vendredi 25 juillet 2014

Transparence

 

La Haute Autorité pour la transparence de la vie politique rend accessible les déclarations faites par les parlementaires sur leurs revenus, patrimoines... pour qu'apparaissent d'éventuels conflits d'intérêts. Figurent également les noms des collaborateurs... L'article, ci-dessous, donne les grandes lignes de ce que l'on peut trouver dans ces déclarations. Cela n'est pas très facile d'exploitation, car il y a quelquefois mauvaise grâce à remplir le formulaire. Espérons que le système s'améliore avec le temps... Néanmoins la Haute Autorité pourra poser des questions et le travail de communication des données pourra aider les citoyens à comprendre les dérives de certains de leurs élus.

J'essayerai de piocher, à partir de demain, dans les déclarations de nos élus du NPDC, ce qui me semble étonnant, anormal ou... faux ! En attendant, vous pouvez aller jeter un coup d’œil sur http://www.hatvp.fr/recherche_geographique/nord-pas-de-calais.html et faire part de vos remarques. Il faut savoir que les informations sont à la date de janvier 2014 et que certaines ne sont plus d'actualité aujourd'hui.

 

 

Ce que dévoilent les déclarations d'intérêts des parlementaires

Le Monde.fr | Par

Suite à l’affaire Cahuzac, le gouvernement avait instauré une Haute Autorité pour la transparence de la vie politique (HATVP), présidée par Jean-Louis Nadal, ancien procureur général près la Cour de cassation. Celle-ci a pour charge, entre autres, de récolter les déclarations d’intérêts des ministres et des parlementaires. Elle vient de livrer ces dernières, sous un format hélas quasiment inexploitable de manière statistique.


Néanmoins, et en attendant de pouvoir faire mieux, on peut déjà noter quelques cas particuliers et chiffres qui attirent l’oeil.

1. Quelques chiffres généraux

10% Si ces déclarations d'intérêts risquent fort de ne pas améliorer l'image des parlementaires dans l'opinion, on peut commencer par noter des points positifs. Ainsi, seuls 10 % des députés déclarent avoir une activité annexe rémunératrice, le reste se consacrant donc à leur – ou leurs – mandats.
De même, à peine une poignée déclarent des revenus annexes supérieurs à 100 000 euros par an (un député gagne environ 7 000 euros par mois, soit 84 000 euros par an au titre de son mandat).

2. Les opulents députés avocats

Parmi les parlementaires, une profession procure des revenus annexes particulièrement confortables : celle d’avocat. Au point que la question de l'interdiction du cumul de cette profession avec une activité d'élu revient régulièrement.
Une quarantaine de parlementaires sont avocats. Christophe Caresche (député PS de Paris), Hervé Gaymard (député UMP de Savoie), Dominique Raimbourg (député PS de Loire-Atlantique) se sont « omis du barreau » le temps de leur mandature.
D'autres, comme Philippe Houillon (député UMP du Val-d'Oise), avocat depuis 1973, exerce son activité à temps partiel. (Il a touché entre 3 500 et 4 500 euros par mois ces trois dernières années). Et puis il y a ceux qui touchent de petites fortunes.
 180 734 euros C’est le cas de Jean-François Copé. L’ancien président de l’UMP déclare, pour 2013, plus de 180 000 euros de revenus au titre de son activité annexe d’avocat. Une somme presque faible, au regard de ses revenus des années précédentes : 313 000 euros en 2012, et jusqu’à plus de 350 000 en 2011 et 2010, soit le triple de son indemnité parlementaire.
Même chose pour Frédéric Lefebvre (UMP, Français de l'étranger), qui déclare 207 000 euros en 2013 comme avocat, pour le député UMP de Paris Pierre Lellouche (293 630 euros en 2013) ou pour le député UMP de l'Yonne Guillaume Larrivé (80 000 euros en 2012, 108 000 en 2011), par exemple. Le sénateur centriste François Zoccheto a pour sa part gagné 188 583 euros en 2012 au sein de son propre cabinet d’avocat – son salaire annuel moyen depuis 2008 s’élève à plus de 158 000 euros. A gauche, on peut citer le cas du socialiste Yann Galut, député du Cher, qui déclare pour 2013 66 220 euros en tant qu’avocat.
La question, évidemment, est celle des éventuels conflits d’intérêts soulevés par cette double activité, particulièrement dans le cas des avocats d’affaires, comme M. Copé. Les déclarations sont en général muettes sur ce point.

