lundi 26 septembre 2016

On prépare les élections un peu partout...

Campagnes électorales en vue et le grand n'importe quoi commence... 
Aux Etats-Unis, Trump (mélange de Le Pen père et fille plus Sarko) est effrayant ! Sa dernière trouvaille ? Pour le débat de la nuit prochaine (à 3 heures du matin, en France, visible sur une des chaînes d'information continue), il compterait faire venir une ex-maîtresse de Bill, époux de son adversaire Hillary Clinton ! 
En Allemagne, Merkel, devant la baisse très forte de sa popularité, fait marche arrière sur sa politique généreuse d'accueil d'immigrés... Il faut dire que des élections fédérales auront lieu entre août et octobre 2017 !
En Russie, Poutine n'a pas besoin de tout cela pour que l'on vote pour lui... Il suffit de faire taire ses opposants et tous les moyens sont bons ! Certes, il n'y a jamais eu autant d'abstentions de la part d'une population dégoûtée par les méthodes utilisées... Remarquez qu'Ali Bongo a fait encore mieux, au Gabon. Comme il lui manquait quelques voix pour gagner contre son ex-beau-frère, Jean Ping, il a retardé la clôture du scrutin, avant d'annoncer que, dans sa province (capitale : Franceville), il avait obtenu suffisamment pour devancer son adversaire de 6000 voix. Faut dire que dans cette région, la participation avait été de 98%, alors que dans le reste du pays, moins de 50% des électeurs s'étaient déplacés... De là à penser que le report des résultats au surlendemain avait permis... 
En France, les candidats ne font pas dans la dentelle non plus... Tiens, justement Hollande se rend ce jour dans la capitale de cette industrie (la dentelle...). Que Sarko y soit allé la semaine précédente n'est que pure coïncidence... Il paraît que le président en place y croit encore malgré les sondages désastreux. Est-ce la raison pour laquelle il ne se rendra pas dans la "jungle" de Calais ?
M. Le Pen, qui retournera peut-être voir Poutine pour obtenir un prêt pour les élections de 2017 (les banques françaises lui refusant tout crédit, paraît-il) est une admiratrice de Donald Trump, mais elle n'ira le rencontrer qu'en cas de victoire du candidat républicain en novembre. Dans l'entourage de Trump, on avoue que, "à l'heure actuelle, Donald Trump, qui tente de polir son image auprès de l'opinion américaine n'est sans doute pas enthousiasmé par la perspective d'être immortalisé aux côtés de la patronne du parti d'extrême droite français " (Le Parisien, 23/9).
Sarkozy, le contorsionniste, avait d'abord plaidé que " dès que l'on devient français, nos ancêtres sont gaulois", puis vient de se raviser, devant le tollé suscité, qu'étaient également nos ancêtres "les soldats de la légion étrangère qui se battaient à Camerone et les tirailleurs sénégalais", et que mêmes" les Gaulois, c'étaient aussi les rois de France, les Lumières, Napoléon, les grands républicains", etc. Au fait, savez-vous où la fameuse phrase sur "nos ancêtres les Gaulois" a été prononcée, le 19/9 ? A Franconville... Étonnant que personne n'ait fait le rapprochement jusqu'ici, alors que certains estiment que les Francs sont tout autant nos ancêtres...
Nous reviendrons sur les autres candidats, en France : il y a beaucoup à dire...

dimanche 25 septembre 2016

En lisant le Canard Enchaîné...

- Sarko : "Dès que vous devenez français, vos ancêtres, ce sont les Gaulois"
Et, dans l'affaire Bygmalion, qui s'est fait gauler ?
AA : Et ça ne compte par pour des noix...

- Le mur du çon :
Franchi en piqué, lors d'un meeting à Franconville (Val d'Oise), par Nicolas Sarkozy, à propos de la nationalité française :
"A partir du moment où on l'acquiert, on vit comme un Français et nos ancêtres sont les Gaulois".
En 2007, le même Sarkozy de Nagy Bocsa évoquait ses origines de"petit Français de sang mêlé". Hongrois rêver !
AA : Sarko est magyar depuis l'âge de 18 ans

- La noix d'honneur :
Décernée à Henry Hermann, homme d'affaires toujours jeune (92 ans) et soutien d'Emmanuel Macron et de son épouse, Brigitte. Au "Figaro" (19/9), à propos de cette dernière, Hermand raconte :
" Elle a orienté ses lectures, veillé à ce qu'il ne se disperse pas. Il a eu de la chance, étant très jeune, d'être en vie commune. Il n'a pas, au contraire de la majorité des gens brillants de son âge, multiplié les copines." 
C'est depuis ce temps-là qu'il ne regarde ni à droite ni à gauche ?
AA : Macron est complètement chocolat sur ce coup-là !

