casier... mais "Mario" est sourd, dans tous les sens du terme (c'est même Guy Mollet qui a servi d'interprète, avec des traductions souvent... très libres !).
- Les avocats des frères Foughali ("intimés" suite aux demandes de réparation des préjudices de la ville) estiment que les dommages-intérêts auraient dû être fixés suite à un audit sur les préjudice matériel et moral. Incroyable de constater que l'ensemble des préjudices moraux réclamés aux 2 frères s'élève à 199 900 euros, ce que la jurisprudence n'alloue pas, même aux victimes des crimes les plus crapuleux. Ils s'étonnent également que le tribunal de Béthune n'ait pas motivé les condamnations concernant le préjudice de la ville.

Dans l'ensemble, pour ceux qui avaient fait appel, les avocats ont demandé des relaxes, notamment sur les recels de détournement de fonds publics et les recels de favoritisme, en s'élevant contre les requalifications de recel en complicité, les premiers étant difficilement soutenables quand l'auteur principal a été relaxé du délit de favoritisme ou de détournement pour certaines factures.
L'ensemble des avocats a porté la même critique que l'avocat de Dalongeville sur les dommages-intérêts réclamés par la ville. Le mode de calcul, à savoir reprendre l'ensemble des factures (même celles pour lesquelles aucune prévention n'a été retenue) comme représentant le préjudice de la ville, même quand la prestation a été réalisée, avait paru farfelu à beaucoup. Il est étonnant que le nouvel avocat de la ville se soit prêté à ce jeu-là. J'ai déjà dit combien ce conseil n'a servi à rien : il a repris idiotement les conclusions de première instance et a brillé surtout par son absence. Je pense que ses honoraires devraient être fixés à hauteur d'un pourcentage relativement bas (1/4 à un tiers) de ceux qui ont été payés en premier instance au conseil précédent de la ville. Cela ne vaut pas plus... Je n'ai pas hésité à ce propos de parler de copinage car l'arrivée de cet avocat, proche du FN, ne doit pas conduire à dépenser des sommes importantes au détriment des Héninois qui ont été très mal défendus. On sait pourtant que l'on ne doit pas jouer avec l'argent des contribuables...
D'autant plus qu'il ne fait aucun doute que les dommages-intérêts alloués à la ville seront réduits dans de fortes proportions...

Je reviendrai, dans les heures prochaines, sur les leçons à retenir de ces 6 jours d'audience.