3. Les parlementaires qui s’enrichissent dans la communication

100 000 euros  Autre activité annexe lucrative, celle de conseil en communication. C’est le cas du sénateur UMP de Paris Pierre Charon, dont la déclaration précise qu’il a gagné 186 000 euros en 2013 avec ses activités de conseil. On y apprend également qu’au temps où il conseillait Nicolas Sarkozy, en 2009 et 2010, il percevait de confortables émoluments de l’Elysée : jusqu’à 100 000 euros par an.
Même chose pour l’UMP Luc Chatel, qui déclare, pour 2013, 183 135 euros au titre de ses activités annexes de « conseil en communication et accompagnement stratégique ».
Autre cas, celui de Jean-Frédéric Poisson, du Parti chrétien-démocrate, dont l’entreprise de « conseil aux entreprises » dont il a masqué le nom complet lui a rapporté, en 2013, 52 000 euros.
Là encore, les déclarations ne précisent pas quels types de clients sont conseillés par les parlementaires, et donc s’il y a conflit d’intérêts.

4. Abondance de conjoints et de descendants d’élus chez les assistants

Le phénomène était connu, il éclate ici au grand jour : nombreux sont les députés et sénateurs qui emploient parmi leurs assistants leur conjoint ou leurs enfants. Ce qui n’a rien d’illégal en soi, mais peut poser question, surtout concernant le niveau de rémunération et la réalité de l’activité exercée.
On peut ici citer des dizaines de cas. Par exemple celui de Jean-François Copé et de son épouse, Nadia. Ou encore du socialiste François Lamy, dont la moitié est directrice de cabinet du président du conseil général de l’Essonne, Jérôme Guedj, son suppléant à l'Assemblée. Ou encore l’UDI Rudy Salles, qui emploie son épouse. Cas emblématique, Jacques Bompard, député apparenté FN, qui emploie un Guillaume et un Yann Bompard dans son équipe.
Quant à Patrick Mennucci, élu député des Bouches-du-Rhône en juin 2012, il indique par ailleurs qu'il a été, au cours des cinq dernières années, l'assistant parlementaire du sénateur Roland Povinelli pendant 14 mois... tout en étant maire du 1er secteur de Marseille, fonction qu'il a exercée de 2008 à 2014.

5. Des collaborateurs cumulards

Autre point intriguant, le cas des collaborateurs parlementaires qui sont eux-mêmes élus locaux. La pratique se retrouve surtout à gauche. Ainsi, Jean-Vincent Placé, sénateur EELV d’Ile-de-France, emploie comme assistante Laure Lechatellier, qui est élue au conseil régional d’Ile-de-France.
Daniel Vaillant, sénateur PS de Paris et ex-maire du 18e arrondissement, travaille avec Myriam el-Khomri, adjointe à la mairie de Paris et élue du 18e. Marie-Noëlle Lienemann, députée de Paris, déclare comme collaborateur « chargé de recherches pour la sénatrice » Emmanuel Maurel, par ailleurs vice-président de la région Ile-de-France. Même chose pour Jean-Christophe Cambadélis, député de Paris lui aussi, qui emploie Karine Gautreau, adjointe à la mairie du 19e, comme collaboratrice.
Les élus n’ont pas à fournir les rémunérations des collaborateurs, on ne connaît donc pas ce détail. Une explication à ce cumul de fonctions : permettre à ces élus locaux d’avoir ainsi un accès à l’Assemblée.