- Lu dans "Le Monde" (17/9) : "Bruno Le Maire présente un projet présidentiel de... 1000 pages." Un peu léger.
AA : Mais, c'est du lourd selon Le Maire...

- Louis Aliot, vice-président du FN, précise le positionnement de Marine Le Pen ("Le Monde", 16/9) : " Elle incarne un équilibre entre identitarisme intégral étroit et souverainisme intégral limité. " La pauvre femme !
AA : au FN, on sait parler aux Français !

samedi 24 septembre 2016

Quand est-ce que l'on comprendra ce qu'est le FN ?


Je relaie, ci-dessous, l'information publiée par David Noël, conseiller municipal d'opposition héninois, en y ajoutant 2 observations :
- écoutez l'interview du maire d'HB et vous comprendrez ce que signifie le mot "médiocrité";
- d'autre part, son argumentation est ridicule : il n'y a pas de migrants actuellement à HB. Quant aux quelques Roms présents, on se demande bien en quoi ils dérangent les habitants de la ville... Mais faire peur à la population, voilà bien le ressort du FN !
Et dire que type est considéré comme "ministrable" ! Pauvre France... Comment faire comprendre cela à ceux qui votent FN ! Je rappelle que cet homme politique est pire que la majorité des hommes politiques français : il cumule, soutient une adjointe fortement soupçonnée fraudé le RSA ((au moins Cahuzac avait-il démissionné !), empêche l'opposition, par des brouhahas organisés, de s'exprimer en conseil municipal, utilise l'argent public pour son parti (le journal municipal de propagande) ou pour son confort personnel (véhicule haut de gamme sur le compte de la mairie)...



"Dans une interview donnée mardi matin à Grand Lille TV (http://www.dailymotion.com/video/x4udd57http://www.dailymotion.com/video/x4udd57Steeve Briois a annoncé son intention de présenter sa charte anti-migrants au prochain Conseil municipal d'Hénin-Beaumont. Il a également annoncé son intention de ne plus aider les associations d'Hénin-Beaumont qui viennent en aide aux migrants, visant de manière implicite le Secours Catholique et le Secours Populaire.

Après avoir refusé d'accorder un nouveau local à l'antenne héninoise du SPF, dont le local municipal qu'elle occupait jusqu'alors est voué à la démolition pour cause de passage du Bus à Haut Niveau de Service, la municipalité frontiste, qui avait reproché à la présidente de l'association son engagement politique, avait pourtant nié toute mesure de rétorsion politique et même évoqué le versement d'une subvention au Secours Populaire.
On comprend désormais quelle sera la contrepartie : si le comité SPF d'Hénin-Beaumont veut bénéficier d'une subvention municipale, il devra abandonner toutes ses actions de solidarité internationale.
Il en sera de même pour le Secours Catholique, dont les bénévoles, chrétiens engagés de la paroisse Sainte-Claire-en-Héninois, viennent en aide aux étrangers et mènent des actions de solidarité internationale.
Les associations caritatives héninoises sont prévenues : la mairie frontiste n'aidera plus aucune association qui s'aviserait d'aider par des collectes de vêtements ou des collectes alimentaires les réfugiés qui fuient la misère et la guerre.

vendredi 23 septembre 2016

Qui ira rejoindre Giscard, Chirac et Sarko pour une retraite dorée ?

L'hypothèse d'un second tour Sarkozy-Le Pen, aux présidentielles de 2017, se profilant, beaucoup envisagent d'aller voter Juppé lors de la primaire de droite (cf 1). D'autres, comme Cohn-Bendit, se voient bien "rouler" pour Macron (cf 2). Mais si vous voulez savoir ce qui vous attend, une fois élu, puis battu, ne soyez pas pessimiste, vous ne serez pas à la rue... (cf 3).