6. De très nombreux cancres et un peu de psychologie

Si certaines fiches sont détaillées, beaucoup ne le sont pas. Nombre de députés ont visiblement fait le service minimum, inscrivant « néant » partout, ou « oubliant » certaines fonctions. Certains ont fait part en public de leur hostilité, comme Henri Guaino, qui juge « dégradant de se déshabiller en place publique », ou Jacques Myard, qui parle « d'inquisition ». De même, si certains remplissent consciencieusement leurs parts de SCI, par exemple, d’autres parviennent à rendre des fiches quasiment illisibles à force de ratures et rectifications.
Fiche du député PS Eric Jalton
Fiche du député PS Eric Jalton | HATVP
Edouard Philippe, député UMP de Rouen, ainsi fait part sur sa fiche de sa perplexité quant à l’exercice…
| HATVP
L’écriture manuscrite, pour malcommode qu’elle soit lorsqu’on veut exploiter les données, fournit tout de même un aspect humain à certaines déclarations. L’une d’entre elles est ainsi assez frappante : celle de Jean-Marc Ayrault. Le désormais député de Loire-Atlantique a ainsi commencé sa fiche en précisant, d’une écriture serrée, où l’ordre est sans doute assez symbolique :
« Profession : professeur retraité de l’Education nationale - ancien Premier Ministre ».

jeudi 24 juillet 2014

Les élus du FN s'en donnent à cœur joie...

Le Canard enchaîné du 23 juillet 2014.

Marine et Jean-Marie sont dans un avion

Surprise des passagers du vol Air France 7311 Strasbourg-Paris du 17 juillet qui faisaient la queue devant la porte d'embarquement : ils voient Marine Le Pen, son collègue et néanmoins compagnon Louis Aliot, et son garde du corps, ainsi que 2 policiers en civil, leur passer devant et monter les premiers dans l'avion, bientôt suivis par Le Pen Jean-Marie lui-même et son épouse, Jany.
Parmi ces passagers se trouvaient pourtant une dizaine de députés européens, dont l'UMP Arnaud Danjean, qui interpelle l'hôtesse :
"Pourquoi doublent-ils tout le monde ?"
"Madame Le Pen et ceux qui l'accompagnent étant en business class, ils ont le droit de passer devant tout le monde", répond l'hôtesse.
" Il n'y a pas de business class dans cet avion".
L'hôtesse doit alors adapter son argumentaire : "Mme Le Pen a une carte d'abonnement Air France qui lui donne ce privilège".
"Elle a un abonnement Air France comme tous les députés européens".
"Oui, mais comme c'est une VIP, elle a le droit".
Les passagers ne sont pas au bout de leur étonnement : à l'atterrissage à Orly, un minibus de l'aéroport attendait la famille Le Pen au pied de l'avion, histoire de leur éviter d'avoir à se mêler aux autres passagers.
A part quoi ces Le Pen ne se privent pas de dénoncer les privilèges de l'establishment UMPS...


Le nouveau chouchou
Le nouveau maire de Fréjus, David Rachline, 26 ans, est l'étoile montante du FN. Marine Le Pen ne jure que par lui, le cite et l'épaule en permanence. Depuis que les liens se sont distendus avec Robert Ménard, le maire de Béziers, c'est en effet Rachline qui se trouve à la tête de la plus importante ville frontiste (53 000 habitants). Il faut préciser que Rachline a rendu d'éminents services à la patronne du FN en éliminant du Front national Jeunesse, qu'il a dirigé de 2009 à 2011, les éléments les plus rétifs au "marinisme".
Renvoi d'ascenceur : sur suggestion de Jeanmarine, la ville de Fréjus vient d'accueillir un séminaire des cadres du parti, avant de recevoir, fin août, l'université d'été du FNJ épuré. 
Afin d'assurer la présence de nombreux jeunes, le parti n'a pas lésiné sur les moyens. "Selon un barême établi par nos soins, les jeunes ayant fait le déplacement recevront une compensation financière sur place", peut-on lire sur le site Internet du parti.
" Quand on aime, on ne compte pas" a ricané Bruno Gollnisch auprès de ses proches, ajoutant : "Déjà que Rachline a un ego gonflé à bloc, ça ne va pas le calmer".
Gros jaloux, va.



mercredi 23 juillet 2014

Merci, M. Barnavi

Le texte, ci-dessous, d'Elie Barnavi (historien et essayiste, Professeur émérite d'histoire moderne à l'Université de Tel-Aviv, et ancien ambassadeur d'Israël en France) me parait, à la fois, réaliste et serein. Il porte un regard dépassionné sur le sujet de l'antisémitisme, aujourd'hui, en France. On lit, en ce moment, tellement d'absurdités qu'il fallait que les choses soient remises à leur place et je pense que E. Barnavi a parfaitement réussi son devoir de transmission des connaissances. 