1- La primaire de la droite et du centre risque fort d’attirer des électeurs issus de la gauche et de l’extrême droite. Si le phénomène est pour l’heure jugé « marginal »par les candidats, il pourrait influer sur le résultat du scrutin. Autour d’un même credo : empêcher Nicolas Sarkozy de briguer un deuxième mandat présidentiel. C’est l’un des enjeux majeurs de la primaire de la droite et du centre. Pour ne pas dire le principal. Les 20 et 27 novembre, l’élection qui désignera le candidat LR (ex-UMP) pour la présidentielle de 2017, se jouera en grande partie sur le nombre de personnes qui se déplaceront dans les 10 337 bureaux de vote installés un peu partout sur le territoire. Avec une équation assez simple : plus il y aura de votants, moins les chances de Nicolas Sarkozy de l’emporter seront importantes. Favori du noyau dur du parti – qui revendique quelque 230 000 adhérents –, l’ex-chef de l’État souffre encore de la défiance d’une majorité des Français, toutes tendances confondues. Électeurs de gauche, du Front national, mais aussi de droite qui, déçus par son mandat, ont fini par céder aux sirènes de l’extrême droite. (Médiapart)
2-"Moi je vote, dès le premier tour, pour celui qui est le mieux placé pour éviter un deuxième tour Sarkozy-Le Pen", a commenté Daniel Cohn-Bendit, sur France-Info. Il a d'ailleurs étayé un petit scénario en cas de victoire de Nicolas Sarkozy à la primaire de la droite en novembre : "Le centre droit est orphelin, le centre gauche va-t-il se replier derrière Hollande? Non. Donc, vous avez un espace. Si Macron, dans les sondages, sort à 3%, 4% derrière Sarkozy, tous ceux qui s'étaient repliés derrière François Bayrou filent vers Macron, tous ceux qui se replient derrière Hollande filent vers Macron et il est à touche-touche avec Sarkozy au premier tour."
Si ce scénario ne se produit pas, pour qui votera Daniel Cohn-Bendit dans un second tour opposant Nicolas Sarkozy et Marine Le Pen? Il y a quelques mois, il aurait répondu pour l'ancien Président, confie-t-il. Mais face à la campagne menée et aux propos tenus, il a changé d'avis et pourrait pencher vers l'abstention : "Quand je vois sa campagne, je suis muet, je suis paralysé. Je ne peux pas." (JDD 22/9)
3- A eux trois, Valéry Giscard d'Estaing, Jacques Chirac et Nicolas Sarkozy coûtent plus de 10 millions d'euros par an aux contribuables. Le rapport confidentiel remis par la Cour des Comptes et le Conseil d’Etat à François Hollande (et révélé ce mardi par le site Médiapart) sur le coût des anciens chefs d’Etat préconise un coup de rabot conséquent sur les avantages substantiels dont continuent de bénéficier nos trois “ex”. 
Ainsi, les anciens chefs d’Etat disposent chacun d’un logement meublé avec personnel d’entretien, de neuf collaborateurs de leur choix, de deux chauffeurs et d’une voiture à vie, payés par les contribuables. 
La Cour des Comptes suggère de le réduire de moitié après dix années. René Dosières (ce député qui traque les dépenses de l'Etat) suggère d’aller encore plus loin et de pratiquer cette diminution au bout de cinq ans. Autre idée : supprimer les personnels de sécurité de leurs résidences secondaires lorsqu’ils ne s’y trouvent pas.
Actuellement ils touchent une indemnité à vie de 6000 euros à laquelle il faut ajouter leur rémunération en qualité de membre de droit du Conseil Constitutionnel à hauteur de 14.000 euros. Le rapport propose de supprimer la présence des anciens présidents au Conseil Constitutionnel.(Lci.fr)

jeudi 22 septembre 2016

Poutine, le FN...