L’Europe et les Juifs : vers le divorce ?

Vendredi 16 juillet, le quotidien Haaretz (édition anglaise) a publié un article au titre scandaleux : « La France va-t-elle expulser ses Juifs ? » L’auteur, Seth Lipsky, est le rédacteur en chef du journal en ligne conservateur The New York Sun. Le contenu du papier est à l’avenant. Il mélange tout, la politique supposément pro-palestinienne des gouvernements français depuis de Gaulle, l’enterrement de Yasser Arafat avec les honneurs à Paris et les campagnes contre l’abattage rituel et la circoncision, dont le moins qu’on puisse dire est qu’elles sont plus discrètes en France qu’ailleurs en Europe. En conclusion, s’« il serait inexact de dire que la France expulse ses Juifs, la distinction s’estompe. » Qu’on se le dise, « l’Espagne ne s’est jamais remise de l’expulsion de ses Juifs. » Bref, les Juifs de France vivent en 1491, l’an prochain sera celui du décret d’expulsion.

Cette idiotie paniquarde ignore les faits. En France comme ailleurs en Europe, du moins en Europe occidentale, l’antisémitisme est un délit puni par la loi. La classe politique unanime le rejette, tout comme la presse, les acteurs sociaux et l’essentiel de l’opinion publique. Il fut un temps où l’antisémitisme était une force politique et culturelle significative. Il ne l’est plus.
Est-ce à dire que tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles ? Certes non. La « nouvelle judéophobie » (Pierre-André Taguieff) a un nom : l’islam identitaire. C’est lui qui, dans une France et une Europe mollassonnes et chétives, profite au premier chef de la fameuse « libération de la parole » dont un Dieudonné est la nauséabonde illustration. C’est lui qui a armé le bras de Mohammed Merah à Toulouse, de Mehdi Nemmouche à Bruxelles. C’est lui qui jette sur le pavé des manifestants haineux qui brandissent des pancartes invitant à la « mort aux Juifs » et n’hésitent pas à s’en prendre violemment aux synagogues. Le dernier incident en date, rue des Roquettes à Paris a failli tourner au drame.
Cet islam-là se nourrit de causes lointaines – la Syrie, l’Irak, et, toujours, la Palestine. Comme toutes les idéologies mortifères, il a ses alliés – en l’occurrence, l’extrême gauche et les restes d’une extrême droite dont les figures de proue tentent malaisément de se distinguer pour accéder à la respectabilité politique (une preuve de plus que l’antisémitisme n’est pas respectable) – et ses idiots utiles : sociologues et autres plumitifs prompts à dénoncer une « islamophobie » fantasmagorique qu’ils assimilent abusivement à l’antisémitisme.
Cependant, l’islam identitaire ne concerne pas que les Juifs. Sous sa forme terroriste organisée, il constitue un défi mondial. Il a frappé à New York, à Madrid, à Londres, à Paris, et est en train de refaçonner les frontières issues de la décolonisation au Proche et au Moyen-Orient. Sous sa forme terroriste « spontanée », il produit des loups solitaires à l’instar de Merah et Nemmouche, petites frappes radicalisées en prison, et, comme ce dernier, passées par l’un des fronts de l’islamisme radical, dernièrement la Syrie.
Si la France est aux premières loges, ce n’est pas en raison de quelque laxisme ou complaisance particulièrement français. C’est tout bonnement parce que la France abrite la plus importante communauté juive d’Europe, en même temps que la plus importante communauté musulmane d’Europe, par ailleurs majoritairement arabe, et que ces deux communautés cohabitent souvent dans les mêmes banlieues et quartiers difficiles. Le paradoxe douloureux est que la France a inventé avec la République laïque et assimilationniste l’outil d’intégration le plus efficace du monde occidental, et que cet outil est désormais en panne. La place me manque ici pour en détailler les raisons. Mais ne nous y trompons pas, c’est l’ensemble de l’Europe qui a mal à ses Juifs, pour ne plus savoir comment intégrer ses immigrés.
Traiter le mal à la racine, au-delà des mesures de police, nécessaires mais manifestement insuffisantes, requiert un effort collectif énorme, dont les sociétés européennes semblent désormais incapables. Il faudrait pour cela démanteler les ghettos d’immigrés, favoriser par une politique volontariste de la ville la mixité sociale, repenser l’école de fond en comble, interdire les prisons aux imams intégristes et/ou analphabètes et assurer la formation d’un encadrement musulman compatible avec les principes de la démocratie. Toutes choses qui présupposent un investissement matériel colossal, mais surtout, sans doute, une révolution culturelle. Tant que l’Europe ne réapprendra pas à défendre ses valeurs, tant qu’elle s’abstiendra d’en faire la pierre de touche de tous ceux qui frappent à sa porte, tant qu’elle ne saura pas qui elle est et, partant, à quoi sont censés s’intégrer ses nouveaux citoyens, elle sera cet ectoplasme sans âme, incapable de protéger ses Juifs parce que incapable de se protéger elle-même.
Alors, la France va-t-elle expulser ses Juifs ? Allons donc. En revanche, les Juifs vont s’en expulser eux-mêmes, du moins les plus fragiles, les plus exposés. Au grand détriment de la France elle-même. Car une chose est certaine, le sort des Juifs a toujours été le test infaillible de la santé morale d’une nation.
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mardi 22 juillet 2014