Rappelons que le modèle de M. Le Pen, c’est Poutine. Et c’est à la lecture de cet éditorial que l’on peut pressentir comment le FN entend, s’il devait un jour gagner la présidentielle (rassurez-vous, ce ne sera pas en 2017 !), gouverner la France. On en a déjà une petite idée avec la façon dont il gère les villes qu’il a conquises en 2014. L’exemple d’Hénin-Beaumont, celui que je connais le mieux (et pour cause !), est significatif : dans une ville de 27 000 habitants, personne n’imaginait que l’on pouvait juguler la presse locale, l’opposition et les associations « mal pensantes ». Figurez-vous que Briois et ses sbires l’on fait !
Vous lirez que Poutine a un bilan désastreux (le texte oublie même le scandale du dopage !), comme Briois à HB. Une des raisons de la probable réélection du dictateur russe, c’est la désaffection des électeurs qui pensent que l’on ne peut rien changer au système… Pourvu que les Français…

Poutine vers un quatrième mandat
Le Monde
Editorial du 20/9/2016 


Dix-huit mois de récession économique continue, la plus longue depuis l'arrivée au pouvoir, en  2000, de Vladimir Poutine, n'ont pas pesé sur le résultat des élections législatives organisées dimanche 18  septembre en Russie. Pas plus que les revers encaissés depuis deux ans par le Kremlin, qu'il s'agisse des sanctions internationales en réaction à l'annexion de la Crimée et au conflit dans l'est de l'Ukraine, ou des sanctions sportives liées au scandale du dopage. Rien n'a joué. Le parti au pouvoir, Russie unie, a obtenu une écrasante majorité à l'issue du scrutin. Les sièges de la Douma, la Chambre basse du Parlement russe, seront détenus à 76  % par ses députés.
Ce premier test électoral national depuis l'annexion de la Crimée ouvre un boulevard à M.  Poutine pour la présidentielle de 2018. Bien qu'il n'ait pas encore annoncé son intention de briguer un quatrième mandat, personne ne doute des intentions du chef de l'Etat, âgé de 63 ans, et crédité d'une popularité record avec 86  % d'opinions favorables.
M.  Poutine n'a pas de concurrent. Cette fois encore, l'opposition, désunie et vilipendée à longueur de temps, accusée d'être manipulée par les Etats-Unis, n'est pas parvenue à franchir l'épreuve des élections. La fraude, du moins à Moscou et Saint-Pétersbourg, les deux principales villes du pays, n'a même pas atteint l'ampleur des falsifications constatées lors des précédentes législatives, en  2011. Nul besoin.
Russie unie a fait le plein de son électorat. Ses obligés et les convaincus sont allés voter. Les mécontents, eux, sont restés chez eux. Ils sont pourtant majoritaires. Pour la première fois depuis 1993, date des premières élections législatives organisées en Russie après l'effondrement de l'URSS, moins de 50  % des électeurs ont été aux urnes. Les autres étaient convaincus que leur voix ne changerait rien à la situation.
Le terrain avait été préparé. Commencée pendant l'été, la campagne, pour ces élections anticipées de trois mois, a été étouffée. Aucun programme n'a été débattu, aucune grande réunion publique n'a eu lieu. En parallèle, les organisations russes indépendantes sont toujours un peu plus discréditées et enregistrées les unes après les autres sur la liste des " agents de l'étranger " tenue par le ministère de la justice. Juste avant le scrutin, l'institut de sondages Levada a été à son tour affublé de cette étiquette infamante. L'espace des voix critiques se réduit. Une vidéo sur la somptueuse résidence du premier ministre, Dmitri Medvedev, survolée à l'aide d'un drone, diffusée quelques jours avant les élections par l'opposant Alexeï Navalny, a été regardée plus d'un million de fois. Sans influence sur le résultat.
A Moscou, la comparaison avec la chancelière allemande, Angela Merkel, qui assume son troisième mandat et dont le parti essuie au même moment une série de revers électoraux, est sans cesse rebattue. Elle n'a rien d'illogique. Les médias russes pro-Kremlin pilonnent sans relâche sur le thème de la crise des migrants en Allemagne, tout en relayant les discours rassurants du pouvoir russe sur le thème " la crise est derrière nous " –même si les grands indicateurs sociaux sont repartis à la baisse.
La légitimité renouvelée de M. Poutine va lui permettre de lancer de nouvelles réformes. Les services de sécurité, piliers du pouvoir, vont être ainsi réorganisés. Peut-être parce qu'au Kremlin, on se souvient bien qu'à la veille de la chute de l'URSS, en  1990, le Parti communiste soviétique était lui aussi crédité de… 86  % d'opinions favorables.


mercredi 21 septembre 2016

L'intégration des Musulmans en France est en cours...

Comme on le lira dans l’étude ci-dessous (" Pour la première fois, un sondage met en lumière les divergences au sein de la deuxième religion en France"), les Musulmans ont une pratique de la religion plus importante que celle de la majorité de la population française. Il y a fort à parier que cette tendance va se rapprocher de celle des autres religions qui, avec le temps, se sont sécularisées au sein de la société française : le nombre de mariages mixtes va grandissant, l’école de la République et le contact avec le reste de la population française font entrer les Musulmans dans le moule de la société française (tout en conservant, s'ils le souhaitent, leurs convictions religieuses). En d’autres termes, les Musulmans s’intègrent petit à petit au sein de la République française, comme l’ont fait les Juifs dans la seconde moitié du XXème siècle. Pour cela, il convient d’éviter toute pratique discriminatoire… Et, c’est sur ce dernier point que l’étude révèle que les jeunes, souvent sous-diplômés et au chômage, rejettent la laïcité  et " L'islam est un moyen pour eux de s'affirmer en marge de la société "… Et c’est là-dessus que le pouvoir politique doit agir…

Les musulmans entre sécularisation et rigorisme
Le Monde 20/9/2016
C’est une radiographie des musulmans de France comme il n'y en avait encore jamais eu et qui permet de faire apparaître des réalités derrière les controverses et les conjectures qui ont envahi le débat public. C'est aussi une étude dont les conclusions et les interprétations formulées par ses auteurs prêteront immanquablement à débat. Les données de la riche enquête conduite par l'IFOP à la demande de l'Institut Montaigne frappent d'abord par l'ampleur de l'adhésion (28  %) en France à un islam d'affirmation, critique de la laïcité, d'abord soucieux de la loi religieuse. Il est qualifié de " fondamentaliste " et de " sécessionniste " dans le rapport. Et si la majorité des musulmans ne s'y reconnaissent pas, pas moins de la moitié des 15-25 ans, eux, se rangent dans cette catégorie. Il s'agit donc d'une tendance générationnelle lourde, qui touche les jeunes de manière puissante, dans un paysage religieux par ailleurs très différencié.
Pour explorer ce paysage, les enquêteurs ont posé plusieurs dizaines de questions à 1 029  personnes de 15 ans et plus se disant de confession musulmane (874) ou, sans se dire musulmanes, ayant au moins un parent musulman (155). Cet échantillon est extrait d'un plus vaste de 15 459 personnes. Cette enquête apporte des informations que l'interdiction légale de collecter des données personnelles religieuses rend très difficiles d'accès en France.
Elle permet ainsi d'évaluer la part des personnes de plus de 15 ans se disant musulmanes à 5,6  % de la population globale et à 1  % celles ne se déclarant pas musulmanes tout en ayant au moins un parent musulman, et qui traduisent un processus de " sortie de la religion ". On ne peut pour autant extrapoler précisément le nombre de musulmans vivant en France, souligne Antoine Jardin, ingénieur de recherche au CNRS, qui s'est chargé de l'exploitation des données, car " on ne peut imputer une religion d'appartenance aux moins de 15 ans ". Les musulmans n'ayant pas de parents musulmans, c'est-à-dire les convertis, comptent pour 7,5  % de l'échantillon. Globalement, cette population est plus jeune que la moyenne (avec une moyenne d'âge de 35,8 ans contre 53 ans pour les chrétiens et 43,5  ans pour les sans religion), au point que la part des musulmans monte à 10  % chez les 15-25 ans. Elle est française de naissance à 50  %, par acquisition de la nationalité à 24  %.
Elle est surreprésentée chez les ouvriers et les inactifs non retraités (parmi lesquels les lycéens, étudiants, jeunes à la recherche d'un premier emploi) et sous-représentée dans les classes supérieures du salariat. En dépit de cette origine sociale défavorisée, elle approche la moyenne nationale en termes de niveau de diplôme, même si une fraction importante (40  %) demeure sans diplôme ou avec un niveau inférieur au bac.
Les musulmans ont en commun une pratique religieuse plus soutenue que le reste de la population. Même si 30  % ne vont jamais dans une mosquée et si 30  % n'y vont qu'à l'occasion des principales fêtes, 31  % s'y rendent au moins une fois par semaine. La pratique de la prière est encore plus fréquente car elle est observée par des fidèles n'ayant pas une fréquentation assidue de la mosquée. Ainsi, la moitié de ceux qui ne vont dans un lieu de culte que pendant le ramadan observent les cinq prières quotidiennes, ainsi que 45  % de ceux s'y rendant moins souvent.
" Majorité silencieuse "