C'est d'actualité...


-  Que pèse encore le Nord-Pas-de-Calais ? Alors ce canal Seine-Nord, on le fait ou pas ? On pouvait légitimement penser que le seul membre du gouvernement du NPDC (et encore n'est-il plus que secrétaire d'état, ce qui montre combien le PS tient en haute considération Aubry et Percheron) pourrait faire avancer les choses. Certes, il semblerait que le coût du projet ait été revu à la baisse (4,5 milliards contre 7 sous Sarko), que l'engagement de l'Europe passe de 6 à 40%, n'empêche qu'on ne voit rien de concret, sauf que le projet est prévu pour 2022 (au lieu de 2017). D'ici là, gageons que beaucoup d'eau passera sous le pont... Et dire que les premières études datent de 1993 !

-  Que pèse encore le Nord-Pas-de-Calais ( bis) ?  Il semblerait donc que l'on se dirige vers une France avec 13 régions, puisque le groupe socialiste de l'Assemblée nationale a entériné la fusion du NPDC avec la Picardie (et qu'il obtiendra l'appui de parlementaires de droite). Ire de Percheron et Aubry (décidément Hollande fait peu de cas de ces deux-là !), opposés à ce rapprochement. Et pourtant, non seulement ces 2 régions sont limitrophes (qui s'aperçoit être passé du Pas-de-Calais à la Somme ou du Nord à l'Aisne, en allant de Berck à Fort-Mahon, de Bapaume à Péronne ou de Fourmies à Hirson ?) mais elles ont encore, en partie, le Picard comme patrimoine culturel commun... L'argument économique avancé par Aubry pour combattre ce projet (associer 2 régions pauvres) est, au contraire, un formidable atout de négociation : il faudra faire jouer la péréquation financière avec d'autres régions riches. Mais l'argument réel pour refuser cette fusion est politique et a été "avoué" par Daniel Percheron : il faut éviter la prise de pouvoir de la présidence de la Région en 2015 par le FN. Nous avions éventé ce dernier argument le 16 juillet dernier (http://alpernalain.blogspot.fr/2014/07/cest-dactualite.html) : d'une part,  il faut se mettre au travail, de suite, pour éviter cette infamie, et, d'autre part, pense-t-on sérieusement que M. Le Pen va se défaire d'une de ses prestigieuse fonctions au Parlement européen ou à la tête du FN...

- Justice est rendue. Le tribunal administratif de Lille a annulé, hier, l'arrêté anti-mendicité pris par le maire FN d'Hénin-Beaumont. Nous écrivions ici même, le 5 juin dernier : " on a pris un arrêté anti-mendicité qui ne visait que les Roms. Il y a, en moyenne, chaque jour, 6 ou 7 personnes qui mendient, en centre-ville d'Hénin. Parmi elles, 2 bons Français qui accostent les gens depuis plusieurs années et qui aiment les jeux de tirage, auxquels ils consacrent une partie du produit de leur quête; les autres, depuis quelques semaines, sont des enfants chapeautés par une femme et qui appartiennent à la communauté rom qui campe autour d'Hénin"... (voir la suite sur http://alpernalain.blogspot.fr/2014/06/et-maintenant-3.html. Aujourd'hui, rien de changé : il y a toujours des mendiants à HB et aucun trouble à l'ordre public n'est avéré... Le tribunal a estimé que cet arrêté était discriminatoire et l'on ne peut que s'en réjouir. Malheureusement, il nous faut encore déplorer le manque de respect des valeurs républicaines (dont il se réclame !) du maire d'Hénin-Beaumont qui fustige la "justice façon Taubira". Cette attaque contre une décision de justice est une nouvelle preuve de ce que l'on peut attendre d'un pouvoir frontiste opposé à l'indépendance de la justice... Brr...cela fait froid dans le dos !

- Le calice jusqu'à la lie  Le PS d'HB est mis sous tutelle : le nouveau secrétaire de section est carvinois et c'est un proche du député, P. Kemel, maire de Carvin. Quand on pense que le PS à Hénin-Beaumont, c'est une trentaine de militants pour une ville du Bassin Minier de 26 000 habitants, on mesure "l'oeuvre" du PS 62  à HB : avoir fait disparaître son rôle de ville-centre de l'Agglo, et avoir donné la ville au FN ! Qui dit mieux ? Le "grand quotidien régional" ne s'y est pas trompé, en modifiant, discrètement, le nom de sa page locale pour passer de "Hénin" à "Hénin-Carvin"... 


lundi 21 juillet 2014

J'ai mal à ma France

Cette guerre nous rend tous dingues, c'est ce que j'ai pu lire sur Facbook (merci, Louisa !). A lire les reportages sur les manifestations interdites dans la région parisienne, les commentaires sur les réseaux sociaux, les images de Gaza, les slogans entendus à Barbès ou Sarcelles... Tout le monde est dingue... Comment démêler le vrai du faux, digérer les excès en tout genre, supporter les simplifications les plus ignobles... J'avoue mon désarroi et, moi aussi, je deviens dingue, effrayé par toute cette haine...

Alors oui, osons le dire : ce qui se passe à Gaza et en France n'a aucune raison d'être lié...
Il y a une guerre là-bas dans laquelle les Israéliens et les Palestiniens, le Hamas en particulier, sont tous les deux responsables. Israël parce qu'elle n'a jamais su négocier avec les Palestiniens. Admettons encore que cela fut difficile quand l'unique objet des organisations palestiniennes et des états arabes était d'éradiquer Israël. Mais depuis quelques années déjà, l'Egypte et la Jordanie ont reconnu l'état hébreu, le Fatah l'a fait également. Pourquoi n'avoir pas pu trouver une solution ? Je sais bien que le Fatah est affaibli par le Hamas qui continue à vouloir détruire son voisin israélien. Cela fait des mois qu'il bombarde Israël avec ses dizaines de roquettes quotidiennes, devenues des centaines depuis le début juillet. Le Hamas est donc aussi responsable que son adversaire de la situation. Pourquoi cacher ses armes dans des écoles, faisant ainsi des Gazaouis des boucliers humains. Le Hamas est une organisation classée terroriste, rappelons-le... Mais rien ne justifie que les habitants, dont des enfants, meurent tous les jours. Mais, je le répète, Israël et le Hamas sont responsables de n'avoir pu trouver un accord précédemment. Je sais bien qu'Israël se défend en disant qu'elle ne peut se permettre d'avoir des dizaines de victimes avant de réagir... Bref, je renvois les deux parties dos à dos.