Deux éléments apparaissent comme de véritables marqueurs de l'identité musulmane, pratiquante ou non, tant ils sont partagés. Il s'agit d'abord de la viande halal, consommée exclusivement par 70  % d'entre eux et occasionnellement par 22  %. L'attachement à cette pratique conduit huit musulmans sur dix à estimer que les enfants devraient pouvoir manger halal à l'école.
L'autre marqueur est le voile. Quelque 65  % des musulmans de confession ou d'ascendance se disent favorables au voile et 24  % sont favorables au port du voile intégral, les femmes étant un peu plus favorables que les hommes dans l'un et l'autre cas. Cette approbation n'entraîne pas nécessairement une pratique : les deux tiers des femmes disent ne pas porter le voile, tandis que 35  % le portent, soit toujours (23  %), soit en dehors de leur lieu de travail ou d'étude (7  %), soit rarement (5  %).
L'opinion sur le port du niqab est un marqueur générationnel. Les plus de 40 ans y sont très nettement opposés (8 sur 10), tandis que cette pratique obtient un avis favorable de 40  % des moins de 25 ans. C'est aussi le cas d'autres sujets. Si une majorité des enquêtés répond oui à la question : " En France, la laïcité permet-elle de pratiquer librement sa religion ? ", plus d'un cinquième répond non, proportion qui monte à près de 40  % chez les moins de 30 ans. En revanche, la polygamie, dont l'interdiction est considérée comme normale par 75  %, ne trouve pas un écho différencié selon l'âge. Mais les jeunes sont plus nombreux que la moyenne (deux personnes sur trois ne considèrent pas que l'on devrait pouvoir exprimer sa foi au travail) à être favorables à la manifestation du religieux au travail. Enfin, si un tiers des enquêtés refuse de faire la bise à une personne de sexe opposé ou de se rendre dans une piscine mixte, 92,5  % acceptent de se faire soigner par un médecin de sexe opposé (85  % des femmes) et 88  % serrent la main d'une personne de sexe opposé.
A travers le traitement statistique des réponses, les enquêteurs ont identifié six catégories partageant un même système de valeurs construisant leur rapport au religieux. Ces groupes s'étagent des personnes les plus éloignées de la religion, favorables à la laïcité, ne formulant aucune revendication d'expression religieuse dans la vie quotidienne, à ceux ayant une vision plus engagée, présentant " des traits autoritaires ", c'est-à-dire " favorables à des normes sociales non discutables ", selon la définition d'Antoine Jardin, souvent favorables au port du niqab, à la polygamie, critiquant la laïcité.
In fine, soutiennent les auteurs, ces catégories pourraient être résumées en trois groupes. Le premier, représentant 46  % des musulmans de foi ou d'ascendance, regroupe les personnes n'ayant pas ou peu de revendications d'expression religieuse dans le quotidien et plaçant la loi de la République avant la loi religieuse tout en conservant une pratique religieuse supérieure à la moyenne nationale. Le rapport les qualifie de " soit totalement sécularisées, soit en train d'achever leur intégration dans le système de valeurs de la France contemporaine ". Ils sont qualifiés de " majorité silencieuse ".
Le second groupe, représentant un quart de l'effectif, se trouve dans une situation intermédiaire, avec une forte pratique, souvent favorable à l'expression de la religion au travail mais ayant intégré la laïcité. Le troisième groupe, ces 28  % cités auparavant qui ne considèrent pas que " la foi appartienne à la sphère privée ", est majoritairement favorable à l'expression de la religion au travail et conteste la laïcité. Le rapport de l'Institut Montaigne qualifie ce système de valeur de " clairement opposé aux valeurs de la République ", de " sécessionnistes "" L'islam est un moyen pour eux de s'affirmer en marge de la société ", affirme la note.
A travers cette classification, on voit se dessiner une double polarité au sein de la population musulmane, dont l'étude souligne qu'elle est étrangère à tout communautarisme. L'une, la plus nombreuse, " s'inscrit dans un système de valeur et dans une pratique religieuse qui s'insèrent sans heurts dans le corpus républicain ", deux tiers de l'échantillon jugeant que la laïcité permet de vivre librement sa religion. L'autre, très présente chez les jeunes générations, fait de la religion un élément structurant de son identité, valorisant les pratiques qu'il lui associe, parfois en opposition avec la loi (niqab).
C'est, au-delà des signes nombreux d'insertion de l'islam dans la société dont témoignent ces données, la signification et la portée sociale de cet islam identitaire des jeunes générations, cette sorte de " nouvelle fierté islamique " dont parle l'Institut Montaigne, qui est aujourd'hui au cœur des interrogations.