Mais je n'admets pas que l'on puisse importer ce conflit en France. Remarquons tout d'abord que cette "importation" est proprement française. Quelques manifestations ici ou là (à Londres notamment) ont eu lieu dans le calme. Qu'il y ait des appels pour soutenir les habitants de Gaza, pourquoi pas ? Mais on peut se demander pourquoi il n'y a pas de manifestation pour des drames encore plus graves, en nombre de victimes, en Syrie, Irak (création d'un état autoproclamé du "Djihadistan" !), au Nigéria, en Centrafrique, tous ces pays où les musulmans vivent des moments dramatiques... Mystère que cette exclusivité sur Gaza... 
Et cette focalisation (je le répète, je conçois aisément le soutien à Gaza : sans les débordements prévisibles et réels, je m'y serai probablement rendu) sur l'unique point palestinien pose beaucoup de questions. Non seulement, on y a entendu des propos expressément antisémites, mais les slogans "antisionistes" fleurissaient. Or ces derniers sont, en vérité, et je le crie depuis des années, des propos antisémites déguisés. Le sionisme est une doctrine qui n'existe plus depuis la création de l'état d'Israël, puisque cette création était son objectif. Et Valls a raison quand il déclare que les expressions antisionistes qui pullulent sur Internet sont des déclarations antisémites. Je sais bien qu'une partie de ceux qui les profèrent (les jeunes notamment) ignorent l'Histoire et ne comprennent pas combien ils se font manipuler. N'empêche que tout cela est très grave. Que les gens se déclarent anti-israéliens, c'est concevable, suivant l'opinion que l'on a dans ce conflit proche-oriental. D'ailleurs, je me suis exprimé, à maintes reprises, sur cette politique israélienne que je ne soutiens pas. Mais pourquoi utiliser ce terme 'antisionisme" alors que l'on connait ses connotations antisémites ? Les événements de samedi et dimanche (notamment à Sarcelles) ont été sans équivoque sur ce point, puisque des attaques de commerces tenus par des juifs et des tentatives d'aborder des synagogues ont donné lieu à de véritables guérillas urbaines. On a d'ailleurs confirmation que l'interdiction de ces manifestations était une erreur. N'empêche que ne pas avoir su faire respecter cette interdiction pose question. Il est fort probable qu'une minorité de manifestants sont venus "pour casser du juif", mais il n'en reste pas moins vrai que la passion, l'atmosphère, la haine des autres ont dû être exacerbées... Cela ne sert pas la cause de ceux qui voulaient apporter pacifiquement leur soutien aux Gazaouis. Qui est derrière tout cela pour envenimer la situation  ? Qui manœuvre pour que la France soit montrée du doigt, comme unique pays où l'antisémitisme sévit de façon aussi visible ? Les multiples arrestations pourront apporter des réponses à ces questions. On peut également se demander ce que venait faire là le NPA, seul parti politique présent. 

dimanche 20 juillet 2014

Tout va mal en France...


Vu sur Facebook et  publié (rédigé ?) par un "ami". J'y ai ajouté quelques lignes de ma composition, en fin de texte...


Les problèmes des boulangers sont croissants ... Alors que les bouchers veulent défendre leur beefsteak, les éleveurs de volailles se font plumer, les éleveurs de chiens sont aux abois,les pêcheurs haussent le ton ! Et bien sûr, les éleveurs de porcs sont " dans la merde ", tandis que les céréaliers sont "sur la paille". 

Par ailleurs, alors que les brasseurs sont sous pression, les viticulteurs trinquent. 
Heureusement, les électriciens résistent. 
Mais pour les couvreurs, c'est la tuile et certains plombiers prennent carrément la fuite. 
Dans l'industrie automobile, les salariés débrayent, dans l'espoir que 
la direction fasse marche arrière.
Chez EDF, les syndicats sont sous tension, mais la direction ne semble pas au courant. 
Les cheminots voudraient garder leur train de vie, mais la crise est arrivée sans crier gare, alors .... 
Les veilleurs de nuit, eux, vivent au jour le jour. 
Pendant que les pédicures travaillent d'arrache-pied, les croupiers jouent le tout pour le tout, les dessinateurs font grise mine, les militaires partent en retraite, les imprimeurs dépriment et les météorologistes sont en dépression. 
Les prostituées, elles, se retrouvent à la rue. 
Amis, c'est vraiment une mauvaise passe...


Les profs sont enfin partis en vacances, sereinement certes, mais en saignant jusqu'au bout. Les inspecteurs des impôts, eux aussi, s'évadent pour des paradis estivaux. Tout cela pour les menus plaisirs des restaurateurs. Les hôteliers, quant à eux, ont été douchés et chambrés par les discussions sur la hausse de la taxe de séjour. Bien sûr, les journalistes se pressent auprès de tous, sous les marronniers bienvenus. De ce juillet 2014, les supporters du RC Lens ne se foutent pas, car ils se mettent martel en tête. Pour résister, ils construisent une ligue un peu désemparés et proclament "assez ri ", maintenant.  

samedi 19 juillet 2014

Non, je ne regrette rien !