Cécile Chambraud

mardi 20 septembre 2016

Cela aurait pu être vrai...

- Russie : Les résultats des élections législatives publiés par erreur 24h avant le vote.

La grosse boulette des médias russes n’est pas passée inaperçue. Tout serait venu d’un bug informatique qui a rendu public le résultat des élections législatives samedi en fin d’après midi, soit 24h avant le vote qui s’est tenu dimanche. La première fuite aurait été repérée sur le site du Moskovski Komsomolets vers 19:00. Vingt minutes plus tard, l’intégralité des résultats était disponible, avant qu’un nouveau bug informatique ne fasse planter les serveurs du site. En plus des résultats précis du scrutin du lendemain, d’autres informations auraient filtré, notamment les résultats des deux prochaines élections présidentielles russes. Plusieurs chroniques nécrologiques des opposants politiques ont également fuité dans la soirée. Le Gorafi 19/9/2016

AA : il semblerait que la Sibérie soit restée un lieu de stage pour les "ennemis de l'intérieur" et les "agents des Etats-Unis" comme le sont ces journalistes. 

- On comprend enfin pourquoi le nouveau présentateur du Petit Journal a si bien reçu Florian Philippot. C’est parce qu’il avait l’habitude de le « recevoir » puisque les 2 hommes sont en couple depuis le début de l’année. C’est dans un soucis de transparence que Cyrille Eldin a annoncé à la presse sa relation avec le numéro 2 du Front National.
Le couple pourrait officialiser leur union en se mariant à la fin de l’année. Nordpresse.be 20/9/2016
AA : Voilà pourquoi Yann Barthès, l'ancien animateur du Petit Journal, a été refusé par le FN à Fréjus, ce week-end, alors que Cyrille Eldin, son successeur, avait ses entrées...

- Le tribunal correctionnel, a rendu son verdict dans le cadre de l’affaire Bygmalion ce matin. Nicolas Sarkozy est donc reconnu coupable d’abus de confiance, de détournement de fonds, de piquage de pognon à des petites vieilles qui perdent la boule et d’être un populiste de la pire espèce. Sa peine : 5 ans d’inéligibilité. .
François Fillon a été le premier à réagir : « Qui imagine, l’espace d’un instant, le Général De Gaulle condamné à 5 ans d’inéligibilité ? Le candidat Sarkozy fait honte à son parti et à son pays !». Nadine Morano, dont on attendait le soutien pour son ancien Mentor, est encore plus sévère : « Bon débarras, ce type n’a décidément pas la carrure pour nous protéger des Musulmans ! Je demande l’annulation des primaires !»  Sarkozy dénonce quant à lui un acharnement politique : « Il est clair qu’on cherche à m’empêcher de dénoncer l’arnaque du réchauffement climatique. Et notamment le fait que si les températures ont plus augmenté en 100 ans qu’au cours des 25 000 dernières années, ce n’est pas la faute de l’être humain. Ou encore que le burkini est la seule vraie préoccupation en ce 21e siècle !»
Enfin, celle qui pourrait à nouveau tirer les marrons du feu est Marine Le Pen : « Une preuve encore que le système est corrompu. Nicolas Sarkozy n’a aucune légitimité. Si je suis élue, je veillerai à ce qu’il soit déchu du titre de Président de la République et de sa nationalité ! » Nordpresse.be 20/9/2016
AA : F. Hollande n'a rien dit, mais sa mine goguenarde, en disait long sur sa satisfaction...