Le post suivant date du 19 août 2009. Il a été vu plus de 10 000 fois (grâce à Google, je suppose).
Mon chèque n'a jamais été encaissé, ce qui prouve une certaine reconnaissance de la part de la SNCF, à moins que ce ne soit... du laxisme (je penche pour la première hypothèse) ! 



Comment j'ai fraudé la SNCF ?

Eh oui! Figurez-vous que j'ai fait l'aller-retour Hénin-Lille, ce 18 août, sans payer!

Ce mardi, donc, j'arrive à la gare d'HB à 13H08, une minute avant l'arrivée officielle du train. Billetterie fermée, guichet automatique occupé, mais le train est en avance (je ne m'en plains pas!). Pas le temps de prendre un billet, ce que j'explique au chef de train, qui me dit: "pas de problème, ce sera 4 euros de plus si vous prenez votre billet dans le train"! Pour un aller à 2,90€, c'est un peu fort! Je propose donc à Monsieur le Contrôleur que le train ne redémarre qu'une fois mon billet pris...Cela n'a pas l'air de lui plaire et il me lâche: "Prenez le suivant (vers 17h!)!

Contraint de monter, bien décidé à ne pas m'en laisser compter au moment où il viendra me voir, comme il me l'a annoncé... Dommage, il n'est jamais passé et j'ai donc voyagé gratis à mon corps défendant!

Même jour, à Lille: j'arrive 10 mn avant le train du retour de 17H23 et m'attèle à la machine automatique qui m'affiche 4,40€ au lieu des 2,90€ habituels (carte senior). Nouvelles tentatives auprès des deuxième et troisième machines voisines: même résultat, à chaque fois. Je me précipite donc vers le quai 4 et avise le contrôleur (ce n'est pas le même!)qui me rétorque: "c'est 4 euros de plus dans le train"!. Je lui fais remarquer que le tarif indiqué par les automates est erroné. "Pas possible", mais il se met à calculer sur sa petite machine portable et arrive à mon tarif de 2,90€. "Certes, me dit-il, mais je dois appliquer les 4 euros supplémentaires dans le train! Je ne peux faire autrement, sinon ce sera de ma poche!"
J'ai beau lui signaler qu'il m'est déjà arrivé d'être juste à l'heure, et que ses collègues sont moins sourcilleux et ne me taxent pas quand je n'ai pas le temps de prendre mon billet (combien de fois y a-t-il la queue devant les guichets, automatiques ou non...). Le train démarrant, j'embarque sous un tonitruant "je vous retrouve dans quelques instants...".

Effectivement, quelques minutes plus tard l'homme en uniforme me réclame 6,90€ et refuse mes 2,90€. "Dans ce cas,je suis obligé de vous dresser procès-verbal. Présentez-moi une pièce d'identité". "OK, mais à condition que vous me précisiez votre nom", lui rétorquai-je, décidé à le payer et à faire, ensuite, une réclamation (vous voyez, je suis de bonne composition...). "Il n'en est pas question". Je confirme: "si vous ne me donnez pas votre nom, je ne paye pas", me basant sur des déclarations de je ne sais plus quel gouvernement afin d'améliorer les relations entre les administrations et les usagers, et notamment que ces derniers sachent à qui ils ont affaire...Notre agent saisit son téléphone portable et appelle ce qu'il dit être la police, et demande à cette dernière de m'attendre en gare d'Hénin-Beaumont...

Oserai-je vous dire ce que j'ai fait?

Je suis descendu à la première gare, celle de Libercourt, sous l'oeil interloqué de mes voisins, et surtout celui, éberlué, du contrôleur, qui s'égosilla en me voyant sur le quai, alors que le train redémarrait!

Une âme compatissante vint me chercher à Libercourt...

Voilà comment j'ai fraudé la SNCF de 5,80€ que je suis prêt à rembourser (sans les 8 euros de taxes...).

J'ai honte, certes, tout Président du comité de ligne Lille-Lens que je suis, d'avoir ainsi alourdi le déficit de la SNCF!

J'envoie donc, de suite, un chèque de 5,80 euros au Directeur régional de la vénérable SNCF. Je vous ferai part de sa réponse...